II
ment qu'il y a dans la nature, le temps est venu d'appliquer d'une façon nouvelle le concept de la personnalité à la conception du monde et que cette application peut se faire actuellement avec une plus grande critique et une conscience plus claire que dans les fantaisies mythologiques et les spéculations théologiques. Il s'appuie ici principalement sur le concept de la volonté. D'accord avec Hume sur ce point que la valeur objective du rapport de causalité ne saurait être démontrée, de sorte qu'il nous faut nous contenter d'indiquer sur !c plus grand nombre de points possibles dans la nature une série invariable, il se sépare de lui par cette affirmation que le concept causal est inséparablement lié à la nature de notre conscience comme une des catégories avec lesquelles cette conscience doit travailler conformément à son essence. Il se sépare encore plus de Hume par sa théorie qui donne en définitive notre vouloir pour fondement dans notre conscience au concept de causalité. Nulle relation entre cause et effet n'est pour nouspénétrable, si nous ne pouvons pas l'interpréter comme quelque chose' d'analogue à notre activité volontaire. Le concept de la volonté nous rend compréhensible le concept de la force, mais ne peut pas se ramener lui-même, pour être défini, à quelque chose de plus primitif encore. C'est à ce concept que doit s'arrêter la pensée — en vertu de la loi de relativité.
Partant de là, il semble aisé à Rcnouvier de concevoir comment prend naissance la vie psychique et comment le monde se développe. Les germes de la vie psychique — d'après la Monadalogie — doiventavoir été présents dès le début, de sorte qu'il n'ait pas fallu autre chose que des conditions favorables à leur développement. Pour expliquer l'origine du mal, il croit à une désharmonie survenue de très bonne heure, à une espèce de péché originel dans le monde des monades, auquel la divinité, qui est elle-même limitée et s'est limitée, n'aurait pas pu mettre obstacle. Dans ses représentations théologiques, il insiste surtout sur la nécessité de concevoir la divinité par analogie avec l'homme, par conséquent comme finie et limitée. C'est la seule manière qui permette de s'attacher à une conception morale du monde, tandis que la théorie de l'infinité con^ fond tous les contraires, même les contraires moraux.