‹ Philosophes et comédiennes (volume 2)Chapitre 19 sur 31 · LA MAITRESSE DE CORNILLE SCHUT · texte numérisé non relu

LA MAITRESSE DE CORNILLE SCHUT

mais retrouverai-jo tes beaux yeux, si doux quand tu me parlais ? — Pauvre Elisabeth, te voilà seule couchée dans la tombe, mais tu n'es pas seule comme moi ! »

Un matin, il eut un mouvement de joie en voyant deu\ pâquerettes écloses dans l'herbe naissante.

Il les cueillit, les baisa et les porta à son cœur.

Il partit pour Anvers avec le pauvre Wael, qui depuis longtemps ne gambadait plus. 11 retouraa à la taverne. Ses amis le voulurent railler sur sa mystérieuse passion ; mais quand on le vit si pâle et si sombre, quand on l'entendit parler de sa solitude avec une voix brisée par les sanglots, on respecta sa douleur; tous ses amis lui tendirent silencieusement la main.

« Ah! mes amis, mes vieux amis! je croyais me retrouver parmi vous, mais je n'y suis plus. Celui que vous avez connu est mort. Oui, mon cœur est enterré làbas dans la fosse d'Elisabeth. Je ne suis que le fantôme de moi-même. »

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