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Matrice forment un organe distinct de ce qu’on à nommé le corps de l'utérus, ‘ce n'est pas toute la matrice qu’on devra regarder comme répondant aux vésicules séminales, mais uniquement le corps de l'utérus. C’est en y apportant cette restriction que j'admets la détermination généralement adoptée (utérus et vésicules séminales).
Des parties présumées les analogues, chez les mâles, des cornes de la matrice et de l’épididyme chez les femelles.
Si notre principe des connexions n’est plus simplement une de ces idées à priori que l'esprit conçoit sur un certain nombre de données, mais constitue: présentement une loi déduite de tous les cas où ilena été fait une Justeet sévère application, c’est à ce principe à nous éclairer sur-les déterminations qu'il nous reste à donner ou à vérifier. J'admets comme fondée celle du précédentarticle, l'identité des vésicules séminales avec le corps de l'utérus; et je n’ai plus, pour me laisser prévenir par les inspirations si utiles conseillères de nos deux principes, la théorie des analogues et celle des connexions, qu'à poser la question suivante : Combien existe-tilide parties avec un caractère distinct chez le mâle, entre les vésicules séminales et le testicule; combien chez la femelle , entre le
corps de l'utérus et l'ovaire? À cette question il devient facile et on est contraint de répondre: Chez le mâle, le canal déférent et l’épididyme; et chez la femelle, les cornes de la matrice et le tube de Fallope. Ces indications démontrées, l’'épididyme serait le tube de Fallope: ramassé en une seule masse, et le tube de Fallope- l’épididyme ‘déroulé : le canal déférent et le tube nommé corne de matrice né différeraient. que par le plus ou le moins d'épaisseur de leurs tuniques.
Généralités relatives aux deux sexes.
Je n’en puis douter : ces conséquences me pa: raissent à ce moment justifiées. L'appareil sper: matique est uniformément composé dans l’un et l'autre sexes, savoir : de testicules, d’épididymes, de canaux déférens et de vésicules séminales; ou; pour parler le langage de l’autre nomenclature, dovaires, de tubes de Fallope, de cornes et pis d’utérus.
Ces rapports aperçus, que de te ne jettent:
ils pas sur les modifications qui différencient chaque sexe en particulier ? On peut en effet conclure de ce qui précède, et l’on aperçoit sans doute déjà que les variations de l’un à Pégard de l’autre appareil sexuel dépendent de la situation de la seconde
branche spermatique, l'artère efférente. Ses, principaux rameaux se répandent-ils à la zaissance du, canal déférent , il en résulte les conditions d’existence du sexe mâle : est-ce à la fin, du canal déférent ? celles du sexe femelle. Dans le premier cas, l'artère efférente entre dans: un concert d'action avec l'artère testiculaire ; dans le second, avec l'ar:, tère utérine. Aussi ne devra-t-on point s'étonner que les produits différent, dès que différent Les associations et l'emploi des producteurs. :
Une conséquence plus générale est celle-ci :
Connaître que l’ordre de variations des sexes tient à la position d’une artère, c’est posséder la cause qui influe. sur l'apparition d'un sexe préférablement à l’autre. Le plus ou le moins d'écartement des deux branches spermatiques motive effective-, ment cette préférence. Que les deux branches de l'artère spermatique descendent parallèlement et de compagnie, cette circonstance, je le répete, cette circonstance donne le sexe mâle; qu’elles s’écartent à leur ‘point de partage, nous avons le sexe: femelle. Mais ces branches ne descendent de compagnie et parallèlement que par un défaut de ressort, quand c'est au contraire une plus grande énergie qui dans l’autre cas les porte. à s’écarter l’une de l’autre. | ne . Au surplus nous ne sommes encoredà que sur la considération d’un effet : la cause de ces excita-
tions différentes est ailleurs. Elle est toute dans la condition inverse de l’état du système sanguin qui se rend à l'appareil cérébro-spinal. Il y a prédominance de ce système chez les mâles, et, en revanche, moindre action ressentie par les artères spermatiques : le contraire, sous l’un et sous l'autre de ces rapports, devient la condition du sexe fenelle. Telle est l'explication que nous suggère notre loi du balaäncément des organes.
Ces développeméris donnent la clef de bien d'autres phénomènes. La différencé entré les sexes ést d'autant plus forte, que les femelles livrent'une plus grande quantité de produits de génération. Et en effet la surabondäance de la nourriture, pour me servir d’une expréssiôn de Buffon qui recoit ici une juste application} sé départit très-inégalement “entre les sexes,surtout chez lés oiseaux : la richesse et les vives couléurs du plumage chez ces dérniers sont dés signes extérieurs qui témoignent dé toute l'énergie vitale des mâles, comme l’aboñdancé des pontes témoigne dé la puissance génératrice des fernellés, laquelle, pour se manifester, n’a pas même besoin des éxcitations de l’autre sexe. La tristesse du plumage chez les femelles d'oiseaux tient si manifestement à üne prédominance partielle et locale de sang artériel, à celle du sang, dont les afflux énergiques sont réservés aux organes de la génération, que lorsqu'elles cessent de pondre, et
( 361 qu'il n’est plus en elles d’organe sous ce rapport privilégié, elles reprennent les formes et le plumage du mâle; non entièrement 1l est vrai, mais tout autant que cela devient possible, dans un âge qui touche à celui de la décrépitude.
L'appareil générateur se subdivise en deux sousappareils aussi distincts dans leur mode et leur position que dans leur structure et leurs fonctions : telles sont, r° les partiés internes, qui fournissent les élémens reproducteurs ou l'appareil de reproduction, et 2° les parties externes, servant à l'union des sexes, ou l'appareil de copulation. Ces parties s’appartiennent, comme elles se distinguent les unes des autres, au même titre ‘et de la même manière que la main a suppose, à égard du bras proprement dit. Il est aisé de prouver que les deux sous-appareils proviennent d'élémens différens, qu'ils se rencontrent dans des conditions de succession de païties, qu'ils se soudent l’un à Vautre, et qu'ils combinent leurs actions, sans que chaque fonction cesse d'être propre et caractéristique de léur nature originaire.
Nous avôns ramené au même type l'appareil de reproduction, considéré dans l’un ét Pautre sexe. Il nous reste par conséquent à embrasser aussi sous les mêmes rapports l'appareil de copulation : mais ce n'est point l'objet réel de cet écrits
Je ne dois pas oublier que je me propose uni-
quement d'obtenir les rapports qui existent entre les organes sexuels des oiseaux et des mammifères, dans l'espérance d'apprécier subséquemment avec plus de justesse les déformations des organes génito-urinaires du podencéphale. Je suis forcé de m'interdire une discussion qui, pour être lumineuse et complète, exigerait: non-seulement. le concours des wuêmes faits anatomiques considérés dans tout l'ensemble des êtres, mais de plus la comparaison d'organes autres que ceux de la génération. | Fes
Car je suis intimement convaincu que l'appareil. de copulation est une portion de derme parvenue à un maximum de développement; qu'il est composé par la cause et de la manière dont le sont les organes électriques des torpilles, des silures trembleurs et des gymnotes engourdissans, et qu'il yaentre tous ces organes analogie aussi bien de fonctions que de structure. La prostate me parait aussi dans le cas de l’épididyme, sous ce rapport qu’elle peut être également appréciée dans de semblables conditions de généralité, c’est-à-dire qu'il ne convient pas de la chercher chez le sexe femelle sous la forme qu’on lui connaïît dans le sexe mâle. |
Depuis surtout que J'ai publié ma dissertation sur le mode de génération des didelphes, je me suis constamment occupé de recherches concernant le
( 363 ) système sexuel (1). Je n’ai du détacher ici de ce travail étendu que les vues absolument nécessaires à l’éclaircissement de ma thèse. Je rentre dans mon sujet.
De la bourse de copulation.
Nous avons, en traitant. plus haut des trois voies
(1) La note suivante prouve que je m'occupe depuis longtemps de recherches sur la génération : publiée, 1 y a vingt deux ans, au Kaire, publiée, dis-je, dans un recueil principalement:consacré à des travaux d'économie politique, elle n’a encore fixé l’attention d'aucun naturaliste. Cette circonstance
me fera excuser de la reproduire ici.
Norte sur les appendices des raies et des squales, extraite d’un Memoire sur les organes sexuels.
« Après avoir décrit les organes de la génération des raies et des squales, je poursuis ainsi : Les mâles se distinguent en outre des femelles par la présence d’un organe qui manque dans celles-ci; c’est un long appendice placé au côté interne de chaque nageoire ventrale. Linnée, se fondant sur l’usage de ces appendices, avait soupçonné l’analogie de ces organes avec les parties génitales des mâles ; mais, depuis, Bloch publia et fit prévaloir une opinion contraire. J'ai répété les dissections de Bloch, et j'ai reconnu la justesse de ses observations sans m'être rendu aux conséquences qu’il en tire.
« Les appendices des raies sont à peu près conformés comme des oreilles de lièvre, dont les bords seraient réunis vers le
( 364 ) excrémentitielles, réussi à distinguer et à ‘séparer le cloaque commun des oiseaux en sées trois zones
milieu. On y compte onze pièces cartilagineuses ; la dernière est à elle seule presque aussi grande que toutes les autres. Celle-ci, dans son repos et abandonnée à l’effet de son élasticité, est roulée en partie sur elle-même et fermée à son extrémité. L'ouverture voisine de la racine de l’appendice est alors dans sa plus grande largeur ; mais un muscle court et épais qui existe à la naissance de l’appendicé, venant à se contracter, férme l’ouverture intérieuré, et développe en même temps toute la conque, formée par là dérnière pièce cartilagineuse. Les mâles , ayant, lors de l’accouplement, introduit leurs appendices dans le cloaque commun des femelles, doivent à la contraction de ce muscle; d’où résulte le développement de la grande pièce cartilagineuse, la faculté de s’accrocher fortement à leurs femelles, et de prolonger ainsi leur copulation et leur jouissance: Il suinte alors une liqueur assez abondante de glandes logées dans l’intérieur de ces appendices. M. Bloch, après avoir reconnu la nature de cette liqueur et indiqüé quelques-uns de ses usages | conclut que ce n’est point de la liqueur séminale, et subsidiairement que les appéndices des nageoires ventrales n’ont alors aucun rapport avec les organes de la génération. | Fa Pour moi, je crois au contraire à l’analogie de ces appendices avéc quelques parties de la verge des animaux : je vois en eux deux corps caverneux qui, au lieu d’être réunis, sont séparés ét appuÿés distinétément sur les nageoires ventrales. Je remarquerai cépéndänt avee Bloch qu’on né retrouvepas dans les appendices ces cellules qui se Sonflent ; ni rien qui rappelle cés formes particulières ‘qui ont fait imaginer le nom de corps caverneux. Aussi ne he serais-jé pas permis d'affirmer l'identité
( 365 ) tubulaires, savoir : la plus profondément située, se composant du rectum; l'intermédiaire, de la vessie
de ces ‘organes, si d’ailleurs je n’y avais été conduit par une observation sur quelques reptiles, observation que j'ai faite dans mon voyage de la haute Égypte.
« Les reptiles ont en effet leurs corps caverneux séparés. Ces espèces de verges se logent de chaque côté de l’anus. Elles sortent au dehors, sans qu’il soit besoin d’une érection complète, et en obéissant à une pression que les muscles de la queue exercent sur elles en se contractant d’une certaine manière : elles rentrent dans une gaine fournie par une duplicature des tégumens communs, ramenées par un muscle propre, dont l’autre bout a son attache vers le milieu de la queue. L’érection , augmentée après l'intromission de ces verges, développe à leur extrémité une ou plus souvent deux tubérosités, hérissées de papilles cornées. Ces petites papilles aiguës, et principalement les tubérosités, qui s’épanouissent et grandissent dans le cloaque commun, agissent et s’emploient aux mêmes usages que les appendices des raies. Ces organes sont donc déjà analogues quant à leurs fonctions : mais nous pouvons davantage pour cette démonstration, en arrivant à la forme de ces appendices par un saut moins rapide. |
«Les grands lézards de l'Égypte, le tupinambis du Nil, l'ouaran des sables, que le général en chef trouva dans le désert de Quatthyéh et qu’il me fit remettre à son retour de Syrie, et particulièrement les crocodiles, semblables, sous les rapports d'organisation dont je viens de traiter, à tous leurs congénères les batraciens, en diffèrent en ce qu’au lieu de papilles, ce sont chez ces grands reptiles deux longs osselets on appendices
cartilagineux. Ces lames cartilagineuses, placées à l'extrémité
( 366 ) urinaire, et l’externe, d’un vagin que nous nommerons bourse de copulation.
des pénis, si grandes qu’elles en égalent la longueur, et si sin- :
gulières dans leur forme et dans leurs usages, nous conduisent ainsi, par une nuance presque insensible, de la verge des animaux à sang Chaud à la forme bizarre des appendices des squales et des raies. Car, parmi les mammifères, les didelphes ont déjà leurs corps caverneux à demi séparés : nous les voyons s’isoler entièrement dans les reptiles, et nous présenter enfin dans les crocodiles, vers l'extrémité de chaque verge, une organisation semblable réellement à celle des appendices des poissons’ cartilagineux. L'identité de ces appendices avec les corps caverneux est donc un fait démontré : mais il faudra cependant convenir que ce sont des corps caverneux d’une forme porticulière , et
qu'ils sont mis en jeu par une mécanique assez différente de
celle qui caractérise ces organes dans les hauts animaux vertébrés. » Voyez DÉCADE ÉGYPTIENNE, t. 3, D. 230, de l’imprimerite nationale , au Kaire, l’an 8 de la république (1800).
Les appendices décrits dans cette note ressemblent, avons-
nous dit, à des oreilles de hèvre. N’est-il là qu’une similitude
apparente et fortuite ? Je ne le crois pas. En voyant les choses
de plus haut, en considérant que ces organes sont également formés de lames cartilagineuses, que ces pièces constituent avec leurs tégumens un tissu du même ordre, qu’elles sont distribuées et entrent dans le même arrangement, et qu’elles sont liées et mises en mouvement par un ensemble correspondant de fibres musculaires; en négligeant enfin pour ces conditions
essentielles de structure ce qu’il y aurait toutefois à inférer de
la diversité de leur situation, je trouve qu'il n’est rien icr , q A
d’accidentel, mais que, tout au contraire, ces rapports tiennent
( 367 ) Celle-ci, beaucoup plus compliquée que les autres, est dans un état de très-grand développe-
à ce que des matériaux de même origine sont soumis à un même ordre de transformation.
Une portion du derme ayant acquis un développement extraordinaire, est ce dont les deux organes comparés se composent. Ce qui favorise ce développement ultra-normal est une circonstance des différentes constitutions introduites par la succession des âges. Une cavité, très-grande pendant la vie utérine , où était renfermé un organe d’une activité qui cesse tout à coup, devient plus tard d’une petitesse extrême. Elle ne peut alors contenir le derme qui la tapissait : si celui-ci est rejeté en dehors, il y croît alors sans contrainte. Ainsi peu importe le point affecté : toute partie des tégumens est susceptible des mêmes influences et de la même anomalie; ce qui explique comment une semblable organisation caractérise les abords des autres organes des sens, et d’où vient que les cartilages du nez, ceux même des paupières, présentent également de nouvelles conditions de structure. Et en effet il est tout simple que là où la même cause agit, où le système tégumentaire se développe sans contrainte, nous ayons une répétition des mêmes formes. C’est donc parce que de telles circonstances et facilités ont eu lieu dans le voisinage des organes sexuels chez les mâles des poissons cartilagineux, comme à l'entrée de l'organe auditif chez les mammifères, principalement chez les lièvres, que le derme s’est de même étalé et développé au point d’y produire plusieurs parties se correspondant exactement par leur nombre, leur situation respective et leur structure, nonobstant la différence des animaux comme espèces, ct des points affectés comme
localités.
ment. Son pertuis à l'extérieur, pl. VIT, fig. x et 2, lett. abc, forme une sorte de vulve (1), où l’on distingue de grandes et de petites lèvres. Un organe de volupté est embrassé par ces dernières : c’est un clitoris à double tubérosité dans la poule (p, p, fig. 2), un pénis un peu plus prononcé dans les mâles (p, p, fig. 1), et bordé d’appendices cartilagineux ou cornés, À, h. On croit généralement que la plupart des oiseaux s'en tiennent, comme moyen d’excitation, à ces saillies cornées ou à des papilles. C’est qu’on n'a fait aucune attention au corps qui les supporte, pour ne l’avoir observé sans doute que sur le cadavre, chez lequel en effet l’organe excitateur tombe affaissé, et est à peine visible. Je l'ai fait représenter d’après le vivant, où le;sang qui y abonde le grossit et le rend apparent sous un volume considérable; volume d’ailleurs qui n’est que dans une proportion convenable relativement à l'étendue de la bourse de copulation.
Enfin, à l'égard des oiseaux chez lesquels la verge saille en dehors et reste pendante après le coit, on ne peut qu'être surpris de la dimension réellement disproportionnée où parvient l'appareil d’excitation. M. Cuvier, tome V de ses ZLecons
(1) Fulvamque ostendit, avait déjà dit Fabrice d'Aquapendente en parlant de cet orifice au sujet d’une poule, Voyez De
Jormatione ovi pennaturum , etc.
d'Anaiomie comparée, décrit celui de l’autruche et du canard ; et M. Tannenberg donne les dimensions de l’appareil de ce dernier, qu'il a déroulé entierement, et dont la longueur qu’il a représentée est de douze centimètres. Nos figures 7, 8 et 9 montrent cette verge du canard dans ses divers états de rétraction : la septième, en tire-bouchon et pendante, après le coït; la huitième, retirée et enroulée en dedans de la bourse, et la neuvième, donnant les rapports du sillon séminifère z avec les papilles z, z, qui y versent la semence. Je ne puis présenter ici que ces indications générales : ces diverses parties sont plus ou moins modifiées dans chaque famille.
La bourse de copulation est semblable dans les deux sexes : chez les mâles, mais seulement chez quelques oiseaux, une portion contient de plus les replis de leur pénis. On ne saurait méconnaitre les rapports évidens de cette bourse avec les parties correspondantes des mammifères. Car, quant aux femelles, la similitude s'étend même jusqu'aux formes : c’est le même vagin, plus court cependant, plus: évasé et sphérique chez les oiseaux, plus long, plus étroit et cylindrique chez les mammiféres; et quant aux mâles, ces parties ne différent que par leur position, extérieure chez les mammifères et intérieure chez les oiseaux.
(:370 ) Détermination du Bursa Fabricu.
Le fond de la bourse de copulation se continue dans une autre, le bursa Fabrici : celle-ci est un sac à une seule entrée. Sa tunique musculeuse est plus épaisse que celle de la bourse extérieure; je l'ai fait représenter, vue par le côté dorsal, lett. O, dans la poule, fig. 5; dans le canard musqué, fig. 7. et dans le paon, fig. 16. Il faut qu’elle varie beaucoup, et ne soit pas d’une bien grande utilité : l'ayant trouvée creuse et assez renflée dans le ca: nard musqué, je lai vue peu après dans un canard commun, longue, non canaliculée et étroite. J'ai ouvert la bourse du n° 16 : elle est tapissée de plis longitudinaux, comme le montre l'intérieur de la matrice chez la plupart des mammifères. Son en- trée, plus ou moins resserrée selon les espèces, est le plus souvent cachée par le col de la vessie urit naire : toutefois elle est plus éloignée de celle-ci et elle est située plus extérieurement dans la poule; fig. 3 et 4, lett. O. |
La position de ce bursa, supérieure eu égard à celle de la vessie urinaire, rappelle cette même position de la matrice ou du canal éjaculateur chez les mammifères. Fabrice d’Aquapendente n'avait observé ce bursa que chez une femelle, d’où il lui avait attribué la fonction de recevoir la semence
‘da mâle, Mais Schneider, dans sa Collection de
Mémoires citée plus haut, se déclare contre cet usage, et Juge même cette bourse étrangère au SyStème sexuel, parce qu'il l’a, dit-il, également observée chez les mâles, notamment chez le co/ymbus cristatus et chez Le dindon, et qu’il a de plus constaté sur les coqs qu’elle diminue et disparait avec l’âge. La conclusion de Schneider est loin d’être rigoureuse, s’il est avéré que les organes d’un sexe existent pareillement dans l’autre avec des formes plus ou moins diversifiées, et surtout elle ne saurait prévaloir contre l'observation très-circbnstanciée de Fabrice, qui a décrit fort minutieusement les mouvemens de la poule ouvrant sa vulve pour porter au dehots l'orifice de son bursa, et ceux du coq pour introduire dans celui-cison pénis etsa semence. Ces bursa contiennent la liqueur séminale propre à chaque sexe, et ils se mettent en rapport pendant le coït. N'en est-ce point assez pour que, réservoirs de la
semence, nous les disions les analogues des vési-
cules séminales, ou bien pour qu’adaptés au Jet de la semence, nous Les considérions comme en étant les canaux éjaculateurs? C’est la fonction, mais c'est en même temps la place des vésicules sémi-
nales. Notre loi des connexions nous porte à adopter
cette détermination à l'égard du sexe mâle.
Voyez que c’est à portée et de chaque côté du bursa ou de l'unique vésicule séminale des oiseaux
que versent les canaux déférens. Ceux-ci, lettI,1,
fig. 8 et 9, se terminent par un mamelon, remarqué déjà par MM. Dumas et Prevost. J’attache à cette
considération une grande importance, et c’est pour
cela que j'ai mis du soin à l'exprimer dans ma plan-
che. Nous reverrons ce mamelon ailleurs, et il fixera nos incertitudes dans d’autres essais-de détermina-!
tion. Son utilité est d'agir comme une soupape; ainsi il laisse s'échapper, mais non rentrer la se-
mence. La pression qu'au fur et à mesure de sa sé-:
crétion la tunique musculeuse de la bourse de:
copulation exerce sufla semence, la vulve restant: fermée, ne saurait avoir d'autre objet que d'intro-
duire cette sécrétion dans la vésicule séminale. Cet écoulement a lieu surtout pendant la saison des. amours, et amène promptement alors la plénitude
de la vésicule. T'irritation qu’en ressentent les:
oiseaux est: ce qui les «excite au coïit.
Pour qu'il ne manquût rien à l'exposition de ces traits d’analogie, j'ai fait représenter, fig. 7, tout let
testicule À et son épididyme E embrassés dans les mêmes enveloppes, puisle canal déférent IT déplissé dans toute son étendue. Le canal déférent n’occupe, quand il est en place, qu'une moitié de sa longueur: totale, d’où vient sa disposition en zig-zag; ce qui est exprimé de lautre côté, lett. ël.
Revoyons les parties analogues dans l'autre sexe. Quelques différences dans la forme des organes:
m’empéchent pas qu'ils ne se correspondent.en tous points. Indépendamment de l’orifice O, en est un autre (z, fig. 3 et 4.) placé à la gauche du méat urinaire, c'ést l'entrée de Poviductus. Unique et non symétrique , celle-ci n’est la répétition que de l'entrée de la papille gauche des canaux déférens, parce qu'il n'existe en effet qu'un seul oviductus ou qu'un, seul canal déférent chez les oiseaux femelles. Notre loi du balancement des organes en donne la raison: : l’oviductus de gauche est d’une grandeur excessive; celui de droite devait donc être nécessairement atrophié. Chez le mâle, Les deux côtés sont pareïllement nourris; chez la femelle, lun recoit de la nourriture au delà de cepoint, etlautre en- deçà en reçoit fort peu. Cependant: Jatrophie n'est pas tellement absolue: à droite, qu'il ne s’y manifeste un vestige d'oviduetus: Voyez cet organe rudimentaire sur la poule, fig. 5, lett. 4; voyez-le aussi représenté, fig. 6, d’après une poule prise au plus fort de sa ponte: tout remarquable qu'est cet oviductus droit par sa longueur, il est pourtant réduit à moitié dans cet.exemple®
D'un grand. et d’un petit oviductus chez les Oiseaux.
Le professeur Emmert a fait la. Aécouvosé des deux oviductus par suite de celle des denx « OVal+ E à} si
res (1). Un esprit inventeur ne s’en tient pas à un demi-succès. L'une était la conséquence de l’autre ; effectivement le fait des deux ovaires portait au pressentiment des deux oviductus. Emmert vit doncsur un harle femelle, au côté externe de l’urétère droit, une petite verrue ou un mamelon. Celui-ci correspondait par sa situation à la bouche de loviductus situé en dehors de l’urétère gauche, et formait la tête d’une tige qui s’étendait dans la cavité abdominale, et qui avait l'apparence d’un canal étroit et affaissé. « Si c’est là, comme je le pense, dit Emmert, «un second oviductus, j’avouerai cependant qu’il «n’en conserve point les fonctions. Mais en serait-il « de ce second oviductus comme des mamelles chez « l'homme ? Serait-ce un organe qui existe là sans « emploi, et qui est conservé en ce lieu pour témoi- « gner de son utilité ailleurs. » J'ai revü ce second oviductus dans plusieurs oiseaux, et j'ai remarqué, comme l’établissent déjà mes deux exemples cités plus haut, qu'il varie de forme ét de TAN jusque dan la Er espèce. des.
L'oviductus de ‘gauche, acquérant par le sacrifice plus ou moins complet de son congénère une dimension hypernormale, devient des lors, éomme
Fa Beobachtimgen über etnige anatomische eigenhetten der
Fôgel; Mémoire inséré dans les Archiv fur die sir t. 10, P: 817." ; 4 TRS E. "ren
co
4 Et de
mm
tous les organes affectés d'hypertrophie ou parvenus au dernier terme de leur extension possible. un sujet fécond et riche en observations, L’oviductus a; sous ce rapport, fixé l'attention du célèbre professeur d'Héidelberg, Fr. Tiedemann, lejuel s’est cru fondé (1) à le partager en trompe dé Fallope, matrice et vagin. M:
Il faut convenir qu’une pareille détermination: se.présente naturellement à l'esprit à la première vue d’un oviductus qu'on a soufflé pour en mieux apercevoir les parties et le système sanguin. Jai examiné sous Ce rapport l’oviductus d’une poule tuée au moment ou elle s’occupait de sa ponte, et j'ai de plus fait prendre de tout l’appareilun dessin que j'emploierai ailleurs. J'ai constaté que ce tube, long de soixante-deux centimètres, était susceptible d’une subdivision en quatre parties, savoir : d’une première, de dix centimètres, analogue à l’embouchure ou à la portion frangée; d'une seconde, de trente, qui est proprement le tube de Fallope, tapissée en dedans par une membrane séreuse trèsépaisse ; d’une troisième, de neuf centimètres, ou l'œuf achève de grossir, et où il se revêt de sa coquille (2); et d’une quatrième, formant une
(1) Anatomie und naturgeschichte der Vôügel, p.714. (2) L’œuf, se revêtissant de sa coquille, présente un phéno-
mène qui n’a point encore, ce me. semble, été embrassé dans ce
( 376 ) portion intestinale sans vaisseaux visibles à l'œil nu, ayant dix centimètres. C'est de ce dessin que
‘qu'il offre d’important. L’ovule (ou jaune d’œuf), entré dans l'oviductus, s’y conduit comine la pelotte alimentaire dans l’intestin ; 1l y agit d’abord en raison de sa masse et par un pouvoir simplement mécanique (voyez page 317), c’est-à-dire qu'il y détermine une congestion sanguine, un afflux plus considérable du fluide de l'artère spermatique. Ainsi s’expliquent et linacti= vité de Foviductus dans un cas, et son activité dans un autre; si grande au eontraire, que c’est avec une extrême rapidité (dans une seule journée) que l’œuf est pourvu de:son blanc: ou fluide albumineux. La sécrétion, qui .s’opère alors, n’est. pas” toute de fluide albumineux ; elle se compose aussi de carbonate de chaux. Si en effet le sang se partage en ces deux élémens, l'une des sécrétions est la conséquence de l’autre, et laugmen= tation de chacune étant l’une à l'égard de Pautre proportionnelle, on ne devra plus être surpris qu’il se trouve à point nommé tout autant de carbonate de-chaux qu’ilen faut pour former une coquille d'œuf. Dans le cas contraire, celui où un ovule n'a point pénétré dans Poviductus y l'inactivité de cet organe n’est point absolue : il s’y fait encore une sécrétion des deux fluides ; mais cette sécrétion y est très-faible, de la même manière que; dans l’absence de la pelotte alimentaire, les artères mésentériques ne sécrètent que peu de mucus dans l'intestin. Les deux produits de l’oviductus s’écoulent dans la poche de copulation, d’où ils se rendent, savoir : le carbonate de chaux, dans la vessie urinaire, et le fluide albumineux, dans l'utérus ou bursaæ Fabricit.
Le carbonate de chaux se mêle à lurine, comme on sait; et l'observation journalière ayant effectivement appris que c’est
cette substance qui blanchit les déjections des oiseaux, on vint
(8377) j'ai détaché l’oviductus droit représenté fig. 6. Il est sans pavillon et restreint aux trois parties indi-
à croire que le carbonate de chaux était produit par l’action des reins. Aussi M. Vauquelin, qui partagea cette opinion, entreprit-il des recherches sur la coquille d'œuf (4nnales du Muséum d'Histoire naturelle, t. 18, p. 164), dans l’espoir, qui fut décu, que cette enveloppe calcaire lui fournirait une quantité plus ou moins grande d'acide urique. Cette prévision justifiée, on eût ‘sans doute trouvé les coquilles d’œuf formées d’urate de chaux.
Quoi qu'ilen soit, l'événement, qui procure aux œufs une dernière enveloppe solide, les rend dès-lors incommodes aux oiseaux. Ceux-ci en ont le sentiment comme d’un bloc, d’une masse inerte dont la pesanteur les géne, et dont ils s'empressent de se débarrasser. S’il arrive un dérangement dans la production du carbonate de chaux, et qu’il ne se forme pas de coquille, ou les pondeuses donnent des œufs hardés, ou l’'ovule, irritant sans cesse l’oviductus, continue à être un centre de fluxion et à se -couvrir.de fluide albumineux ; mais il croît tellement, qu’à la fin et le canal intestinal et les vaisseaux circulatoires en sont froissés ,.-refoulés et décidément comprimés. Le jeu de ces organes.est interrompu; le sujet meurt. Ce cas pathologique s’est offert à moi dans les premiers jours de 1822. Une poule, morte de cette facon, avait dans son oviductus un œuf dont le grand diamètre.était de dix millimètres, et le petit de six.
Ænfin l'événement qui procure aux œufs une dernière enveloppe terreuse et solide, se reproduit pour tous les.oiseaux avec un caractère de si grande fixité, qu'il ne saurait dépendre que de causes élevées et primordiales. Ne serait ce pas que les molécules du sang, parvenues au dernier terme de l’animalisation, ne deviendraient susceptibles de transformation en fluide albu-
mineux que sous la condition d’une dépuration de substances
( 378,) quées par M. Tiedemann, et nommées par lui le. tube, la matrice et le vagin.
Deux grands caractères distinguent la-troisième. subdivision, et l’établissent sur le pied d’une partie: prépondérante et fondamentale, savoir : sa grandeur, d'un diamètre (trois centimetres ) double de. . celui de la seconde, et la distribution de l’artére. spermatique e//érente ; celle-ci, répandue d’abord: dans la toile péritonéale qui sert à maintenir les. contours tortueux de l'appareil, dirige sur cette: troisième partie des rameaux plus nombreux et à plus grand calibre, et vient s’épanouir à sa surface.
Fabrice et son illustre disciple Harvey, apparte-
salines ? La formation des coquilles d'œuf tiendrait alors au phénomène qui crée le système osseux ; et de conséquence en conséquence, l'importance de ce dernier système, importañce que l'étude des rapports m'avait fait apprécier dans ün.si grand nombre de cas, serait enfin apercue dans son essence. En effet, les os, dont il y a toujours plus où moins pour céindre les masses cérébro-spinales, les os, comme étant produits au même moment que celles-ci et produits par une semblable caüse , conservant plus long-temps leurs traits de primitive formation! et révélant de’cetté manière les conditions les plus intimes de l’organisation, serviraient comme de truchemens à un système placé plus haut que le leur, parce que ce système possède au plus haut degré l’essence de l’animalité, au système cérébro-spinal enfin, que la confusion apparente de ses parties rend, ou du moins x
jusqu’à présent rendu inaccessible à l'observation oculaire. :
nant à une époque où dominaient sans alteration les principes d’Aristote sur l’analogie d'organisation dans les animaux, avaient déjà partagé l’oviductus des oiseaux en parties, qu’ils avaient rapportées à de prétendues analogues chez les mammifères. Fr. Tiedemann, modifiant les idées de ces deux grands maitres, crut plus rigoureuse sa détermination, que nous avons citée plus haut : notre troisième subdivision fut prise par lui pour la matrice, et la quatrième pour le vagin.
Il y à quelques années, que ne m'étant pas encore fait traduire les écrits de ce célèbre anatomiste, javais imaginé le même système. La subdivision de l'oviductus en pavillon, tube de Fallope, matrice et vagin, m'avait paru fondée sur les analogies les plus heureuses, parce qu’alors, partageant le sentiment général sur le cloaque commun des - oiseaux, je considérais cette poche comme une dilatation de la dernière zone du rectum. Je n'avais porté mon attention qué sur l’oviductus, et la nécessité de revenir aujourd’hui sur la manière dont je l'avais d’abord envisagé nous prouve, pour le dire ici Incidemment, que toute détermination partielle ne saurait être jamais que provisoire. On ne peut en effet compter sur la justesse de rapports aperçus qu'’autant que l’on a fait porter ses spéculations, non-seulement surles moindres parties qui entrent dans la composition d’un appareil, mais deplus sur
( 580 ) celles qui s’enchevétrent avec lui, et lui servent de limites,
S1 nous ne nous sommes pas mépris dans notre nouvelle manière de considérer la poche où l’oviductus vient aboutir, et qu’en effet la bourse de copulation corresponde au vagin et le bursa Fa: bricit au corps de la matrice , la détermination des parties de l’oviductus, teile qu’elle est donnée par Fr. Tiedemann, et tellequenous l’avions nous-mêmes adoptée dans un ouvrage inédit (r), est inadmissible. Le vagin et la matrice étant employés, il nous faut d’autres termes de comparaison, d’autres élémens de rapports; et pour ne pas nous écarter de notre principe des connexions, 4l faut surtout nous astreindre à les chercher entre le corps de la matrice et l'ovaire. 1
Une réflexion vient aussi donner une autre-direction à ces recherches. Occupés de la poule, nous ne sommes pas sur un fait particulier dont nous puissions raisonnablement conclure ; sous tousiles . rapports, à la:généralité des: oiseaux. «Là poule,
(1) Histoire de la Génération, présentée à l'Académie des Sciences en sa séance du 20 décembre 1819,.et accueillie pax ce corps savant pour être visée et. paraphée à chaque feuillet. C est le troisième traité que j'ai écrit sur cette question. J avais commencé en Égypte, quand des événemens de guerre vinrent bouleverser et détruire les animaux et les plantes ii ] Le avais
xuis en expér ience:
oiseau de nos basses-cours, appartient à une espèce dont la domesticité a beaucoup exagéré les qualités primitives. En la privant de ses œufs et en la nourrissant abondamment, nous l’avons excitée à multiplier ses pontes; ce qui à la longue n’a pu avoir heu sans une réaction, et par conséquent sans une hypertrophie de ses organes sexuels.
De l'oviductus chez le casoar.
D’après ces considérationss, nous dümes nous reporter sur un oiseau qui nous parut le moins s’éloigner des conditions des mammifères, et nous pensimes au casoar. Quelle fut notre surprise d’en: trouver l’oviductus, au volume près du tube de Fallope, exactement semblable à l’oviductus d’un rongeur et d’un ruminant ! Des ce moment tout fut éclairci, et je pus embrasser sous leurs véritables rapports toutes les parties de cet organe.
L'oviductus du casoar (casuarius novæ Hollan- diæ) n’est subdivisible qu’en deux parties bien dis- | tinctes : l’une est un canal flexueux, long de cin- | quante et un centimètres, et assez large, principa- | lement à sa naissance, pour qu’un ovule d’un certain | volume puisse y être introduit : sa texture inté- | rieure est celle d’un intestin lisse d’abord, puis | successivement de plus en plus ridé: on dirait l’in- | térieur. d’un estomac. Ces rides forment de petites
lames tres- minces, très-multipliées, profondes et obliquement situées : elles se redressent inférieurement et longent le canal près de sa fin, où il est étranglé. Abondantes en dedans, elles vont se perdre dans de gros replis situés de l’autre côté; arrangement qui équivaut à une valvule, et qui en produit l'effet. L'autre partie de l’oviductus consiste, à partir de ce col valvulaire, en une poche plus étroite (un centimètre de large) et plus courte (huit.) Son tissu est parenchymateux (1) et sa membrane séreuse épaisse et longitudinalement plissée. Cette membrane offre encore quatre plis dirigés dans l’autre sens, et qui, n’existant que dans la région supérieure, ont l'apparence de festons : en outre l’oviductus débouche à son extrémité, par une autre valvule, dans la bourse de copulation. J’ajouterai que J'ai décrit là l’oviductus d’une vieille femelle.
Je n'aurais pas donné autrement l'appareil de réproduction des animaux mammifères, que j'ai dit se distinguer en tube de Fallope et en cornes de la matrice. L'oviductus des oiseaux ne serait-il
(x) L’épaisseur de ce tissu, en donnant à son extension des limites assez resserrées, explique la forme très-allongée des œufs de casoar. Voici cette longueur dans le casoar de la Nouvelle- Hollande et dans le casoar à casque :
Diamètres respectifs, du premier.... o",124 = 6",080. des eufsir LA du second. 0 om, 145 ——— 07,086.
donc essentiellement formé que de ces deux parties? Est-ce là en effet ce qu'indiquent leurs connexions et leurs fonctions ? On ne peut en douter; ce me semble. Quant aux connexions, elles sont par elles-mêmes si évidentes, qu'il suffit de les indiquer; et, quant aux fonctions, la seconde portion de l’oviductus contient l'œuf, le nourrit, le façonne, comme les cornes de la matrice recçoivent l’ovule, l’alimentent et l’amènent successivement à l'état d’embryon et de fœtus. On voit que, dans cette énumération, j'ai omis de mentionner notre première section : mais Jobserve qu’elle
correspond à la portion frangée des mammifères. Je dois une attention plus grande à la quatrième partié, que M. Tiedemann et moi avions présumée être analogue au vagin. Cette portion, qu'on re- trouve également dans l’oviductus des poissons cartilagineux, me par:'t, quant à sa composition et quant à son objet, rentrer dans un fait général. Effectivement, j'ai cru apercevoir que tout canal est terminé par une issue défendue par des valvules. C’est ainsi qu'est le rectum; c'est encore de même qu'est le vagin. Il existe deux sphincters différens pour former l'anus; les anciens anatomistes les avaient distingués par les noms d’interne et d'externe : le col termmal du vagin ou l’hymen et les petites lèvres appartiennent à ce système de clôture. La poche principale de l'oviductus est de la
même manière fermée par deux cols : maïs, comme: l’oviductus forme chez les ovipares un appareil porté au maximum de composition, ce n’est plus une simple issue bi-valvulaire qui le termine, mais. à raison d’un certain espace entre les deux cols, un véritable canal. Ce canal, tiraillé dans l’oviductus rudimentaire, s'est, aux dépens de sa largeur, allongé au point d’étre"double du reste de l’appareil : il ne forme que la sixième partie de l’oviductus gauche.
De la place à occuper par les oiseaux dans les
classifications zoologiques, d’après les indications (fournies par leurs organes sexuels.
SDE
Peut-être serait-on encore arrêté par une diffculté. On pourrait en effet s'étonner qu'un appareil aussi volumineux chez les oiseaux ne se subdivisat qu’en deux parties : ce serait dès lors faute d’avoir | réfléchi que cette condition de grandeur n’est past | partielle, mais qu'elle s'étend à tout lesystèmesexuel. des oiseaux. Qu'on veuille faire attention à la dimension du clitoris chez la poule, de la verge chez le canard, et du vagin, que nous avons dit se composer d’une grande partie du cloaque commun, on sera convaincu que la grandeur de l’oviductus résulte d’un développement de même ordre.
Ceci trouve son explication dans un autre fait
que je tiens aussi pour incontestable. On considère aujourd’hui les añtimaux des rangs inférieurs comme correspondant, pour le degré de l’organisation, aux divers âges des fœtus des hauts vertébrés (1). Dans mon travail sur les lamproies, communiqué à Académie des Sciences , les 7 et 14 mai 18217, j'ai montré sous quels rapports les poissons cartilagineux constituaient l’un de ces chaïînons : les poissons osseux sont à quelques égards placés plus haut; puis les reptiles, les mammifères occupant un degré plus élevé. Ce n’est pas à ce point que s'arrête, suivant moi, cette série progressive : les oiseaux portant plus loin le développement organique, me paraissent au faite de l'échelle. La respiration, plus ardente chez eux, donne à chaque système en particulier un plus grand degré d’énergie, duquel résultent, ou bien pour les organes entourés, plus d'amplitude et de fini, et conséquemment de plus hautes fonctions, ou pour ceux qui peuvent refluer en dehors avec ce sur-développement, une extension notable. Dans le premier cas sont la trachée-artere , le larynx inférieur,
(1) Le cours de physiologie que M. le docteur Flourens a | fait, en 1820, à l’Athénée de Paris, a eu principalement pour | objet cette importante question. Ce jeune et éloquent professeur a cherché à y montrer que la complication graduelle de l’orga- | misation s'effectue par les mêmes lois dans les deux séries comparées des âges et des espèges.
JT, 29
( 386 ) l’œsophage ou le jabot, l’estomac ou le gésier, le sternum , les os scapulaires, le bassin, les mem: bres, etc.,etc.;etdanslesecond, le système épidermique et surtout celui de la génération. Ces derniers sont véritablement ouvragés chez les oiseaux, bien au delà de ce que nous font connaitre leurs déve-. loppemens chez les mammifères. Et je vois ces limites plus ou moins dépassées, selon que d’autres houppes d’artères, de nouvelles irradiations sanguines existent ou non, en dehors de ce qui, chez des animaux bien moins composés, constitue la dernière artériole. Tout chez les oiseaux s'accroît dans la même raison : les voies circulatoires sont plus prolongées , la chaleur dégagée dans la respiration est plus grande, la puissance nerveuse est plus efficace, la perceptibilité des sens plus étendue , et la contraction musculaire infiniment plus forte. De la même manière que le tissu épidermi- | que, au lieu de s’arrêter dans son développement comme chez les mammifères, et de n’y constituer à chaque extrémité nerveuse qu’un brin rudimen: | taire, qui est le poil de ces animaux; de la même | manière, dis-je, que ce tissu donne, en continuant | de croitre chez les oiseaux, des tiges en panicule qui forment un riche panache de chaque branche | pileuse ou de chaque plume, les organes sexuels |
qu'enrichissent un plus grand nombre de subdivis sions de l'artère spermatique arrivent chez les 0% |
seaux à une grandeur à laquelle les conditions d'organisation des mammifères ne nous avaient pas accoutumés. Ainsi les arbres, sans que ce soit pour eux d’une même importance, diffèrent les uns des autres par le nombre de leurs nodosités et par l'inégalité de leurs embranchemens successifs.
Sur le P incipe des affinités électives des élémens
organiques.
Je n’ai tout à l'heure parlé que d’une seule difficulté, de celle déduite du volume de lPoviductus : il en est bien encore une autre sur laquelle je ne craindrai point davantage de m'expliquer, c’est la disjonction de l'utérus et des cornes chez les oiseaux. Bien loin qu’on puisse tirer de ceci une objection contre ma précédente détermination, je n’y vois qu'une nouvelle application de mes principes, de celui sur les affinités électives des élémens organiques, et, je puis ajouter, qu'une application indiquée par la théorie comme un résultat nécessaire.
C’est le propre des matériaux de l’organisation, s'ils sont atténués ou rudimentaires, de paraitre, à leurs points de contact, se confondre; et au contraire, s'ils passent au maximum de composition, de s’écarter, et d’exister dans une sorte d’indépendance. Sont-ils petits et frêles, 1ls ne se sou-
( 388 ) tiennent qu’en se prêtant un mutuel appui ; c’est tout au plus si on les aperçoit individuellement : leur pluralité dans l'organe qui s’en compose est sans objet; ils n’interviennent et n’ont d'influence que comme rassemblés en un bloc, que comme formant une unité.
L'hyoide, par exemple, est assez souvent dans ce cas (chez les batraciens). Cependant voyez l’une de ses pièces, le cératohyal (Phil. anat. 1, p. 175), s’en dégager chez l’homme pour faire partie d’une saillie de la base du crâne dans l’apophyse styloide. Voyez le stylhyal et le glossohyal, autres pièces de l'appareil, passer chez les oiseaux au service de parties voisines. Cependant tous les élémens possibles de l’hyoïde forment véritablement chez le cheval un organe unique, un ensemble parfaitement circonscrit par la dépendance réciproque de toutes ses parties et par le concours respectif de leurs fonctions. Dans ce dernier cas, l’hyoide se borne à s’interposer comme un mur mitoyen entre la langue et le larynx. Mais que la langue s'écarte du larynx et celui-ci du crâne, s'il n’arrive pas aux diverses parties de l’hyoïde de s’allonger dans une même raison, son démembrement est forcé; et, comme il n’existe que par la mise en société des pièces externes des trois principaux systèmes aboutissant dans le même confluent, son mode de dislocation ne peut jamais dépendre du
hasard. Chaque pièce est au contraire entraînée par des règles immuables, d’après des motifs manifestes. Elle obéit à une sorte d’affinité propre, à un choix qui lui est imposé par la dépendance nécessaire dans laquelle toute racine est à l’égard de sa souche. |
Que la langue, le larynx et le crane s’écartent donc, sans que l’hyoïde y participe par lallongement de ses parties, le stylhyal se fixe au crâne, le glossohyal à la langue, et le basihyal au thyroïde. Ainsi, ce qui décide de ce partage au profit des appareils voisins ne se fonde pas seulement sur des raisons qui tiennent au voisinage des parties : car, dans un hyoïde entier, le stylhyal, placé entre un osselet apophysaire du crâne et le cératohyal, est aussi voisin de l’un que de l’autre. Si le stylhyal se fixe au crâne, il y est déterminé par le mode particulier de ses ramifications sanguines ; et en effet il n’en saurait être autrement, ce choix dépendant visiblement de l’origine et de la distribution de l'artère qui nourrit cet osselet.
D'une poche chez les oiseaux déterminée sous, le nom d’ad-uterum.
Appliquons ces vues à ce qu’on a considéré ‘comme des annexes de l'utérus, et nous trouverons à appuyer de nouveaux motifs nos précédentes dé-
terminations. Nous avons vu plus hautcomment on était arrivé, en anatomie humaine, à ne tenir aucun compte des cornes, à part de l’utérus. Cependant des artères différentes créent et nourrissent séparément les cornes et le corps de la matrice. Aussi l’anatomie vétérinaire avait-elle été forcée de récon= naître, pour les animaux qu’elle embrasse dans ses considérations, que l'accessoire, présumé tel d’après le point de départ, avait acquis une prépondérance marquée sur le principal, c’est-à-dire que les ailes de la matrice, soit pour le volume des masses, soit à l'égard des fonctions, l’emportaient de beaucoup sur le corps. Ajoutons qu'il est des mammifères; les lapins, et plus particulièrement les marsupiaux; chez lesquels cette prépondérance est telle que le corps utérin s’efface de plus en plus, et disparait même entierement.
Ainsi c’est à l’une comme à l’autre de ces parties . qu'il arrive, suivant les espèces, d’être ou élevée au maximum , où descendue au rninimum de compos sition. Aux deux bouts de l’échelle, sous ce rapport, sont les organes sexuels de l'espèce humaine et ceux du lapin. Eten effet, chez la femme, le corps de l’utérus est plus volumineux, et chaque corne plus petite (r) : chez la femelle du lapin, c’est l'in:
(x) En prononçant ici le nom de corps de l'utérus, je m'ex= prime comme on le fait en anatomie comparée. Dans l’anatomié
(39e | verse : le corps est petit, rudimentaire, ou plutôt à peu près nul; les cornes sont au contraire considérables. Ces deux organes sont donc au fond constitués avec des droits égaux ; aucun n'étant subordonné à l’autre, leur distinction est manifeste. J'ai de plus lintime conviction que leurs fonctions ne se confondent jamais. Le corps, dont les contractions durant l’acte font ouvrir et fermer alternativement l'entrée vaginale, est proprement un organe de conception,.et les cornes sont des bourses appliquées à recueillir les produits du coit, continuant leurs soins à ces produits en devenant pour eux le milieu où ils s’organisent et se développent. Finalement, corps et cornes sont aussi différens quant à l’origine et à la nature de leurs matériaux constitutifs qu’à l'égard de leur emploi : ce sont donc deux organes bien réellement dis: tincts. |
Cependant, pour .en déclarer l'entière indépendance et pour en prononcer définitivement la sépa-
spéciale de l’homme on a aussi reconnu deux cavités, dites du corps et du col; la première correspond à celle des deux cornes des animaux, et la seconde à celle du corps de l'utérus. Les déux cornes sont chez la femme confondues à leur base. Le tissu des deux cavités est distinct. C’est comme chez les mammiferes, et il en est tout de même des fonctions, le fœtus naissant toujours dans la cavité des cornes. Il n’est là de non concordance que dans la nomenclature.
ration, j'ai attendu d’avoir montré ces organes dans les oiseaux. Là cette séparation est manifeste. Le corps de l'utérus, ou notre vésicule séminale (bursa Fabrici ) occupe le fond du vagin ou de la bourse de copulation. Tantôt réunies et fondues dans le: cloaque commun, et tantôt séparées par un étranglement, ces deux bourses , forment, suivant les espèces, un seul ou deux appareils distincts; mais s’il y a association, c’est toujours de l’un avec l’autre. Et de même les cornes de la matrice et le tube de Fallope, étant tantôt réunis (chez la poule) et tantôt séparés en deux parties différentes (chez le casoar), forment ou deux organes distincts, ou le plus souvent un seul, lequel a reçu le nom d’ovix ductus. J'a\ cru devoir insister sur cette alliance des cornes de la matrice, alliance tout autre dans les deux premières classes, et dévolue chez les mammifères au corps de l'utérus, et chez les oiseaux au tube de Fallope, pour porter enfin le sceau de l'évidence sur cette conclusion : /a disdnction et l'indépendance, comme organe, de la poche où le germe commence et se développe.
À un organe ainsi déterminé, je dois un nom d’üne acception applicable à ces diverses manières d’être : il est manifeste que celui de cornes de la matrice ne fait allusion qu’à une circonstance spécifique , et qui, füt-elle moins restreinte, serait em soi indifférente. En effet, ce nom, comme emprunté
à la considération la plus fugitive de l’organisation, celle de la forme, s’il pouvait à la rigueur convenir dans quelque cas, n’est certainement en aucune manière applicable à la classe entière des oiseaux, IL est généralement avantageux que des noms soient significatifs ; mais il faut craindre de ieur procurer ce mérite, en les exposant pour la suite aux inconvéniens de continuelles exceptions. J’observe qu’en les faisant reposer sur l’essence du principe des connexions, on les met à l'abri de ces inconvéniens ; et c’est dans cet esprit que je propose le nom d’adulerum ; contraction de cette phrase, vas, vel marsupium ad uterum, c’est-à-dire canal ou bourse avoisinant le corps de la matrice.
Et alors, si j'avais à exprimer en termes précis les déterminations qui précèdent, je ne pourrais donner d’un oviductusd’oiseauuneidée plus simple, et je crois plus complète, qu’en le disant composé d’un pavillon, de l’épididyme déroulé, de l'ad-utezum, et d’un canal vestibulaire.
Cependant une objection peut être produite ; 1l faut la réduire à sa juste valeur. Dans la détermination de l’oviductus, telle qu’elle est ici donnée, le principe des connexions ne serait-il pas faussé? ne pourrait-on pas opposer à ce principe que la poche ad-utérine aboutit et s’ouvre dans l'utérus à quei- | que distance et au delà du vagin chez les mammi-
fères, et tout près au contraire et jusque dans le
vagin chez les oiseaux ? Quelque inconvénient qu'il y ait à continuer cette discussion, déjà beaucoup trop longue, je ne puis éviter de répondre. à ces questions. Ces différences d’une classe à l’autre, que nous nous proposons en ce moment comme un sujet de difficultés, existent les mêmes d’un sexe à l’autre chez les mammifères. Ramenons celles-ci à l’analogie, parce qu’en y réussissant, les autres y seront aussi pareillement ramenées. |
De l’ad-uterum chez les mammifères.
Les organes sexuels éprouvent, comme le Nil, une crue périodique : l’engorgement des vaisseaux donne! lieu, principalement chez les femelles après leur imprégnation, à un travail intestin, qui change le rapport respectif des subdivisions de l’appareil, en procurant à quelques-unes d’elles seulement des dimensions extraordinaires. L’ad-uterum, où les embryons naissent et grandissent, est plus particulièrement dans ce cas. Cet effet se manifeste chez le lapin par une augmentation de volume tant en largeur qu’en épaisseur, et de plus par une diminution en longueur. Ainsi l’épididyme déroulé ou le tube de Fallope (lett. E, fig. 13), étant de cent quarante milli= mètres dans une vieille femelle qui avait mis bas, différait peu, quant à la longueur, de l’ad-utérum: Il faut se rappeler que c'est sous une proportion
(395 ) différente que ces parties se sont offertes à nous dans un individu vierge ; savoir, l’épididyme, quatre-vingts millimètres, l’ad-uterum cent vingt.
Ce dernier canal, plus étroit et plus allongé dans les jeunes sujets, n’est vraiment que le canal déférent: même forme tubulaire, mêmes relations des parties, mêmes structure et fonctions; que de considérations pour prononcer l’analogie des deux tubes ! Voyez-les ensemble (lett. IT, fig. r1 et 13), vous ne sauriez y apercevoir de différences sensibles, quoique déjà le tube n° 13 appartienne à un appareil déformé, rendu plus renflé et raccourci du tiers pour avoir concouru plusieurs fois à un développement d’embryons. Doubles dans chaque appareil, ils aboutissent l’un et l’autre à un même confluent : ils s'ouvrent dans une bourse unique, chacun isolément et par un orifice &, é, terminé par un bourrelet tenant également lieu de soupape.
J'ai faitreprésenter séparément, fig. 14, la poche séminale du mâle : j'y montre les méats z, : des canaux déférens ayant leurs débouchés vers le: col de la poche, près de son entrée dans le canal de lurètre., On a ouvert l’un des ad-uterum à son extrémité vaginale ( voyez mêmes lettres 2, z fig. 13), pour mettre en évidence le bourrelet et les replis longitudinaux de l'intérieur. -
L’ad-uterum conserve à son autre extrémité dans Vun et l’autre sexe ses rapports de plus grand dia-
( 396 ) mètre à l'égard du long canal pelotonné, quiconstitue l’épididyme. On sait, par les recherches d'Alexandre Monro (1) que ce canal est d’une longueur et d’une ténuité excessives.
La conclusion de ce qui précède est que les tubes 1,1, comparés dans l’un et l’autre sexe, sont réellement et absolument identiques. Les yeux aperçoivent ce fait tout aussi clairement que l’esprit le conçoit. La différence d’un sexe à l’autre à l'égard de l’'aduterum est donc tout entière dans la proportion relative des diverses parties de cet organe. Passé comme à la filière dans le sexe mâle, ce n’est plus qu’un tuyau long et très-étroit, tandis que, contracté dans le sexe femelle, il se montre sous la forme d’une large poche à parois fort épaisses. |
Voilà ce qui se rencontre le plus souvent :car un cas rare est celui de l'espèce que nous avons prise pour exemple, et où la poche ad-uterine se montre plutôt sous la forme d’un canal déférent. Un cas plus rare encore est l’arrangement qui caractérise les didelphes, et qui consiste dans la courbure des deux ad-uterum du côté intérieur et dans la réunion et la soudure de leurs deux extrémités : les arcs dérivés de ces courbures figurent chez les didelphes deux
(x) Dissertatio de testibus et de semine in varüs animalibus. | In Thes. Med. , t. 2, p. 346.
( 597 ) anses de panier, qu’on pourrait également produire avec les ad-uterum du lapin, si l’on reportait chaque extrémité sur son point de départ, et par exemple
sur", fg.'t3.
De l’utérus des mammifères.
Je reviens présentement à à l'utérus, assuré que je suis de le pouvoir apprécier dans ses conditions les plus générales. C’est chez les oiseaux une poche placée à l'extrémité de la bourse de copulation, qui en constitue le fond, qui, séparée par un col, ou simplement par un étranglement, en est une manifeste dépendance, et qui, sous la même forme dans l’un et l’autre sexe, n’y est pas d’une telle utilité qu’elle ne manque quelqüefois. Au contraire on croit voir chez les mammiferes que l'utérus appartient tout autant au vagin qu'aux ad-uterum, et qu'il est même chez quelques-uns dans une plus intime relation avec ces derniers. Cependant ce n'est là qu’une illusion. À vrai dire, l'utérus, dans les mammifères comme dans les oiseaux, n’est toujours que le fond du vagin, auquel une circonstance, comme le moins de longueur PrAporon nelle du train de derrière des animaux, crée un mode particulier d'existence.
Comme si le vagin et l’utérus n’étaient essentiellement qu’une seule et même chose avec une lon-
( 398 ) gueurprimitiveobligée, ils forment chezles animaux à lombes et à bassin prolongés un canal unique sans la moindre modification dans toute sa longueur. C’est ce que: montre le lapin (lett, OÙ, fig. r3), et ce que montrent de même les didelphes, les taupes et la plupart des mammifères insectivores. Au contraire, si le train de derrière est plus court, ce n’est plus un tube homogène dans toute son étendue, mais deux parties distinctes, répondant aux idées particulières que nous nous faisons du vagin et du corps de la matrice. Le vagin est toujours ce même canal homogène : l'utérus seul éprouve de notables changemens; il se contracte faute d’espace,il perd de son étendue superficielle en se ridant et en prenant plus d’épaisseur. Soit adhérence des rides, soit remplissage des mailles pâtr des foilicules muqueuses, son tissu n’est plus le même. On a décrit à part le col de la matrice; c’est un repli annulaire, un repli de tout le tissu, qui le produit. Plus profondément et à portée des aduterum, c’est un autre repli semblable et parallèle ; manifeste surtout dans la vache, etc. R * L’utérus ainsi limité par ces deux étranglemens est donc constitué en une poche à part, que rendent encore remarquable les replis longitudinaux et nombreux de sa membrane interne. Je lui trouve le même usage qu’à la vésicule séminale des mâles : le fluide qui en lubrifie l’intérieur ne provient pas
( 399 } uniquement de sa membrane muqueuse : les canaux ad-utérins y apportent et y mêlent les sécrétions de l'ovaire, et la conception s’opère par le concours de toutes ces circonstances. Par conséquent, nous voilà, comme dans les oiseaux, avec un corpsutérin
bien distinct, Mais, de même aussi que dans les
oiseaux, peu s’en faut qu'il ne disparaisse. Que plus d'espace soit accordé à son développement, l’un des plis ou les deux plis ensemble s’effacent, et l’utérus revient, comme dans le lapin, à ne plus être qu’une portion du vagin. Ce n'est point, comme on le voit, une disparition réelle. L’utérus existe toujours pour la théorie des analogues: confondu avec le reste du vagin, il ne fait seulement que perdre la spécialité de structure et de fonction qui résulte
pour lui de la contraction et de l’épaississement de
El Rte à fans
ses tuniques.
Mais, dira-t-on peut-être, ne serait-on point
encore dans le cas de reproduire la même ob-
jection que précédemment? N'y aurait-il point à reprocher à la détermination des parties désignées
(lett. OÙ, fig. 11 et 13) d’avoir été donnée, en s'étant | cette fois écarté dû principe fondamental de la zouvelle méthode de détermination, du principe des
connexions? En effet, les canaux ad-utérins II ne débouchent pas au même lieu, dans les deux or-
| ganes comparés. C’est à l’un des bouts, fig. 11, et à l'autre bout, fig. 13. De cette différence suit que
Goo c’est un sac dans le premier cas, et dans le second un canal. J'ai présenté l’objection dans toute sa force, et je n'en suis pas moins persuadé que le principe des connexions n’est nullement en défaut dans cette occasion; il ne l’est pas plus que le seraient à l'égard des parties intermédiaires les deux entrées d’un manchon ramenées l’une auprès de l’autre. La vésicule séminale (voyez fig. 14), n’est point un sac à une seule ouverture d’entrée et de sortie; mais, comme à la vessie urinaire, on y aperçoit d’abord deux orifices 4, i, par où s’introduit le fluide sécrété, et de plus un orifice de sortie servant à l’éjaculation de ce fluide : d'où par conséquent la vésicule séminale forme, aussi bien que l'utérus, un canal, dans lequel arrivent et duquel s’écoulent les sécrétions des testicules. Toute là différence est dans leur tenue respective droite où recourbée; droite dans le sexe femelle, et coudée dans le sexe male. |
La plus grande indifférence pour l’un et l’autre résultat forme le premier caractère de cette orga= nisation. Ce n’est d'abord qu’un réseau fibreux, qu'on peut comparer à ces bourses tissées en filet; dont on fait usage pour porter sur soi quelque monnaie ; l’élasticité de la matière employée fait que ces bourses, étant tirées dans un sens, éprouvent une rétraction dans une autre : on peut en effet, par un tirage concerté et bien entendu, les
produire successivement sous plusieurs formes, sans qu'il ne soit rien dérangéaux rapportsde toutes les parties composantes. Ke Ta
De la même manière, avant ( que Ja pédiqule à séminale. ait ses mailles remplies et toutes ;ses fibres portées au contact comme dans une toile à grain fin et serré, il deviendrait facile d’agir sur elle, d’entrainer les canaux déférens du côté. des testicules et d’allonger la vésicule séminale en l'amaigrissant latéralement, Que cela se füt ainsi passé, qu'en conclure? Qu'on eût amené cette poche à n'être qu'un long canal; qu'on.eüt produit ce qui est fig. 13, c’est-à-dire qu'on eüt construit à tous égards l'appareil du sexe femelle. Il est presque inutile d'ajouter qu'on arrive à la même conclusion en faisant l'inverse. En effet, que les ad-utérum, I, fig. 13, soient entraînés du côté de la vulve, et le “canal utérin et vaginal (OU) sera -transformé en une poche plus courte et plus large. Ainsi aura
lieu comme dans l exemple précédent la métamor- | phose d’un sexe dans l’autre.
Et ici, je parais n'avoir donné qu’une pure sup- | position, quand j je n’ai vraiment fait que rapporter | ce qui se passe. Les sexes, comme on l'a remarqué, |diffèrent fondamentalement par leur position exté- Itieure chez le mâle et intérieure chez la femelle. | Le derme , se développant -extraordinairement et |saillant au dehors chez le mâle, entraîné dans.cette | Il. 26
{ 09 ) direction tous les organes qui lui sont subjacens, de‘même qué, refoulé en dedans, il repousse àu loin, ou plutôt il abandonne à une ‘action opposée dans son jeu ces mêmes organes subjacens.
L'oviductus et l'utérus des oiséaux sônt lon À Végard de Pautre dans les mêmes relations que les canaux déférens chéz les mammifères : ‘ dans ce cas, à des relations FPRRAHES conviennent les mêmes explications. sé: HER
C’est par cette dernière réflexion que je términe ce que ] avais à exposer touchant les organes g génitourinaires considérés dans l’état normal.
‘Ce paragraphe n’est-ilqu’un fragment de l’histoire du podencéphale ? il a trop d’étendue; qu’un fragment d’une histoire de la génération? il est trés-Incomplet. Je reviendrai sur ces faits dans un autre ouvrage : mais en atténdant, et dans celui-ci, je cède à un sentiment pénible; je redoute la sévérité du lecteur, qui, ayant remarqué l’inconvenancé d’une aussi longue digression, m’a sans doute déjà fait l’application de ce mot : Von erat hic locus.\
$S VIIT. ORGANES GÉNITO-URINAIRES DU PODENCÉPHALE,
Nous avons comparé les organes sexuels des man: mifères etdes oiseaux; rendons ce travail applicable au podencéphale. Puisque chez ce monstre lés
(03 ) trois Voies génitales, urinaires et stercorales aboutissent dans un même canal et viennent ensemble ‘s” ouvrir au dehors, 1l est manifeste SE en ce point aussi, la structure du podencéphale s'écarte également de celle des mamimiferes ; et comme toutes Ces routes à ce confluent sont cependant soumises au système d’une vessie urinaire très-étendue, il l'est de plus que cette structure ne reproduit pas davanta ge toutes les circonstances qui caractérisent les organes sexuels et urinaires des oiseaux. Dans ce cas, le précédent paragraphe ne contiendr ait qu'une exposition de faits étrangers au ‘podencéphäle ; qu ‘une discussion générale, dont le résultat serait de porter à considérer le podencéphalé comme exclu de toutes relations dans la nature vivante. comme entrainé dans une déviation constitiant hih8i Uh désoräre élevé à son comble.
Ce rest point là ce que nous avons reconnu jusqu'à cé moment : les monstruosités ne s’écartènt des formes de leur espèce qu’en révétissant celles d’une autre : uneanomalie dans un cas retombe dans ce qui est de règle ailleurs. Tout résultat contraire ‘a donc lieu de nous surprendre, surtout quand'il s se Îré à une question d'une toute autre et plus grande importance. Nous avons vu:que Panus du podencéphale est imperforé : son rectum, venant débou- “cher dans l’urètre, présente un déplacement de Parties que nous aurions supposé impossible d’a-
près. le caractère absolu que nous avons dit former l'essence de notre loi des connexions. J’en dois reproduire de nouveau l'observation ; car, d’après les antécédens qui ont décidé de ma direction :dans les sciences, toutes mes recherches tendent constamment ,à l'établissement de cette proposition fondamentale, l'unité de. composition organique. On a vu plus haut que je n’ai examiné les monstruosités qu’afin de vérifier si dans ces désordres d'organisation les principes, sur lesquels se fonde ma:méthode de détermination seraient susceptibles des mêmes applications qu’à l'égard: de tous les autres cas des diversités normales. Qu’on juge alors. combien il m importait d’être attentif à un événementqu un instant j'ai pu considérer comme constituant une exception à à CES principes. Car in Y. a point à balancer : très-certainement, ou je dois prouver que,ce n'est [à qu'un. effet d'apparence irompeuse,
ou je ne pourrais continuer de ranger je. principe | des connexions au nombre de ces lois fondées sur un enchaînement nécessaire de faits qui naissent les uns des autres.
Les organes génito- urinaires du podencéphale oiseaux, et j avais le plus g el intérêt à sal tous les degrés de ces rapports. IL est. évident que je ne pouvais. me livrer au débrouillement de cette question qu autant que ses élémens me | seraient
CAD) donnés avec risueur; et j'ai dû commencer par | rechercher quels étaient au fond et essentiellement les organes génito-urinaires des mammifères et des oiseaux, soit dans l’une ou l’autre de ces classes, soit d’une manière générale pour toutes deux.
Du rectum.
Voici dans quels rapports sont entre eux les organes génito-urinaires du podencéphale. Après la poche a-b, pl. VI (1), fig. 8, vient lintestins, que J'ai décrit page 287, et que Jai employé sous le nom de rectum, parce qu'il forme la dernière portion du canal intestinal, C’est une barrière à deux sphincters, l’interne existant au-dessous de la ligature-+/, et l’externe à l'entrée dans Furètre. L'orifice de ce dernier est visible, lett. s, fig. 9. Ne serait-ce que le canal intra-valvulaire de Panus, étendu et tiraillé par la vessie urinaire? et faüdraitil considérer ce bout d’intestin comme le fait d’une “organisation analogue soit au tube vestibulairé(2)
qui termine l’oviductus, soit à l’espace compris
(1) Nous revenons sur la planche VI, pour ne plus nous occun hper que d’ellé dans ce qui va suivre. La figure 8 est diminuée et réduite à moitié de grandeur naturelle.
(2) Veuillez vous reporter à ce que nous avons dit de cé tube.
4 + » 4 ; tr] Fe et à l'explication que nous en avons donnée, page 580.
“entre l'hymen et les nymphes, qui chez la femme terminent le vagin ? Dans ce cas, la grande poche a-b, qui précède, ne serait autre que le rectum luimême, dilaté à l’excès par la grande quantité des matières y accumulées. Nous manquons de sujets de comparaison; et par conséquent il est difficile de se fixer avèc une entiere confiance sur l’une ou sur l’autre de ces manières de voir. Mais ce qui devra du moins nous intéresser ici, c’est linséertior du canal s; elle a lieu dans l’urètre, très-pres de la vessie. Notre figure n° 9 la présente du côté intérieur, et celle n° 10 par derrière; ce qui n’a pu avoir lieu, à moins que l'intestin ne détournât la prostate représentée lett. g, et ne se fit jour par delà.
Des organes urinaires. »
Nous avons ouvert la vessie, fig. O0, pour y voir et l’entrée du rectum et celle des uréteres. Ceux-cr. y sont au nombre de trois : les deux congénères, # et 7, et un troisième impair, lett. 72; ce dernier placé plus profondément. L’urétère 77, fig. 8, est formé, comme à l'ordinaire, par un canal simple, lisse et étroit, quand au contraire les deux autres # et 7’, fig. 8 et 10, sont, sous une forme intestinale, amples, flexueux et allongés. Les Annales médicales font aussi mention d’urétères surnuméraires : Tyson (dans les Transactions philosophiques, année
3709) en vit quatre sur le corps d’un enfant; mais, ce qui n'était pas dans notre monstre, ils naissaient à quelque distance, l’un au-devant de l’autre, dans le rein, et:se trouvaiént renfermés dañs une membrane commune pour aller déboucher sur la vessie; SAVOIT, à gauche, par un seul.orifice ; et à. droite, par deux orifices distincts. Lrrge La circonstance d’urétéres larges commé bille pes tits intestins s’est aussi rencoütrée.Lieutaud donne cette observation, en faisant remarquer. qu'elle était H6e chez un sujet qui mourut à trente-cinq ans, à un défaut de vessie urinaire. Le rein du poeme slett.R, fig. 8, était dans l'état paturel. Enfiu il n'arrive que trop souvent que-le rectum vienne aboutir dans le canal dé l’uretre :chéz les garçons, ét dans le vagin chez les filles. Que, ces routes decommunication s'entr'ouvrent suffisamment, et 1] sera possible d'exister long- temps.avec une aussi grave infirmité:.ce fait est établi-par la célébre observation de Mercurialis,, rapportée d’après une femme israélite qui a vécu un siècle. Ce même. fait d’une femme sans anus, et qui rendait ses excrémens par la vulve, s’est aussi présenté à M. le docteur Fournier-Pescay. Voyez l’article. Cas rarés , que ce-savant physiologiste a rédigé pour le premier Dictionnaire des sciences médicales.
( 408 ) De l'organe sexuel." *
L’organe de reproduction du podencéphale n'était remarquable que par sa petitesse, principalement à droite. Nous avons fait figurer celui de gauche, où l’on voit distinctement le testicule A4 l'épididyme E et le canal déférent [Les testicules étaient appuyés sur l'anneau inguinal, et se trouvaient comme acculés sur ce RASE et prêts à
sortir de l'abdomen.
L'organe de copulation présentait plus:de diffé:
rences : c'est une anomalie vraiment curieuse:que mous allons décrire, et nous le ferons avec quelques détails. Le pénis du podencéphale ne se términait pas, comme à l'ordinaire, par une partie conique et par un prépuce de beaucoup prolongé au delà également cylindrique dans toute sa longueur, il se terminait par une lame légèrement gonflée; privé de l’action des corps caverneux, on eût dit ce pénis constitué par un long prolongement du derme, J'ai désiré connaitre ce qu'il y avait de réel dans ces apparences, et mes recherches ont rendu manifestes les faits suivans. ©
J'ai remarqué vers la région supérieure. deux rubans minces, parallèles, et fixés en dedans et sur le derme par une cellulosité assez serrée. Ces rubans se distinguaient des parties tégumentaires par
un tissu plus ferme et plus compacte. Naissant des os ischions et venant se perdre sur le gland, ils avaient la position des corps caverneux ; c'étaient ces corps eux-mèmes, mais privés de leur développement ordinaire, et tels qu'ils existent dans les premiers jours de la formation de l'embryon. Dans cetétatd’un développementarrété ilsreproduisaient organisation régulièrement rudimentaire du sexe femelle. Chez le podencéphale,et il en est ainsi chez tous les mammifères femelles, ces corps, ayant été privés de céder à l’action du nisus formativus, sont restés de simples cordons si exigus, qu'ils n’ont pas suffi pour remplir toute l'étendue du fourreau du pénis. Ce fourreau, dont l'accroissement dépend de la nutrition d’artères qui lui sont propres, et qui parvient alors à tout son développement normal, quelles que soient les restrictions imposées aux objets qu'il contient, reste évidé dans tout son intérieur : il est donc transformé en un long tuyau d'une assez grande capacité.
J'ai fait représenter, pl. VE, fig. 12 , le pénis du podencéphale ouvert; jy montre non-seulement toute l’étendue de l’espace devenu libre à l'intérieur, mais de plus l'organisation des parois intérieures : tout ce tuyau est formé de replis parallèles, de véritables feuillets. La métamorphose est là devenue si grande, qu’on croit voir le vagin d’une femelle : toutes les conditions organiques
d’un vagin, sa cavité et la texture de:ses membranes, s'y rencontrent, ou plutôt s'y rencontreraient entiérement, si l'appareil, était également rentré .en dedans. I '
Ce cas pathologique répand ainsi quelques lumiéres sur la question de l'identité de l'organe de copulation dans les deux sexes chez: les mammiferes ; et en effet voici une partie de l'appareil que sa situation extérieure caractérise évidemment et porte à reconnaitre pour le pénis, quand tous les détails de sa conformation tendent à: le faire considérer comme un véritable vagin: Rien.n'’établit mieux, ce me semble, que c’est la grandeur et le volume démesurés des corps caverneux qui procurent chez les mâles, au fourreau tégumentaire,, dernier canal des organes sexuels, ses dimensions d'une part excessives en longueur, et d'autre part, et afin d’en former la compensation, celles. plus. restreintes en largeur. |
De semblables causes n'existant Doi chez les. femelles, où en effet les corps caverneux sont dans. l’état le plus rudimentaire, le dernier canal sexuel n’est dans le cas.de différer de son analogue. chez. les mâles qu’en présentant des dimensions inverses. ll est beaucoup plus court; mais, comme il y doit satisfaire au principe du balancement des organes, il est beaucoup plus large. Ainsi la grande dissemblance des sexes quant à leurs parties externes tuent
Cu) essentiellement à la grandeur respective des corps caverneux, tantôt remplissant toute l'étendue des dernières voies, tantôt n’en occupant qu’une trèspetite partie.
Le pénis du podencéphale, indépendamment des remarques qui précèdent, n’en reproduit pas moins, sl est étudié dans ses conditions les plus générales, tous les faits qui sont de l'essence d’un pénis à l’état normal : 11 n’y a d’altéré et de modifié que la forme de chaque partie. Ainsi les deux corps caverneux rudimentaires dont nous avons parlé plus haut viennent également se confondre dans un véritable gland. Celui-ci est seulement moins saillant, moins large, et de toutes manières plus petit. Nous l’avons fait représenter vu de face, fig. 11, et vu de profil, fig. 12. Il est recouvert de son prépuce comme à l'ordinaire, sauf que le prépuce n’a point assez d’étendue pour lenvelopper entièrement. Les mêmes figures expriment toutes ces circonstances, et retracent même le frein qui ue manque pas et qu'on peut apercevoir inférieurement, fig. 12.
Des faits qui précèdent, il suit que le podencéphale n’a de rapports avec les oiseaux que sous le point de vue qui nous avait frappés au commence: ment de ces recherches. Une seule issue, chez lui comme chez les oiseaux, aurait, sice monstre eut vécu, aurait, dis-je, transmis les produits des trois
T2) voies stercorales, urinaires et génitales : mais d’ailleurs des moyens très-différens y eussent cértainement pourvu. En conséquence, ces sujets d’observations se rapportent à deux organisations clas{ siques, qui, en s’accordant accidentellement l’une et l’autre sur une même circonstance, se sont cependant maintenues dans les conditions de leur diversité originaire et classique.
Ta grandeur de la vessie urinaire et sa position inférieure sont le propre du podencéphale, tout aussi bien que de l’homme normal et des animaux mammifères. Nous avons vu que les oiseaux n’ont au contraire qu'une vessie urinaire dans un 72énimum de composition, c’est-à-dire qu'ils n’ont, si l’on considère les engagemens de celle-ci avec les organes de son voisinage, qu’une vessie dans des relations à lui permettre l’amalgame le plus bizarre, à lui permettre enfin de s’interposer comme un tube entre le rectum et Le vagin. |
Une anomalie des plus considérables, puisqu'elle ne se borne pas à une modification de forme et de fonction, résulte de ces données, et devient pour moi un sujet de sérieuses difficultés; car ellesemble s'aunoncer comme une objection qui contredit l’'universalité d'application de ma loi deconnexions.
Le rectum, occupant le fond de la vessie chez les oiseaux, débouche dans le canal commun au: devant des urétères, et celui du podencéphale ert
arrière. Ainsi sont là manifestement des relations de parties dans un ordre inverse; et c’est, je le répète, pour présenter l'explication d’aberrations ausst étranges ‘que je me suis aussi longuement appesanti sur les faits de la précédente discussion. J'ai cheminé; et cette difficulté n’en a pris que plus de consistance, Cependant trouverai-je enfin à en donner une explication plausible, soit en étendant encore ces recherches, soit en examinant les deux systèmes les plus écartés de leur type qui ‘touchent. à cette question; savoir : l’organisation de l’autruche, qui présente une assez forte modification de l’organisation des oiseaux, et le système des monotrèmes, qui s'écarte également à plusieurs égards de celui des mammifères ?.
S IX. Sur : DEUX MODIFICATIONS PARTICULIÈRES DES ORGANES :GÉNITO-URINAIRES.
.. L'importance de la question, que. je: discute et d'entraînement demes idées m'obligent de recourir encore aux considérations suivantes, qui forment à proprement parler un appendice du, septième paragraphe, ou du paragraphe concernant les organes génito-urinaires des mammifères et des OISeaUx. |
Des organes génito-urinaires de l’'autruche.
Les organes génito-urinaires de l’autruche m’ont paru un moment inextricables : Je suis toutefois parvenu à les déterminer et à les ramener à ce qui est chez les oiseaux. Déjà M. Cuvier (Anatomie comparée, t. 3, p. 548) en avait traité commeoffrant une grande poche de figure ovale et servant de réservoir aux urines : il insista particulièrement sur deux sphincters placés au-devant du rectum, qu’il décrivit sous les noms d’anusinterne et d'anus externe. | RATER
Cependant ce qui m'avait ie privé d’apercevoir chez l’autruche les conditions de son type de famille était principalement une plus grande richesse d'organisation : étudiée la dernière, elfe me montra des organes dans un maximum de com: position que j'essayai de retrouver, au moins en traces légères, dans d'autres oiseaux. Je vis que les deux sphincters ôu les deux änus y existent en effet : mais la poche contenue entre ces deux termés (vestibule du rectum) diffère de capacité; elle: est de la plus grande étendue dans là poule, voyez pl VIE, fig. 5, lett. V, et dans le canard , mêmés planche et lettre, fig. 8. Nous devons nous rappeler que ces oiseaux ont, en revanche, leur vessie url naire dans un état rudimentaire. L’autruche nous
done la cléf de ces différences, Chez elle le vestibule du rectum n'est qu'une poche exiguë, une portion de cylindre dégagée et saillante, comme la partie avancée d’une cannelle; mais cette poche occupe le centre d’une autre très-considérable, qui est précisément le réservoir urinaire. Aïnsi les oiséaux qui ont le vestibule du rectum très-évasé ont qu'un rudiment de vessie urinaire, et ceux au contraire chez lesquels la poche vestibulaire est fort petite jouissent en revanche d’un réservoir à ürines aussi considérable que l'est celui des mam- ‘mifères. C’est donc ici, comme partout ailleurs, un effet de notre loi du balancement des organé, un ordre inverse et réciproque de la proportion de certaines parties correspondantes :’une dimension ‘est acquise d’un côté au préjudice d’une autre ‘dimension, et vice vers. | | “9 L’autruche,mais toujours dansdes cas semblables, ‘st sous d’autres rapports différente de la poule : ce sont toutes parties analogues, qui se ressentent également des changemens de grandeur relative . que je viens de signaler. Je n’ajouterai rien de plus à cet égard, venant récemment de présenter eu détail ces mêmes observations. J’engage à recourir à .- mon dernier mémoire, intitulé : Des organes génioürinatres de l’autruche et du casoar : ce mémoire que je dois placer dans le neuvième volume du second recueil dés professeurs du Muséum d'His-
toire naturelle, sera accompagné d’une planche trés-instructive. |
J'observerai au surplus que les éspérances que javais fondées sur ces recherches ne se sont, pas réalisées : 1l n'y a à ce moment d'acquis pour les faits généraux que la connaissance de:la différence proportionnelle de la vessie urinaire et du vestibule du rectum chez l’autruche et chez ses congénères. Si donc ces recherches ont cette ‘utilité, qu’on acquiert par elles une certitude plus grande de ce qu'est la vessie urinaire chez le plus grand nombre des oiseaux (détermination pour la justification de laquelle la petitesse de cet organe n'avait pas laissé précédemment assez de prise), je ne retire cependant de ce travail aucun avantage sous le rapport d’un nouveau jour propre à éclairer l’importante question de la situation respective des parties. Chez lautruche, aussi bien que chez tous les autres o1-
seaux, le rectum débouche dans la.vessie; et les” urétères, tout au-devant de celle-ci, occupent. une position relative absolument différente, de ce qui
est chez les mammifères.
Des organes génito-urinaires des monotrèmes. |
Il est un autre système sexuel, celui des monotrèmes, dont les formes se font remarquer par un haut desré d’anomalie : c’est ce qu’on a d’abord
417) ignoré, et ce qui rend problématique la détermination qu'on en a présentée. Cette détermination a été donnée à peu près dans le même temps, et inévitablement presque de la même maniere, par les deux plus grands anatomistes d'Angleterre et de France (1), parce que, également préoccupés de l’idée que les monotrèmes appartenaient au groupe des mammiferes, ils avaient dü conclure tous deux de cette supposition que les monotrèmes et les mammifères ne présenteraient aucune différence essentielle dans leurs organes sexuels, Ayant étudié les monotrèmes sous de nouveaux rapports, je ne partage pas l'opinion de ces maitres de la science. Les monotrèmes ne sont, à mon avis, dans un rapport de famille avec aucune des quatre classes d'animaux vertébrés ; ils devront former une classe à part, bien qu'ils ne soient encore composés que de deux genres, les ornithorinques et les échidnés : car, quoi qu'il arrive à cet égard, on ne peut se refuser à les considérer, ainsi que l’a déjà fait mon célèbre et savant confrèresM. de Lamarck (2), comme des êtres paradoxaux, tenant le milieu entre
(1) M. Évérard Hôme, dans les Transactions philosophiques, année 1802; ce savant y traite d’abord de l’ornithorinque, p. 67, pL. IV, et plus bas de l’échidné, p.348, pl. XII; et M. Cuvier en 1805, Lecons d'anatomie comparée, t. b, p. 366, pl. LI.
(2) Philosophie zoologique , 1809, t. 1, p. 149.
les mammifères et les oiseaux. Il convient en effet de les ranger dans une classe à part, si l’on veut, fixé sur le degré'de leur composition organique, rester fidèle aux règles tracées par les affinités naturelles. |
Dans le vrai, les monotrèmes sont des animaux ovipares. Nous tenons ce fait, du moins quant à lornithorinque, de MM. Hill et Jamieson. Tous deux ônt pris à tâche de nous en informer, M. le docteur Hill, tout récemment revenu de la Nouvelle-Hollande, dans une lettre (r) qu'il a écrite de Liverpool, à sir G. Mackensie; et M. le chevalier Jamieson, en prévenant son ami le célèbre entomologiste M. Macleay d'un prochain envoi d'œufs d’ornithorinque, qu’il lui destinait (2). M. Hill attrapa une femelle pleine qu'il disséqua, et chez laquelle il observa un œuf de la grandeur d'un pois; il ajouta savoir des naturels du pays que Panimal forme un nid pour y déposer deux œufs.
Ayant réfléchi sur la conjecture de M. de Blainville, qui, pour ‘expliquer l’absence des mamelles chez l'ornithorinque, absence combinée avec d’autres faits de l’organisation des mammifères, faisait
(1) Voyez l’Edimburgh philosophical, douzième numéro, avril 1822.
(2) Lettre de M. W. Sharp Macleay esq"*; sous la date de
Londres, 29 mai 1822.
sortir les monotrèmes du sein de leur mère en état de se suffire sous le rapport de la nourriture (x), et trouvant dans une extrême étroitesse du bassin des raisons pour me refuser à admettre cette supposition, j'en étais venu à penser que les monotrèmes devaient se distinguer par un mode de génération qui rappelàt à quelques égards celui des batraciens. C’est frappé de cette idée que j'écrivis en 1818 les annotations du premier volume de ma Philosophie anatomique, pages 495 et 5o2, et que dès lors je regardai les monotrèmes comme formant une classe intermédiaire entre les oiseaux et les mammifères.
J'ai sous les yeux un dessin très-soigné des organes sexuels d’un ornithorinque femelle, qu'a fait sur ma demande notre habile artiste M. Huet; mais, en attendant que je trouve à l’employer, je vais décrire ces organes en faisant usage d’une figure des Transactions philosophiques ,année 1802, pl.IV, n° 2. Je dirai de plus quelles sont les rectifications ou les additions à ce travail, que je dois à une trés-attentive observation.
Au delà du bassin et plongeant dans l’abdomen est une grande poche entièrement sphéroïdale (représentée ellypsoïdale par Hôme, et numérotée K.). On l’a prise jusqu'ici pour la vessie urinaire; et 1l faut avouer que c’est bien cela qu'indique sa situa-
(1) Bulletin des sciences | année 1818, p. 28.
tion, si l’on s’en rapporte à l’organisation des mammifères. Mais voici quelques motifs pour en douter et peut-être pour abandonner tout-à-fait cette détermination. C’est aussi en ce lieu la place de l'utérus des oiseaux ; les urétères n’y aboutissent pas, et ce sont au contraire les oviductus qui confinent à son unique ouverture (r). Il y a exactitude dans le tracé des orifices des deux oviductus LL et de celui I de là grande poche.
Chaque orifice d’oviductus est gouverné par un froncis du derme, ou par un sphincter favorisant la sortie des produits de l'ovaire, et ne s’ouvrant au contraire à rien d'extérieur. Comme il plaït à l'animal, cette entrée, tenue bäillante, prend la forme de la bouche d’un entonnoir, ou bien, en se fermant, ne laisse plus apercevoir qu’une simple fente, laquelle même disparait par l'emploi de deux lèvres extensibles qui se superposent l’une sur l’autre. Entre le froncis dont il vient d’être parlé et ces lèvres tout-à-fait extérieures, existent donc un petit espace et comme une sorte de poche ves-
tibulaire.
J'entre dans ces détails pour en venir à un fait
(1) La nature du fluide contenu dans la poche sphéroïdale ferait cesser cette incertitude. Tous les fluides animaux se ramènent à deux principaux, le mucus et l’albumine : en les éprouvant par le feu, ils se distinguent, l’albumine en se coagulant, et
le mucus en passant à une toute autre altération.
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qui m'a paru aussi extraordinaire que je le crois susceptible d’une grande influence : c’est l'existence d'une bride tégumentaire occupant le travers de cette petite poche. Ainsi les produits de l’ovaire, traversant l'unique conduit d’un oviductus, trouvent, après avoir dépassé le froncis ou le sphincter interne, un diaphragme qui les oblige à se partager en deux moitiés semblables, et par conséquent à se répandre au dehors en s’écoulant par deux orifices. Ce diaphragme est si frêle, qu’il faut croire que ce n’est pas par un œuf bien consolidé qu’il se trouve heurté. Sans doute, ce sont des germes fort petits ou simplement des fluides albumineux qui traversent ces issues.
Nous avons vu plus haut que chaque oviductus a ses orifices au confluent de l'entrée de la poche sphéroïdaleK.. Serait-ce dans cette prétendue vessie urinaire, ou, selon notrenouvelle maniere d’envisager cet organe, dans l'utérus, que les élémens de la reproduction se disposeraient pour prendre Îa consistance et l’apparence d’un œuf?
Si je continue à lire l’organisation des appareils sexuels des monotrèmes sur celle correspondante des oiseaux, ce qu'une grandesimilitude des mêmes organes m'invite à faire, Je nomme ad-uterum le canal O, donné pour utérus par M. Hôme; appeant, au surplus, avec lui et comme lui les autres
( 422) parties de l’oviductus, savoir, le tube de Faloppe, létt. N,et l'ovaire, lett. M.
Ge qui reste observable sur la ligne médiane appartiendrait à l'appareil de copulation. Ainsi à la suite des orifices des deux oviductus et de l'utérus existe une longue poche, ou mieux un long canal, qui va déboucher dans le rectum.'Elle est très-certainement dans la dépendance de l’organe sexuel, puisqu'elle est entièrement remplie, durant l'acte de la copulation, par le pénis du mâle, et que nécessatrement les produits consolidés de la génération la doivent traverser. C’est sous ce rapport que M. Hôme à considéré cette poche, d’ou il s'est au-
torisé à la regarder comme un vagin: Voyez la lettre G.
Cependant c'est aussi dans ce canal qu’aboutissent les urétères. Je ne sais si c’est en appréciant cette circonstance que M. Cuvier a considéré ce long canal comme le col, à la vérité démesurément agrandi, de la vessie; car, pour M. Cuvier, la grande poche sphéroïdale K est une véritable vessie urinaire. Ainsi ce qui est déterminé vagin par M. Hôme est régardé comme l’urètre par M: Cuvier : mais, de plus, j'entrevois comme possible une troisième détermination; et en effet, si la grande poche sphéroïdale K est véritablement l’analogue de l'utérus des oiseaux, le canal G (vagin de Hôme, urètre de
Cuvier) ne serait autre que la vessie urinaire ellemême. Ce canal est disposé comme un manchon, avec une issue à chaque bout; mais c’est ainsi qu'est la vessie urinaire des oiseaux. La différence entre les deux familles consisterait en cela, que la vessie urinaire des oiseaux a son ouverture d'entrée dirigée sur le rectum, et l’ouverture de sortie sur le vagin, quand la vessie urinaire des monotrèmes aurait la première aboutissant sur l'utérus, et la seconde versant dans le rectum.
On ne pourra donner avec rigueur la solution de ces questions que quand on aura observé sur le frais toute cette singulière organisation. Espérons que l'utilité de pareilles observations (1) excitera le zèle des anatomistes que les fonctions de médecin ont fixé ou fixeront à la Nouvelle-Hollande.
Ce qui pourrait faire pencher pour les déterminations de M. Cuvier, c'est que la petite bourse par laquelle se termine chaque ad-uterum contient, en
(1) Questions a répondre. Où sont reçues et contenues les urines? Serait-ce dans la grande poche sphéroïdale située au delà de l'insertion des oviductus, poche K ? ou dans le long canal G, en-deca des oviductus, et dans lequel versent les urétères ? ou bien dans le dernier de tous les compartimens, À, étant une dépendance du rectum ou le rectum lui-même ? Si c’est à un tout autre fluide que la grande poche sphéroïdale donne accès , examiner la nature de ce fluide en essayant de le coaguler
par l’action du feu.
petitetcomme dans un état de contraction;,lesyphon vaginal des didelphes. C’est du moins de cette manière que J'envisagerais la bride qui fait la traverse de cette petite bourse; et l’on sait que l'existence simultanée des mêmes os sürnuméraires du bassin chez les deux familles a déjà fait croire à l’affinité des monotrèmes avec les animaux marsupiaux.
Dans tous les cas et quelque détermination qu'on admette, l’anomalie de ces organes sera toujours considérée comme portée au plus haut degré : car le canal G est-il un vagin (ce dont il fait très-certainement fonction, soit quand le pénis du mäle s'y introduit, soit quand les produits génitaux s’en écoulent)? il est de plus aussi un canal approprié aux urines, lesquelles ou le traversent, comme dans un urètre, ou s’y accumulent, comme dans une vessie urinaire,
Au contraire, considérera-t-on ce même canal G oucommeun urètre ou comme une vessie urinaire? Le pénis du male y est reçu, et il n’est pas d'autre conduit pour la route à suivre par les œufs ou par les petits, si ceux-ci éclosent avant la mise-bas. :
Pour compléter ce tableau, ajoutez cette autre considération, qu'il était vraiment impossible sur les données connues de l’organisation de pressenür, c’est que le canal G verse dans le rectum, et que par conséquent une portion des intestins parücipe à toutes les fonctions dépendantes des
trois systèmes séminifères, urinaires et excrémentitiels. ù
Je ne me serais pas borné à indiquer comme la plus probable l'opinion de M. Cuvier, mais je me serais franchement prononcé pour elle, sans une circonstance qui procure à mon esprit la plus grande préoccupation; c’est que, si la poche sphéroïdale K se trouve étreune véritable vessie urinaire et le canal G son urètre, les oviductus viennent rompre les rapports nécessaires de ces deux organes en s'ouvrant entre la vessie et son long goulot. Je ne puis trop appeler l'attention sur ce fait; il est fondamental en philosophie,
S X. DiscussION SUR LE CARACTÈRE D'INVARIABILITÉ DU PRINCIPE DES CONNEXIONS.
D'une exception à opposer à cette règle.
Ces trois voies excrémentitielles, urinaires et génitales se trouvant confondues chez le podencéphale, il me parut que ce désordre serait un jour considéré comme une objection sérieuse contre le principe des connexions. J’ai donc fait tous mes efforts pour débrouiller ce que cette question pouvait offrir d’obscur, d’abord dans les cas les plus simples, c’est-à-dire chez les animaux restés fidèles au type de leur organisation classique. C'est ainsi
que je me suis trouvé engagé dans la discussion que nécessitent les faits des précédens paragraphes. Au lieu de pouvoir expliquer par la réduction éprouvée de plus en plus. et finalement par l'absence d'un organe intermédiaire le rapprochement et le nouveau voisinage de deux organes habituellement éloignés l'un de l’autre, ce que j'avais, dans le commencement de ces recherches, présumé pouvoir étre, J ai trouvé d’autres faits correspondans à ceux de mon point de départ; c’est-à-dire qu’au fur et à mesure que J'ai parcouru tous les degrés comparables de l’organisation, j'ai trouvé chez les êtres normaux encore plus de-variations, et en apparence des variations encore plus dissonnantes que dans les monstruosités humaines.
Mes recherches, en s'étendant, aggravaient ma situation; cela même m'excita à les poursuivre sans relàche. Ce que je voulais, surtout pour moi, c’était une conviction pleine et absolue, comme ce que je dois à ceux qui me feront l'honneur de consulter cet ouvrage, c'est de penser et d'écrire en me plaçant pour ainsi dire sous leurs yeux. Rien de ce que j'avais pressenti ne s’est vérifié, de ce que j'avais essayé ne m'a réussi. Jai étendu bien davantage le cercle de ces considérations en examinant dans les mêmes vues les organes sexuels des reptiles, des poissons et des insectes. IL en est résulté que j'ai embrassé dans ce coup d'œil un champ des plus
vastes et des plus curieux, un champ d’une fécondité à me donner le plus vif désir de reprendre la rédaction d’un travail anciennement commencé sur les organes sexuels ; mais d’ailleurs les relations et l’'amalgame de ces organes avec les derniers rameaux des voies intestinales et urinaires ont accru mes difficultés en me faisant connaître un plus pt nombre de diversités.
Ce sont ces diversités qu'il faut rassembler dans un résumé et comparer entre elles, dans quelque état d'exception et d’objection qu’elles se présentent relativement à notre loi des connexions. Pournous en tenir aux sujets qui sontexposés précédemment, nous remarquerons que le rectum débouchant séparément chez les mammifères, il n’est là que deux voies confondues ensemble, les organes sexuels s’ouvrant dans les dernières routes de l'appareil urinaire; et qu’à l'égard des monstruosités, des oiseaux et des monotrèmes, chez lesquels les trois voiesse confondent ensemble, ontrouve les variétés suivantes.
1° Chez le podencéphale. Le rectum débouche le premier vers le col de la vessie, par conséquent dans l’urètre et à son origine. Ce sont ensuite Îles canaux séminifères qui s’'insèrent et s’introduisent dans ce conduit, mais qui s’y rendent un peu plus loin; et définitivement l’urètre reste seul. pour conduire au dehors les trois excrétions possibles.
2° Chez les oiseaux. Le rectum prend la vessie urinaire au point extrême de son prolongement dans l’abdomen, y pénétrant vers son fond: celleci, privée d’urètre, a son autre issue s’ouvrant dans une dernière poche, Ses fait partie de l'organe sexuel.
3° Et chez les monotrèmes. L’organe sexuel occupe au contraire une position toute centrale, ‘allant se grouper très-profondément avec les diverses parties de l'intestin : il débouche dans les voies urinaires, que nous avons vues formées par un long canal; puis et enfin,'celles-ci se rendent dans un dernier conduit, qui est ou le rectum lui-même, ou sa poche vestibulaire.
De telle sorte que le dernier cohirpétthant dépend, chezle Podencéphale, del’appareil urinaire ; chez les Oiseaux, de l'appareil générateur, et chez
les Monotrèmes, de Pappareil intestinal.
L’exception au principe des connexions qui résulte de cette discussion, et qui, surtout dans ce résumé, parait si manifeste, forme-t-elle réellement une objection qui doive faire renoncer à lusage pratique de notre règle fondamentale? Noûüs n'avons rién dissimulé de sa force, et c’est avec la même sincérité que nous allons donner quelques explications qui pourront la montrer plus spécieuse que véritablement décisive.
Que l'exception précédente n’est point destructive de la règle dite le principe des connexions.
Si nous devons rester invariablement attachés aux idées complexes que les premières études d’anatomie nous ont procurées de l’amalgame et de la fusion des dernières issues des appareils sexuels et urinaires, il faut abandonner tout espoir de trouver l'ordonnance primitive et génératrice, la haute condition et comme l'idéal de ces faits organiques, et regarder par conséquent comme insolubles les difficultés qui nous occupent. Il est cer tain que, dans certains cas, les organes sexuels viennent s’aboucher par les côtés au tuyau terminal et comme au goulot de la vessie urinaire ; que, dans d’autres, ils fournissent le dernier compartiment de tous les canaux excréteurs; et, comme si ce n’était assez de ces relations inverses à l'égard de l'extérieur de l’animal, que le rectum vient de plus compliquer ces désordres en fournissant un exemple de trois autres combinaisons, se faisant suivre ici par la vessie et le vagin, là tout au contraire précédant ces deux organes, ou bien encore se glissant entre eux pour s’introduire dans celui des deux qui débouche au dehors.
Mais les difficultés qui nous arrêtent ne proviendraient-elles pas de ce que l’on aurait, sans
s’en apercevoir, conclu du particulier au général, et abusivement ramené à un seul fait les élémens de plusieurs ? Pour avoir vu s’opérer chez l'homme la fusion des derniersrameaux des appareils sexuels et urinaires, s’ensuit-il une nécessité absolue de relations entre ces organes? C’est, à mon avis, ce qu’on ne saurait raisonnablement admettre.
Mais je vais plus loin. Cet amalgame serait constitutionnel dans toute l’organisation, serait-on pour cela autorisé à y voir un arrangement contraire aux superpositions prescrites par le principe des connexions ? Je ne le pense pas.
Consultez les conduites d’eau quisont répandues dans de grandes villes. Que vous dirigiez un tuyau d’une capacité moindre sur un tuyau principal, changerez-vous les relations des deux moitiés, ascendante et descendante, de la conduite principale, parce qu'il arrivera à celle-ci de s'ouvrir sur un point pour l’abouchement d’une branche latérale? Si ces conduites sont en bois, ne sont-ce pas les mêmes fibres qui se prolongent en dessus comme au dessous du vaisseau anastomosé? Que résulte-t-il de cet amalgame? L'obligation pour la moitié inférieure de satisfaire à l'écoulement de deux filets d’eau, l’un provenant de la mère-branche et l’autre du rameau latéral, c’est-à-dire la nécessité de cumuler deux fonctions, au lieu d’une seule remplie précédemment.