TARDIF, AMI DE GILLOT
Parmi les amateurs de tableaux célèbres en France à la fin du dix-septième siècle, on nommait surtout Tardif, ancien ingénieur, devenu secrétaire du maréchal de Boufflers. Il a été l'ami deLargillière, deWatteauet d'Audran, mais surtout de Gillot. Sa critique frappait juste. Quand un tableau était achevé, s'il n'avait passé sous le regard de Tardif, nul n'osait le juger hautement; son opinion était, pour ainsi dire, le dernier coup de pinceau. ^Yatteau lui-même, qui se moquait beaucoup de la critique, disait en déposant son pinceau devant une Fcle Galante toute fraîche encore : « Voilà qui est une merveille ; si Tardif était là je signerais. )> Tardif avait un des plus beaux cabinets de Paris rue Gît-le-Cœur, n" i. Le maréchal de Boufflers, qui connaissait la passion de son secrétaire, lui donnait tous les ans pour ses étrennes une