II
( 242 ) % distribue y porte une nourriture plus vivifiante La boite cérébrale parait, au premier aperçu infirmer ces résultats. En la voyant si petite et e même temps si largement ouverte à son sommet on pourrait croire qu'elle n’est pas même termi née, et que par conséquent la carotide externe n° eu sur elle aucune prise. Mais loin de là, comm on va le voir ; la boite cérébrale est affaissée, parc que le cerveau en a gagné et en occupe la régio: supérieure ; et elle n’est pas fermée, parce que 1 cerveau qui est passé au delà des os du vertex, es ainsi devenu un obstacle à la réunion de ces pièces C’est une seule, c'est toujours la même cause per turbatrice qui donne lieu à tous ces désordres. Mai d’ailleurs, malgré toutes ces traverses, la carotidi externe remplit sa destination : car, srelle est privé: dedéposer ses élémens osseux ensuperficie,ellen’es as moins occupée de les produire ; et alors c’estsu ‘un même point qu’elle les dépose, dans une régioi trés-circonscrite, en arriere du cerveau. Là, les élé mens osseux sont accumulés en telle quantité(voye: fig. 7, lett. wxy), que l'os en reçoit une épaisseü: considérable; et comme si ce n’était assez que c résultat obtenu, comme s'il fallait qu'il fût satisfai à une plus ample consommation, les molécule osseuses pénètrent dans la substance même de l'os viennent y remplir les vides de la partieréticulaire et, en s'y amassant, donnent à l'os cette densité €
(243) cette solidité que J'avais signalées avec Van-Horne, sous Le nom d’éfat éburné.
Ici le cercle des modifications du système sanguin, en ce qui touche notre podencéphale , est parcouru. Que de conséquences découlées d’une seule cause perturbatrice? Le cerveau est-il primitivement placé sous une cloche (l'x de notre problème dans son état présent), cloche membraneuse qui l'empêche de profiter autant que de coutume? la carotide interne n'y pourra verser, ne pourra offrir à sa consommation tout le sang qu’elle y porte ordinairement. Son calibre en sera diminué: mais, en revanche, celui de la carotide externe augmentera sensiblement. 1l adviendra qu’enfin, avec l'excès des fluides nourriciers charriés par cette artère agrandie, les organes, où se trouvera transportée cette surabondance, seront tuméfiés et portés à des dimensions Ayper-normales. Or ces or: ganes, avons-nous vu plus haut, sont le derme et le système osseux. |
Aurions -nous voulu une plus favorable application de notre principe du balancement des organes? Je ne crois pas possible de mieux trouver. Cet exemple contient une exposition de ce principe tellement démonstrative, qu’elle en fait tomber le caractere fondamental sous les sens. L'emprunt, comme on le voit, fait à un organe, qui en est apauvri, pour en enrichir un autre, ne peut jamais
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avoir lieu aux dépens d’un organe déjà produit. Les compensations s’établissent avant que les élémens formateurs se séparent du fluide général en circulation, quelquefois à l’origine des artères, mais le plus souvent à leurs points de terminaison.
Sur le principe du balancement des organes.
Je crois avoir été compris. Mais cependant quelques lecteurs désireroient-1ls encore une exposition de ces idées plus claire et telle que les comparaisons les apportent à l'esprit, je ne me réfuserai point à donner l'explication suivante.
Soit, par exemple, un appareil à injection contenant un litre de liquide : je suppose cet appardil terminé par une canule à deux bras, chaque embranchement de même diametre, et chacun des bouts engagé dans des récipiens d’un volume égal! et d’un litre aussi en capacité. L'appareil se videt-11? c’est dans les deux récipiens, lesquels en sont à moitié remplis : et attendu que les liquides d’injection sont faits avec des matières qui, en se refroidissant, prennent une consistance solide, ces injections donnent finalement deux gâteaux d’une forme à laquelle les vases ayant servi de moule ont procuré la leur. Ainsi deux organes doivent, à légale répartition de leurs fluides nourriciers et
à l'homogénéité de leur tissu vasculaire, leur par-
(245 ) faite identité, sous le rapport de leurs dimensions, comme sous celui de leurs formes. | Mais s’il arrive qu’à cet état régulier succède un ordre de choses qui contraigne un des bras du siphon de se resserrer de manière à ce que le liquide soit distribué, trois parties dans un des récipiens pour une seulement dans l’autre, nous aurons deux gâteaux de grandeur inégale. Dans ce cas, nous sommes fondés à prononcer que l'excès de volume de l’un suit de la diminution de l’autre, et qu'il s’est établi une compensation entre ces deux produits, parce qu'ils ne sauraient dériver d'une même source sans avoir préalablement opéré une sortede balancemententrele volume deleursmasses. Mais cela ne veut pas dire qu'après leur formation 1] puisse être emprunté à l’un des gâteaux de quoi fournir à l'accroissement de Pautre; c'estavant qu'ils aient absorbé et qu'ils aient vu se convertir en leur nature les matières de l'injection, que ces sortes d'emprunts sont censés faits. Et dans le vrai, il tombe sous les sens que si une très -forte somme des élémens formateurs est employée dès l'origine du système circulatoire à produire un organe excessivement volumineux, il reste seulement à naître un organe atrophié, et tel enfin que le comporte l’action d'un moindre nombre de ces élémens à intervenir.
Ce balancement entre le volume des masses, que
par contraction j'exprime par les mots de balancement des organes, est une loi générale de la nature vivante, une loi que vous saurez toujours reconnaître sans difficulté, soit que vous en Considériez les applications dans les déviations qui vous donnent des monstres, puisqu’un organe n’arrive point à être monstrueusement développé qu'un autre n’en devienne rudimentaire; soit que vous élevant à la contemplation de l’organisation régulière, vous aperceviez, dans le tabléau mouvant de ces proportions, la raison dé ces formes, variées à l'infini, sous lesquelles les espèces nous sont donnéés. Car, vous n’en sauriez douter, si vous voyez chez de certains animaux de longs pieds, un corps plus robuste, une tête armée ou simplement ornée d’une manière extraordinaire, en un mot, un accroissement inusité, quels qu’en soient l’objet et la nature, croyez cês avantages rachetés par un sacrifice imposé ailleurs.
Il y a déjà long-temps que l’anatomie pathologique, Comparant l’homme malade à l’hômme en Santé, avait vu et l’amaigrissement extrême d’un organe et tout à côté la prospérité désordonnée, accablante, et le plus souvent mortelle d’un autre: maïs on n’avait encore saisi que quelqués faits, dont il restait toujours à établir, et dont je crois, dans mes précédens écrits et dans celui-ci, avoir donné la condition générale.
LS
$ IV. Du SYSTÈME CÉRÉBRO-SPINAL.
À juger de ce système sur ce qu’en a montré le podencéphale à sa naissance, ce ne sont que vestiges nformes : la tige médullaire s’épanouit, à son sommet, en un bulbe diversement strié à la manière d’un champignon; mais c'est surtout en voyant que les stries en sont transversales, qu'on hésite à donner à ce bulbe le nom de cerveau ; qu’on hésite en effet à prendre pour cet organe, où chez l’homme régulier se manifestent, dans une étendue et avec un volume aussi extraordinaires , toutes les nobles conditions de son espèce ; à prendre, dis-je, pour l’analogue d’une formation organique ;, le fruit et le terme des plus grands efforts de la nature, ce rudiment si restreint, sallant au delà des occipitaux et y apparaissant en totalité, cette sommité du systèmé cérébro-spinal privée de ses coiffes habituelles, de la réunion des parties osseuses dont se compose la boite cérébrale.
Et cependant telles ne sont point encore toutes les anomalies de ce noyau encéphalique. Regardez plus attentivement, et voyez qu'il s'élève par-delà sa chambre, qu’il en a traversé les dernières limites, et qu'il est assis, pour ainsi dire, sur l'extérieur des pièces formant ordinairement sa coiffe supérieure.
Du crâne ouvert à son sommet.
Ce n’est point cependant que le cräne se soit ouvert exprès à son sommet : le cerveau y fait hernie, 1l s'y est extravasé en traversant l’espace non encore occupé, chez les nouveau-nés, par les pa-. riétaux et les coronaux; espace qu’on y désigne sous le nom de /ontanelle. Ces os, qui, chez le po: dencéphale, sont favorisés dans leur développement par les afflux d’une puissante artère, tendent par conséquent à parcourir tous les degrés de leur ossification possible : mais ne pouvant se répandre autour du champignon que forme alors la tige médullaire, il faut qu’ils s’y établissent circulairement, et qu'ils y reproduisent une sorte de second trou occipital supérieur et parallèle au véritable.
Des dernières découvertes sur le cerveau.
Naguère, et à peine quelques jours ont été employés à ce perfectionnement de nos études ; naguère, nous: n’eussions pu que nous étonner à ce spectacle, que signaler une aussi singulière dérogation aux lois ordinaires, qu’y apercevoir une difformité à confondre toutes nos idées : ou bien, st, à l'exemple des Curtius, des Sandifort et des Otto, nous eussions voulu rendre nos impressions et en
perpétuer le souvenir par des descriptions minutieuses , 1] eût fallu nous borner, comme eux, à compter les mammelons observables, à en donner les formes; en un mot, à en parcourir servilement tous les détails topographiques.
Combien notre position est aujourd’hui changée! Depuis qu'un grand ouvrage sur le cerveau, embrassant et la série des espèces et celle des âges, est venu donner de plus larges bases à la science ; depuis que la nouvelle méthode de détermination a si heureusement appliqué ses moyens tout-puissans de recherches à l’investigation de chaque élément cérébral; depuis qu'enfin nous avons été mis en mesure d’embrasser chacun de ces élémens tout aussi bien dans ses spécialités que dans ses conditions générales, nous pourrons faire mieux que de donner une stérile description des anomalies, ou, comme il est sans doute plus vrai de le dire, une stérile description de l’état incomplet du cerveau chez le podencéphale.
Que de questions se présentent à l'esprit que nous ne craindrons plus d'aborder ! Ce cerveau, d’une si extrême exiguité, en quoi pourra:t-il être comparé à celui de l’état normal? Serait-il composé de toutes ses parties , et chacune, par une réduction proportionnelle, ne <orattutèlle qu'également soumise à la même modification, qu’atteinte par la même imperfection ? ou bien, quelles portions en
auraient été retirées, et quelles alors resteraient observables? Nous avons vu, en traitant de l’anencéphale, que des éaux, tenant lieu chez ce monstre du système cérébro-spinal, s'étaient à toujours conservées par impuissance de développement, nous homettrons pas non plus une considération de cette importance. Tels sont et le champ de recherches qui s’ouvre devant nous et les nouveaux points de vue sous lesquels nous pouvons envisager notre sujet, depuis effectivement qu'il a été répondu aux questions de l’Académie des Sciences sur le cerveau, depuis que le travail de M. Serres, connu seulement encore du public, pour avoir obtenu le plus honorable suffrage, nous donne une détermination exacte et une description comparative de toutes les parties encéphaliques.
Ce qui peut aisément dérouter,au premier aspect . du cerveau du podencéphale, c’est de le voir com- ‘posé de mammelons étagés et assis transversale-
ment les uns sur les autres. Mais nos souvenirs de l’hypérencéphale nous rassurent à cet égard : il ‘parait qu’un des effets des monstruosités est d’imprimer au cerveau une sorte de torsion. Ainsi, sans nous laisser prévenir par ce qui en est apparent à l'extérieur, nous examinerons le cerveau dès son origine, à partir de la moelle allongée.
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i ( 20% ) Du système nerveux.
. Mais d’abord nous ferons précéder ce que nous avons à dire du cerveau par quelques observations sur le système nerveux en général. En ce qui concerne ses rapports avec la moelle épinière, ce système, et celle-ci pareïillement, étaient dans l’état normal. Rien de remarquable, par conséquent, à l'égard des ganglions cervicaux, pectoraux et abdominaux. La moelle épinière s'étendait, comme cela à lieu chez le fœtus à terme, jusqu’au niveau du corps de la deuxième vertèbre lombaire, et les faisceaux nerveux qui la terminent, ou la queue de cheval, n’offroient non plus rien de particulier. Les anomalies du système cérébro - spinal sont donc partielles, cantonnées pour ainsi dire : elles n’af. fectent que la sommité de ce grand appareil, en commençant l'exercice de cette influence à partir de la deuxième vertébre du cou.
Nous avons plus haut remarqué ( dans nos Mémoires sur l’Anencéphale ) que les nerfs, et en particulier ceux des organes des sens, avaient leur volume accru plutôt que diminué, s'il arrivait à la partie médullaire d’être contrariée dans ses évolutions, d’être arrêtée dans ses développemens : le podéncéphale est aussi dans ce cas. Et ce qui rentre dans l’objet de-ces considérations,
(abg) les renflemens pyramidaux et olivaires n'étaient pas apparens, bien que les nerfs qui naissent dans leur voisinage eussent leur disposition normale.
Du guatrième ventricule.
| J’ai donné une attention particulière à la prolongation médullaire de l’encéphale logée en dedans des occipitaux, et je l’ai considérée comme une sorte de pied servant de support au cerveau indépendamment de la moelle allongée, d’ou j'ai tiré
le nom de podencéphale. Cette partie de la tige
médullaire (Voy. fig. 6, lett. 4.) est en effet dans une condition toute particulière soit en elle-même, soit dans ses rapports avec ses enveloppes. osseuses..
En elle-même, elle constitue le quatrième ventricule, qui est large, surtouttransversalement : elle se continue en avant comme à l'ordinaire, dans l'aquéduc de Silvius, remarquable par sa brièveté,
et en arriére elle donne naissance au calamus SCrip”
torius, qui, chez le podencéphale, se prolonge dans Ja moelle épinière, jusqu’au niveau de la deuxième vertébre cervicale. Cet état de choses est la structure normale que M. Serres a observée chez certains reptiles, les batraciens par exemple, et chez la plupart des poissons. De cette manière, le quatrième ventricule entre dans le canal de la moelle
DD) épiniere , lequel était très-ouvert à la partie supérieure de la région cervicale.
Dans ses rapports avec ses enveloppes osseuses, le quatrième ventricule montre la plus grande exigence : tout le fond du canal ou il est établi n’est plus en ligne avec les os qui précèdent : il s’est opéré un mouvement de bascule qui, d’une part, a porté vers le haut les ingrassiaux et généralement tout lesphénoïde y (fig. 7), au point que, dans deux crânes , autres que celui du sujet ici décrit, les éminences de ces os s'élèvent par-delà le coronal, et qui, d'autre part, a rejeté tout-à-fait en bas les occipitaux et les rochers. Ceux-ci en effet, au lieu, ou de se relever, comme à l'ordinaire ; pour marcher supérieurement à leur rencontre, ou de s’écarter et de s'étendre en ligne droite, sont, tout au contraire, infléchis et abaissés; d’où il arrive que le basilaire x (fig. 7) est comme suspendu au-dessous du sphénoïde, que les sur-occipitaux x (occipitaux supérieurs) prennent en arrière une position verticale et parallèle, et que les rochers p et les exoccipitaux # (occipitaux latéraux) occupent, dans une situation renversée, le lieu le plus bas, s’étendant extérieurement sur les os cervicaux jusqu'à déborder l’atlas.
C’est dans l’espace circonscrit par ces os que se trouve séparément renfermé le quatrième ventricule ou le premier renflement de la tige médul-
laire. Or ces os, ramenés à ce degré de petitesse, et aussi à raison de leur nombre, de leur disposition annulaire et de leurs services, rappellent assez bien le groupe, l'arrangement et l'emploi des élémens dont se compose une vertèbre. Ce rapport fut trouvé, dans le même moment, vers 1807, en France, par M. Duméril, et, en Allemagne, par M. Oken; et tout ce qui a depuis été remarqué pouvant s'y appliquer, tend, aussi bien que l'observation précédente, à établir qu'il doit être approuvé.
Du cervelet.
Le cervelet (lettre ?, fig. 6.) se voit au-dessus du quatrième ventricule : de ce qui précède, il suit qu'iRn'occupe plus son bassin ordinaire, le fond des occipitaux : 1l a gagné en hauteur, et il déborde déjà tout le pourtour des os supérieurs.
Il est, moins que le cerveau, éloigné de ses dimen-
sions et conditions normales : son développement |
le ferait juger arrivé au degré qu'il prend entre le
quatrième et le cinquième mois de la vie utérine. | Il ne présente que trois sillons transversaux un peu | distincts. Sa forme est celle d’un disque large et renflé, dont l'épaisseur est de 6 millimètres, et le |
plus grand diamètre de 37. \
Les hémisphères de cet organe n'étaient pas ap: |
parens : on ne voyait pas encore les traces des processus vermiculaires , supérieurs et inférieurs ; ce qui établit qu’en effet le cervelet du podencéphale s'était arrêté au degré de formation de l’âge .d’à peu près cinq mois. Son bord antérieur formait un croissant assez profond, dans lequel était logée la partie postérieure des lobes. |
L’aquéduc de Silvius étant très-court, il n’y avait aucun vestige de la valvule de Vieussens, quoique la quatrième paire des nerfs existât : celle-ci s’implantait sur la partie latérale du processus cerebelli ad testes. |
Des renflemens connus sous le nom de TURERCULES QUADRIJUMEAUX.
Au-devant de la quatrième paire et au-dessus de l’'aquéduc de Silvius, on trouvait de chaque côté un bulbe creux, un peu affaissé et couvert par les côtés du croissant que forme le bord antérieur du cervelet. Avant les travaux de M. Serres, cette partie était indéterminée. Susceptible de métastase comme de métamorphose, rudimentaire chez l'homme et les mammifères, portée à son maximum de composition dans les ovipares, ses conditions générales et ses variations qu’occasionne la succession des développemens étaient ignorées : occupant le centre à pen près de l’encéphale, l’indétermi-
nation de cette partie rendait précaires, erronées, je puis dire, les déterminations de plusieurs autres. L’anatomie humaine en avait recueilli l’observation comme d’un fait isolé : et comme cette observation ne s’appliquait qu’à l’une des formes possibles , on était passé de là à un nom qui donnait l'expression de la forme observée, au nom de tubercules quadrijumeaux.
Il n’y avait dans notre podencéphale, que deux
de ces tubercules, les bulbes que nous venons de décrire. J'en dois la détermination à M. Serres : lui seul encore a ce degré d’habileté nécessaire pour saisir ce Protée, quel qu’en soit le travestissement et en quelque lieu qu'il se retire. Cependant Îa diversité de position de ces tubercules indiquerait-elle une marche assez irrégulière pour faire craindre de devenir une sérieuse objection contre nos théories ? Je me hâte de rassurer à cet égard. Cette marche, comme vagabonde, dépose, au contraire, en faveur des connexions, puisque c'est à l’aide de ce: principe que les tu-
bercules ou jumeaux, où quadrijumeaux, n’ont. pu échapper à l’ardente investigation de mon cé-
lèbre et savant confrère. Les premiers formés, ils s'étendent d’abord à l'aise; mais bientôt engagés , chez l’homme surtout, dans une lutte avec d’autres parties qui surviennent plus tard, ils se laissent dominer et recouvrir par celles-ci, eux cessänt de
(257) roître, et celles-ci, au contraire, devant former es masses les plus considérables du cerveau. Tel st l’un des résultats les plus piquans de la nouvelle héorie, de l'ouvrage couronné.
Cependant, si nous avons trouvé chez le podencéphale les tubercules doubles au lieu de quadruples, et creux au lieu de solides, ils n’y sont autres que ce qu'ils doivent toujours être et ce qu'ils sont dans tous les embryons humains de l’âge de quatre mois : voilà encore ce que l’ouvrage précité nous a donné à savoir. Il nous faut donc constamment nous reporter à la même conclusion : le cerveau du podencéphale est une œuvre arrétée à l’un des points de ses premières formations; par impuissance ou défaut de nutrition, il n’a pu être produit au delà; en un mot, il y a là interruption manifeste de développemens.
Des lobes cérébraux.
Immédiatement au-dessus de ces portions encé-
phaliques en sont d’autres, aussi au nombre de deux (1), sous forme de mammelons, aplaties et
(1) Voyez ces lobes, lett. d etg, pl. VI, fig.1, 2, Set 6. Le cerveau ayant éprouvé un mouvement de torsion de gauche à droite, ses parties se sont enroulées les unes sur les autres. Le lobe d, l'analogue du lobe droit, occupe la sommité, et se tronve
IT. nez
séparées par un sillon. Ces connexions connues, et le rapport que ces masses ont également avec le cervelet, les font aisément reconnaitre pour les lobes cérébraux. Un point cependant pouvait donner lieu à douter : c’est la position toute contraire de ces masses, leur situation eñ travers du crâne. Mais nous n'avons vu là que le même fait déjà observé et expliqué chez l’hypérencéphale, mais porté ici à la vérité à une plus forte exagération. Ces lobes auront cédé à une action provenant de l'extérieur que nous avons déjà fait pressentir, et sur laquelle nous nous réservons toujours de nous expliquer plus tard. Entrainés de gauche à droite, ils auront oscillé sur leurs pédoncnles : ceci frappe d’évidence.
On ne saurait non plus se méprendre sur la cause d’une plus forte torsion de ces lobes, si l’on se rappelle leur manière d’être à l'égard de l’hypérencéphale. Le cerveau du podencéphale, placé beaucoup plus jeune sous l’influence pathologique, d’une part y fournissait de trop petites parties, et de l’autre n'offrait point assez de consistance pour y opposer une résistance efficace.
Au surplus, ce mouvement de torsion avait évi.
| | En |
comme assis sur son congénère 2. Îl en est de même du cervelet: ! « 4 e ° è : |
&', correspondant à sa portion droite, recouvre £” ou la portion
de gauche. + |
( 259 ) demment disjoint les lobes en avant des tubercules: nous les avons trouvés isolés l’un de l'autre. Ce dernier fait forme une circonstance très -importante, comme devant aider à concevoir le mode de déformation que l’encéphale à éprouvée dans cette partie.
En effet, quoique les lobes cérébraux fussent appliqués l’un contre l’autre, il n'existait entre eux aucun des moyens d'union qui ont été remarqués dans l’état nofmal, et qui ont été décrits si soigneusément. Il n’y avait ni corps calleux, ni voûte à trois piliers, ni commissures antérieures et postérieures : et, par l'absence de ces parties, on juge de suite qu'il ne pouvait y avoir ni de troisième ventricule, nimème les grands ventricules latéraux. Ces lobes formaient en effet une masse solide : M. Serres y a reconnu une structure qu'il avait observée sur les lobes cérébraux des oiseaux et des reptiles.
Des nerfs se rendant aux organes des sens.
Il n'existait aucun vestige des nerfs olfactifs, et lon en concevra aisément le motif, si l’on fait attention que ces lobes, ayant quitté leur position longitudinale, avaient de cette manière perdu leurs rapports avec l’ethmoiïide et la chambre nasale,
Celle-ci offre les considérations les plus curieuses;
| 1 1 00 1) elle croit et s'établit solidement pour n'être jamais habitée, pour n'être jamais olfactive. Rien ne prouve mieux l'indépendance et de ce contenant et de son contenu; en sorte que Je ne suis surpris que d’une chose, c’est qu'on ait imaginé le contraire, touten sachant que les élémens de ces deux parties organiques proviennent d’artères différentes. De ce que la carotide interne est mise dans l’impuissance de fournir à la production des tubercules olfactifs, ce n’est pas une raison pour que le travail de l’autre carotide, l’externe, soit suspendu ou empêché. N’avons-nous pas vu, dans le paragraphe précédent, que c’est le fait inverse qui a lieu? Et en effet cette dernière artère pourvoit à la construction de la chambre nasale, quoi qu'arrive; qu'il y ait ou non occupation de cette chambre par la partie nerveuse olfactive : mais celle-ci venant à : manquer, elle y pourvoit comme le comporte cette absence. Ce ne sont plus que des murailles trèsrapprochées, que des lames osseuses, épaisses , droites et verticales : la lame ethmoïdale qui les sépare les retient à distance. N’y ayant plus de membrane pituitaire qui se roule en cornet, les élémens osseux qui y sont disséminés et qui luis. servent de soutien , tapissent les parois inté- : rieures de la chambre nasale, de la même maniere à peu près que des enduits sont employés à revêtir des cloisons d’appartemens.
Les nerfs optiques étaient très-développés, ainsi que les nerfs destinés aux muscles de l'œil, tels que les troisième, quatrième et sixième paires. Les ingrassiaux avaient un relief considérable, le trou optique était large, et la fente sphénoïdale devenait, par son écartement, ce large espace vide du fond de Porbite visible chez les animaux.
Le nerf de la Cinquième paire était beaucoup plus fort que dans l’état normal : le ganglion sphénopalatin avait surtout un volume qui dépassait d’un tiers celui qu'il a sur un fœtus à terme.
Le nerf grand hypoglosse avait aussi acquis un volüme considérable, et il se trouvait ainsi en rapport avec le D prodigieux de la langue. |
Enfin le nerfacoustique et le nerf facial (portion dure de la septième paire } ne s'éloignaient pas de leur état normal. |
Sur la nomenclature.
Tous les détails de ce paragraphe établissent, ce me semble, que les divers cas de monstruosités chez le podencéphale ne sontrien moins que mystères et désordres. Tout se réduit à cette combinaison bien simple d’un fœtus complet à tous autres égards, et défectueux seulement pour avoir, à neuf mois, le cerveau d’un embryon de cinq mois. Au
lieu d'admettre qu'une circonstance dépendant de causes extérieures, qu'une lésion d'un caractère purement traumatique, auront étendu des brides placentaires sur le cerveau, et auront ainsi paralysé le développement de cet organe, on a préféré les suppositions les plus invraisemhlables, On a vu fondre sur le fœtus, jouissant jusque-là d’une santé parfaite, les orages d’une maladie aiguë. Ces phénomènes morbides de l'être organisé, fort de la vie de relation, respirant dans l'air athmosphérique, et sachant se défendre de toutes les influences pärticulières à son monde extérieur, on les a attribués à un être ne participant encore qu'à la vie végétative, nageant dans un fluide et contenu dans une poche sans issue. On a enfin imaginé une hydropisie capable de dissoudre et de faire disparaitre tout ou partie d’un cerveau jusque-là sain et entier. Des mots sont venus protéger cette mamière de voir : car le nom d’hydrencéphalie trouvé, il parut qu'il ne dut plus rien manquer à la théorie.
Cette théorie, protégée si à propos par la nomenclature, s’est plus tard portée à son tour réformatrice de la nomenclature elle-même.Onentendait autrefois, sous le nom d’acéphale, tousles monstres par défaut, c’est-à-dire ceux dont la tête était privée d’une ou de plusieurs parties. L’a privatif, dans acéphale, avait ainsi un sens bien déterminé. En faisant de ceci une question de grammaire, et en
voulant que l’a privatif contienne une négation pour la tête entiere, on à confondu toutes les idées. Les faits récemment découverts établissent effectivement que le nomenclateur a été, dans cette affaire, plus grammaïrien que physiologiste. Il n’admet que deux classes de monstres ; acéphales (sans tête) et anencéphales (sans cerveau). Mais tous ses acéphales ont une tête en miniature, un crâne engagé et caché entre Les épaules ; et tous ses anencéphales ont un cerveau organisé comme ceux des premiers âges de la vie utérine, à l’exception cependant de l’espèce de monstruosité à laquelle j'ai, en particulier, donné ou plutôt conservé le nom d’anencéphale. |
Ayant ainsi ramené la monstruosité du podencéphale à consister uniquement en une réunion hétérogène d'organes d’âges et de développemens différens , où la rangera-t-on dans la classification enseignée dans les écoles? Parmi les anencéphales ? Il le faudra bien, et l’on y est contraint : car c’est bien moins un acéphale, selon la nouvelle acception de ce terme. Et c’est ce que je vis en effet pratiquer, le 28 août dernier, à l’Hôtel-Dieu : médecins, professeurs de clinique, élèves, je les entendis tous se donner, dans les mêmes termes, la nouvelle qu'il venait de naître un fœtus anencéphale.
Eh quoi! il serait un arencéphale, un être sans
( 264 ) cerveau, ce monstre où nous venons d'observer un cerveau simplement retardé dans l’ordre des développemens, un cerveau véritablement normal au fond!
Avant la réforme de la nomenclature, on n’eüt pas été exposé à faire ainsi usage d'expressions démenties par les faits; on eüt annoncé cette naissance sous la désignation d’un fœtus acéphale, sans que ce | püt devenir amphibologique. Personne ne s’y serait mépris, et chacun eùt seulement entendu , sous cette qualification, un fœtus irrégulier par la privation d’une ou de plusieurs parties de sa tête.
La cause de ce désordre est manifeste. On s’est trop pressé : la nomenclature n’a pas suivi Les faits, mais les a précédés. Les mots sont facilement inventés dans le cabinet ; les faits, au contraire, ne s’acquièrent que par un travail opiniâtre et persévérant.
Heureux encore quand cette création intempestive de mots n’est qu'une surcharge pour la. science, comme dans un article récent , intitulé: Anatomie d’un chien cyclope et astome (1). On a voulu dire : Chien à un seul œil et sans bouche. Pour le mot cyclope, il est devenu français ; mais à quoi bon la forme insolite du second qualificatif?
(1) Journal de Physiologie expérimentale, par F, Magendie D. M, tom, 1,p. 314.
Si du moins l'emploi de la nouvelle méthode de détermination avait, dans cet article, compensé cet inconvénient! mais on y a manqué lobservation du fait fondamental, en prenant les deux caisses de l'oreille, soudées ensemble, pour la mächoire inférieure. |
Sandifort le premier se servit du mot anencephalus dans l'esprit que fait connaître l'exemple précédent, pour exprimer adjectivement une circonstance d'organisation : c'est plus tard qu’on a abusé de ce nom, en l’étendant à toute une famille de monstres. Mais, au surplus, on doit en convenir, ces hésitations sont très-excusables. Les monstres ont formé, jusqu’à ce moment, une question qui n'était pas encore arrivée à maturité. Pour la traiter avec toute l'exactitude et toute la profondeur désirables, il fillait que beaucoup d’autres sentiers de la science fussent parcourus, et que surtout et en première ligne, les déterminations de toutes les parties encéphaliques eussent été données.