LE SOMMEIL DE L' AMOUR
Sous les ramures mystérieuses du bois, nous avons trouvé le fils de Cythérée, qui avait sur ses joues la pourpre de la pomme qu'a frappée
le soleil. Il n'avait ni son carquois ni son arc. Ses armes étaient suspendues paresseuses aux rameaux des arbres ; lui-même était enchaîné par le sommeil sur im lit de roses ; et les abeilles légères, voltigeant autour de ses lèvres entr' ouvertes par un sourire, venaient y verser \es doux rayons -de leur miel.
Il y a d'autres vers de Platon sur l'Amour.
Voyant ce petit dieu battant des ailes, Jupiter brisa sa foudre, mon trant par là que plus puissante que la flamme céleste était la flamme de l'Amour.
Platon resta poëte même après la jeunesse. Tout transporté qu'il fût aux sphères invisibles par la philosophie, son esprit conserva toujours comme un rayon printanier, comme une teinte idéale de cet arc-en-ciel que les trois Grâces prenaient pour ceinture. Ainsi, déjà loin de sa jeunesse, Platon, passant avec ses amis devant une statue du dieu Pan jouant de la flûte, écrivit cçs vers sur le piédestal :