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Cet exemple, qui expose à tous égards et de la manière la plus précise les conditions de soudure des organes que nous considérons, doit nous rassurer contre la crainte de voir le principe des connexions succomber dans cette occasion.
Mais nous n’en sommes pas réduits à cette seule explication. Nous aurons à nous défendre de conclusions hasardées, d’opinions fondées et généralisées sur une seule observation. On a vu chez l’homme les canaux déférens s'ouvrir dans une conduite propre à la semence comme aux urines. Ces fluides sont de nature tres-différente, et ils ne se mêlent jamais, étant rendus à des heures différentes. Ce fut assez pour qu'on se bornät à remarquer là une convenance parfaite ; et comme, lorsqu'on observe les détails d’un fait organique isolé, on ne peut démêler ceux qui exercent une plus grande influence, on est tenu d'apprécier chaque circonstancé au même degré et sans préférence. Ainsi on vit dans l’urètre un canal tout aussi favorablement approprié à l’éjaculation d’un fluide qu’à celle de l’autre. En restant sur cette spécialité d'idées, on a fini par croire que les choses ont toujours été ainsi, parce qu'il ne pouvait arriver qu'elles fussent autrement.
On ne saurait être renfermé dans un cercle d’idées plus circonscrites : c’est de là qu'il nous faut partir pour nous élever aux considérations générales
de l’Anatomie philosophique. Il est trois systèmes indépendans, l’un qui opère la conversion des matières alibiles, un second qui s'applique à la dépuration urinaire, et le troisième qui élabore la substance destinée à la reproduction des êtres. Vous oublieriez donc l'indépendance d'actions, de buts et et de résultats de ces trois grands appareils? Eh quoi! quand ces appareils ont satisfait à leur essence et qu'ils se sont épuisés pour donner une œuvre achevée, s'ils font dégorger leurs produits dans un même réceptacle, cela deviendrait pour eux un lien qui serait indissoluble, qui les mettrait pour toujours dans une dépendance mutuelle et nécessaire ? En prendre cette opinion, ce serait méconnaitre que c’est presque au hasard qu'ils doivent que leurs dernières issues se rapprochent, se greffent et s’anastomosent ensemble.
J'ai traité, page 330, de la nécessité qui entraine ces appareils vers les mêmes lieux, et J'ai de plus fait voir qu'ils sesoustraient à cetteobligation toutes les fois que le tronc est tenu plus au large à son extrémité postérieure. Et en effet, j'ai fondé cette dernière considération sur l'exemple de la taupe femelle (voyez pl. VIT, fig. 15), l'ayant montrée pourvue de trois pertuis correspondant; celui de la lettre &, à l’orifice de la voie stercorale, de la lettre à, à l'entrée du vagin, et de la lettre c, au méat uri-
naire.
Ainsi chacun des trois grands appareils tend à porter au dehors son intestin terminal; et, s’il n’y réussit pas également, le rétrécissement seul du tronc s’y oppose. Autant de tubes intestinaux que d'appareils qui les engendrent, s’avancent sur les dernières ou la dernière des issues communiquant avec le monde extérieur. Ce sont comme trois arbres disposés parallèlement et plantés assez près pour pouvoir se toucher dans toute leur étendue. Laissez faire au temps, et voyez ce qui adviendra : ces arbres croitront en largeur; et finiront par se greffer; mais nécessairement ils croitront inégalement, et ce sera aussi de façon que le mieux venant se développera de mème trés-différemment sur toute la longueur de sa tige. Celui-ci, comme le mieux portant, soumettra à lui les deux autres. Cependant, tout en se liant ‘à ces derniers, ou même, tout en les embrassant dans le même travail organique, il n’apportera, il ne saurait apporter aucun trouble aux relations des fibres longitudinales des uns et des autres, tant au-dessus qu’audessous des points d'anastomose. Chaque üige reste nécessairement indépendante, comme chacune de ses parties est également tenue de rester fidèle à ses connexions.
C'est de cette manière que se conduisent les tubes terminaux des trois grands appareils ; c’est de cette facon enfin qu'ils s’anastomosent à. des dis-
JT. 28
( 434 ) tances très-diverses les uns à Pégard des antres, selon qu’une nourriture plus abondante excite l’une des parties à prendre pa de volume et à s'étendre davantage. | ALES,
Du principe des connexions, ayant élé considéré comme n'étant point une rÉg'e EURE Abu #
6 est ici le lieu de faire arriver sur nos s théories, et en particulier contre le pacs des connexions, une dernière objection, qui n’a cependant d’importance qu’en raison de la source dontelle émane. M. Meckel ne croit pas à linfaillibilité de ce prin- | cipe. Or, , je ne mé le dissimule pas : ce célébré | professeur EUR un des premiers rangs parmi | les
WI,3 JL:2"
‘son tt bien digne de faire autorité. | oi 4 Après avoir transcrit le paragraphe de mon premier volume, : page 405, dans lequel je dis le prin=\ cipe des connexions INVARIABLE, etoù J, ‘ajoute qu "ur | organe est plutôt anéanti que transposé, M. Meckel poursuit ainsi : . à « Très-souvent en CRE et méme ii. plus ordinai- «rement, la nature observe cette LOI jusqu’ à s'y « conformer d'une manière pédantesque : cependant «il arrive qu'elle ne s’y attache pas absolument
«toujours. (1 bal ce qui est vrai tout aussi bien du
CS
(r) On a'faitäei ee rès-hant cette’ obsétvation critiqué
(435) « rapport de quelques parties entre elles, que des « relations qu'ont les divers systèmes les uns à « l'égard des autres (1). »
L'auteur à fait suivre et précéder ces assertions de détails qui servent de développemens à sa pensée : c’est un coup d’œil superficiel de l’organisation, où quelques exemples de variation sont rapportés, et dont il est fait, je crois, une fausse application au principe des connexions. M. Meckel cite les connexions quelquefois insolites des reins; j'en ai signalé dans ce volume de plus extraordinaires, et j'ai montré ce qu'il faut penser de ces exceptions dans le paragraphe de la page 192. Il est de plus manifeste, parles efforts que je viens de faire encore toutrécemment, que j'ai moi-même été au-devant de ces difficultés et de bien d’autres ; en sorte que, si je devais succomber dans cette lutte, ce serait du moins en
d’un célèbre étranger : un journal de médecine en a informé le public. Que cette fiche de consolation calme les douleurs en- Vieuses de l’esprit de rivalité! que, pour donner du repos à son irritation, sa malignité se complaise en cette joie! je n'empêche.
(x) Häufig , sehr allgemein sogar, bindet sich die Natur fast pedantisch an dieses Gesetz; allein sehr hüufig befolgt sie es nicht. Dies gilt sowokl für Theile desselben als verschiedener Systeme, und Abweichungen von dem allgemeiner befolsten Typus kommen sowokl im regelmässigen, als im regelwidrigen Zustande vor. System der vergleichenden anatomie, von J. F. MecreLr, 1827, S. 217.
galant homme, qui préférera toujours à des intérêts qui. lui sont chérs l'intérêt plus sacré de la vérité. M. Meckel insiste sur des déplacemens qui ont lieu jusque dans le même individu; tels, par exemple, que ceux des testicules, renfermés d'a: bord dans l'abdomen, et logés plus:tard dans: les, bourses. Loin qu’on puisse arguer, ce me semblé; de ce fait contre le principedes connexions, je n’en: irouve point de plus favorable pour.en faire juger l'essence et pour apprendre à en faire un usage judicieux. Pratiquez sur un lapin nouvellement tué le déplacement de ses testicules ; vous pourrez: (je l'ai souvent expérimenté) produire instantanément les changemens que les développemens organiques introduisent avec l’âge dans le même individu. Les testicules, sous les doigts s’exerçant aw travers de la peau, rentrent à volonté dans la cavité abdominale, ou en sortent sans la moindre diffi= culté, Direz-vous que la loi des connexions pour: rait éprouver de cette démonstration un échec? Quel changement serait-il donc survenu ? I” organe glisse dans une gaine qui lui est fournie aux dépens du derme: voilà tout l'événement. Or il tombe sous le sens que c'est sans inconvénient pour ses con“ nexions propres et réelles, puisqu'il ne saurait être en contact avec les divers points superficiels de sa gaine qu’accidentellement et momentanément. Ge avec quoi un testicule est engagé dans d’essentielles
relations, c’est avec le cordon spermatique, qui te üent en suspension : donc, quelque chemin qu'il fasse en dedans comme en dehors de l'abdomen, il n’y manque, il n'y saurait Jamais manquer. Voilà comme Je comprends le principe des connexions, et dans quel cas je le dis d’une application universelle. |
Je n’ai point été entendu de M. Meckel; et j'aurais enfin à remarquer que toute cette discussion de son nouvel ouvrage n'est nullement empreinte de la touche d’un maître, si je pouvais oublier que je suis dans une situation de défense personnelle qui m'interdit toute récrimination.
Une seule: des observations de M. Meckel est réellement et habilement dirigée contre le principe des connexions ; c’est quand ül dit: «La moelle «épinière se: transporte, chez les animaux sans « vertèbres, de la partie dorsale à la partie infé- «rieure du corps, s'y trouvant fort au-dessous du « canal intestinal, qu’elle recouvre au contraire «chez les animaux vertébrés. »
D’autres anatomistes n’ont point vu là de dérogation à la règle ; mais ils ont fui une difficulté pour tomber dans une erreur des plus grandes. D'après ce qu'ils ont imaginé, Le système nerveux, dit le grand sympathique, tiendrait lieu de la moelle épi: nière chez les insectes. Autant vaudrait admettre l'existence d'un arbre tout en branches terminales
(458 ) et sans tronc qui l’attachât au sol, celle d’une chose avec fin sans commencement.
Mais sur ce pied, dira-t-on, l’objection deM. Meckel n’en a que plus de force. Qu'on se désabuse ; c’est au moment même de succomber que le principe des connexions manifeste le mieux toute sa valeur comme moyen de recherches. On n'avait genie généralement la situation de la moelle épinière chez les insectes : pour prononcer en connaissance de cause sur ses réelles connexions, il fallait l’étudier plus attentivement, en suivre toutes les dérivations, et observer jusqu’à ses plus minutieux rapports. Qu'est-il résulté de ces recherches? C’est que j'en suis venu à trouver que tous les organes mous, c’est-à-dire les organes principaux de la vie, sont reproduits, chez les crustacés nommément, et par conséquent chez les insectes, dans le même ordre, dans les mêmes relations et, avec le même arrangement que leurs analogues chez les hauts animaux vertébrés. L’anomalie n’est point dans une distribution insolite et irrégulière: des organes les uns à l'égard des autres, mais dans le rapport de tout l’animal relativement à la partie de son corps qui, durant la marche ou la station, regarde le sol. Un crustacé, pour me servir du langage consacré, nage ou marche, le ventre étant constamment tourné du côté du ciel. C’est doncun autre mode de rapport du corps avec la terre; ce
(459 ) qui nedoïit pas plus surprendre que de voir l'homme se maintenir dans une situation verticale, «et les pleuronectes nager dans l’élément ambiant, étant couchés, les uns sur le flanc droit, et les autres sur le flanc gauche. Je renvoie, pour Le détail de tous ces faits, au mémoire que je viens d'imprimer, lequel a pour titre : Considérations générales sur la-vertèbre. Voyez t. 9» P+ 89: de la seconde collection du Muséum d'Ilistoire naturelle.
Mais, voudra-t-on encore: ajouter, pour que le principe des connexions ait paru à l’un des premiers anatomistes de l’époque une question toujours problématique, 1l fant que cette question: renferme en sot une certaine obscurité, un vague à faire craindre pour sa solution. Oui, sans doute; c'est une question abstruse, comme on en trouvera de plus en plus dans les sciences/au furet à mesure qu'on s'occupera de les approfondir. Qu'on veuille bien donner attention à ceci : le principe des.connexions est, suivant moi, l’unique moyen d’avoir le rapport exact de toutes les existences de la nature organique, puisqu'il est la première base etl’unique source des connaissances positives de l'anatomie comparative. Si donc il eüt été si facile de le découvrir, sans doute qu'avec le besoin de l'esprit humain d’asseoir sa philosophie sur une base solide, il y a long-temps que ce guide tout-puissant eût été employé, et que: son action directrice eût donné
(440) plus de valeur à tant d'entreprises et d’investigations. sur la nature de l’homme et des animaux.
Du principe des connexions, considéré comme anciennement compris parmi les règles de l’histoire naturelle.
Vous ne pouvez citer aucune découverte de quelque importance qu’elle n’ait passé par deux filières successives. D'abord, on ne vous croit pas; puis, cela prend-il dela consistance, sur le moindre prétexte, pour un à peu près qui se trouve dans un ancien, et le plus souvent sur un mot dont on commente et tourmente le sens, on vous prive de votre invention. N’en soyons pas surpris : les moralistes placent au nombre des maladies de Pesprit humain cette disposition qui nous porte à repousser d’abord ce que nous sommes plus tard si flattés de comprendre dans le trésor de nos conquêtes intellectuelles. |
On vient de voir qu’en 1821 le principe des connexions est resté problématique pour un des meilleurs esprits de l'Allemagne. En France, au commencement de année 1820, on m'a opposé qu'il servait depuis long-temps de règle aux naturalistes. « Ce principe, a écrit mon célèbre collègue « M. Latreïlle (x), est le même que celui des inser-
(1) Voyez Passage des animaux invertébrés aux vertébrés,
(441) « tions, dont les botanistes font tant de cas, et que j'ai « aussi employé depuis long-temps.» Cette assertion d’un de mes meilleurs amis, d’un des plus savans naturalistes de cette époque, m'a affligé sous le rapport de la nécessité où je me suis trouvé de la combattre.
Et en effet, j'avoue que, quand dans le sein de l’Académie des Sciences j'entendis affirmer que le principe des connexions était d’un usage habituel chezles naturalistes, je mis autant de vivacité à contredire cette assertion que j'avais jusque-là employé de patience à répondre à toutes les observations qui m’avaient été faites sur la solidité et la justesse de la loi nouvelle. J'improvisai aussitôt une réplique ; et, comme j'en veux finir sur les caracteres et le mérite de cette loi pour n'y plus Jamais rèvenir, je vais rapporter ici quelques fragmens de ma réponse.
« Qu'on ne s’y trompe pas : il y a loin d'une proposition pressentie à une proposition démontrée. D’autres, il est vrai, d’autres, avant moi, ont attaché quelque valeur à la considération des connexions : Jajouterai même, plus ce sentiment a parlé aux naturalistes, et plus leurs conceptions en ont obtenu de force et d'intérêt philosophique.
p. 24; opuscule (44 pages in-8°) qui a paru chez Déterville, li-
braire, rue Hautefeuille.
( 442) Mais c’est de cette manière que je crois àla notion acquise de ce principe et à son influence autrefois dans les sciences qui traitent du rapport des êtres.
« Cependant: Linnæus s'était assez clairement expliqué quand il posa cette règle : Sciant nullam partem universalem magis valere quam illam a situ (Class. pl. p. 487). Mais, comme s’il ne l'avait écrite que d'inspiration, et qu'il n’y attachät réellement aucune importance, il la négligea tout-à-fait dans la pratique. Pour lui avoir au contraire accordé plus de confiance, M. de Jussieu marchaavec plus. de bonheur sur la partie philosophique de l'histoire des plantes. ‘
« Ainsi, dans les arts de Armastnitiset les chefs d'œuvre ont précédé les théories, parce qu’au dé-. but de chaque carrière le génie marche sans règles; mais, en définitive, les heureuses inspirations des . grands maitres rentrent dans un caractère commun dont l’expression constitue des règles constantes. pour le goût. | à
« Ce fut de même en histoire titane Un-sentiment vague, le besoin d’exactitude dans une détermination ou une explication à produire, ontfait recourir à l'insertion, à la situation, à la Connexion des parties; mais ce qui prouve qu’alors le principe des connexions était loin d’offrir le caractere d’une loi invariable, c’est Île rang qu'il a occupé dans l'esprit de ceux mêmes qui ont paru lui accorder
(443 ) le plus de confiance. D’après l'expérience, a dit M. de Candolle, {es caractères qui tiennent à la position des organes ont un grand degré de fixité (Taxonomie, t. 2).
« C'était sans doute à la science qui avait le plus d'organes et le plus d’actions à considérer, à s’élever à un ordre plus absolu de généralités ; et, tout au contraire, On ne tint compte d'aucune de ces idées dans les anatomies comparatives d'animaux qui furent publiées : la forme des organes et leurs fonctions furent deux renseignemens préférés, Subordonnées à ces deux premiers motifs, les connexions narrivaient qu'en troisième lieu, pour n'être consultées que dans des cas indispensables. Ainsi, ce qui devenait la source de toutes Les infinies diversités des êtres, ce qui était par conséquent variable dans son essence, je veux dire la physionomie particulière de chaque organe, était consulté de préférence à la considération d’une mutuelle dépendance des parties, à ce qui n’admet ni caprices ni exceptions, enfin à la seule chose qui soit invariable. |
« Évidemment cette erreur de logique tenait à l'habitude de considérer les espèces une à une, où ilest bien vrai, dans ce cas, que les formes sont au premier rang. Des habitudes avaient été coniractées en anatomie humaine, dont tous les travaux,
s'appliquant à des individualités, restent nécessairement oculaires. Là, réellement, les formes sont
tout ; elles assignent les fonctions, et c’est si par-
faitement , que leur moindre altération décide,
comme on le sait, du jeu plus ou moins heureux
et de l’action réciproque des organes. Mais arriver
avec ces idées faites pour procéder sur des séries: d'animaux et pour en embrasser les traits divers. dans des considérations générales, était-ce là mar-
cher du principe à la conséquence? N’eüt-il pas été plus convenable, ne devenait-il pas nécessaire de
changer sa méthode en changeant de sujet d'étude? Eh quoi! vous vous proposez de comparer des êtres. différens les uns des autres? Mais alors, que vous
vouliez fonder ces recherches sur la considération
des formes, quels motifs vous dirigeront dans l’exé:
cution de ce dessein? Lequel des êtres de la série
irez-vous choisir? En cédant à l'empire de lhabi-
tude, vous ne vous apercevez même pas que vous
tombez dans Parbitraire; car, quoi qu'ilarrive, vous
finissez toujours par procéder sur des différences, c'est-à-dire sur un éventuel sans liaisons.
« Le principe des connexions, au contraire, vous porte sur des similitudes fondamentales : rien n’en saurait ébranler les bases, dès que les organes grandissent par des développemens successifs, et qu'engendrés les uns par les autres ils donnent heu à
des produits qui reviennent dans les mêmes circonstances, et qui, sous ce point de vue, peuvent être et sont réellement comparables.
« Telles sont les réflexions qui me firent voir le principe des connexions engagé dans une fâcheuse association. Je ne me bornai point à l'en sortir : le méttre en première ligne eùt encore été insuffisant. Je proscrivis tout-à-fait les considérations de forme et d'usage, et ne voulus pour les connexions d’autre appui que cette autre proposition de la philosophie naturelle, que tous les animaux sont faits sur un seul et même type, c'est-à-dire que je donnai pour second à ce principe ce que j'ai appelé théorie des analogues (1). Je le déclare, ce n’est qu'après avoir
(x) M. Meckel déclare, dans la préface de sen dernier ouvrage (1821), ne point partager mon sentiment sur la nouveauté et sur l'importance que J'attache à ces vues ; et, quelques pages plus loin, il les reproduit, les faisant servir à fonder son propresystème de philosophie sur l’organisation. Ayant imaginé pour les exposer un langage différent du mien etmieux adapté aux formes de la métaphysique allemande , il a cru sans doute leur avoir imprimé par-là un caractère de nouveauté.
. L'organisation des animaux vertébrés peut-elle étre ramerñée &.un type uniforme ? Telle fut la question que je.posai en 1818. Énoncer alors ce sujet de recherches, c'était témoigner l’inten-. tion d'examiner, en ce qui concerne la structure des êtres vivans, l’un des points fondamentaux de la philosophie de Leibnitz. Ce vaste génie avait défini l’ordre de l’univers, la variété dans
l'unité ; concentration de vues qu’il ne nous est donné de con-
( 446 ) employé uñ grand nombre d'années à méditer sur les parties des animaux qui sont entre elles dans
cevoir que si nous avons nous-mêmes parcouru, dû moins en partie , la série d’idées innombrables dont se compose une aussi grande pensée.
M. Meckel, recherchant à son tour ce que d’aussi hautes spéculations auraient d’applicable à l'étude de l’organisation, adopta
lés vues et jusqu'au langage de l’école allemande. C’est ainsi qu’il admet deux lois principales; l’une dite de la variété (mannich- Jalägkeit), et l’autre dé l'unité (einheït), qu’il nomme aussi 0 de réduction.:Par sa loi de variété, il veut dire que la nature tend à manifester constamment des différences ; et par.sa oz de réduction, que toutes ces différences se peuvent réduire ou ramener à un iype uniforme. Or c’est précisément ce que j'avais établi, et ce que j’ai fait connaître sous le nom moins ambitieux de théorie des- analogues. Jene diffère de M. Meckelque parcé que j'ai jugé superflu dé rappeler mon point de départ. Une formule pour exposer un fait de cette évidence était sans doute inutile : autrement, de telles lois se multiplieraient à l'infini. C’est ainsi, par exemple, que la tendance à là formation des animaux, des Végétaux , s (CÉPRENT donc lot d’animalité, des ne etc.
: Maïs, de plus, éétte circonstance de la variété $e trouve implicitement dans ma proposition fondamentalé, puisque ce n’est qu’en considérant tout ce qu’il y a d’animaux divers que jé puis songer à réduire où à ramener tant d'organisations variées à une seule générale et philosophique, à un type uniforme.
Ma question posée en 1818 préparait donc les voies à cette solution : Le système de l’organisation animale ou l’ordre de . relation dés animaux peut et doit être aussi défini, /a variété dans’ l'unité.
une correspondance identique, que je me convainquis de plus en plus de l'efficacité de ces deux principes comme moyens d'investigation ; ils furent pour moi un guide, un instrument pratique, une sorte de boussole.
er« Jusque-là, pourra-t-on m’objecter, ce ne sont encore que des êtres métaphysiques auxquels on cherche en vain un caractere de réalité. J’ai prévu objection, et j'ai désiré de faire disparaître ce qu’ils conservaient encore de vague. Après tant d’heureux essais, je ne pouvais me méprendre sur leur nature; jé 'remontai à leur essence, et je traitai ce sujet dans le plus:grand ‘détail. Le discours préliminaire que j'ai placé en tête demon premier volume contient toute. cette discussion, c’est-à-dire toute ma-philosophie. : | 1@Cest donc à dater de cet écrit que je m'étais cru. et que je me suppose toujours autorisé à con“ sidérer comme changé:en une vérité démontrée ce quis'avant moi, pouvaitavoir tout au plus le caractère d’une: vérité de sentiment. »
Je rédigeai de suite ces idées , et leur donnaiï dès 1850 de la publicité en les imprimant dans un recueil périodique. Voyez le Journal complémentaire du Dictionnaire des sciences médicales, mars 1820) t. 6, p. 415 journal publié à Paris par mon amiet-mon ancien-condisciple le libraire Panckoucke. ks
S XI. DÉTERMINATION ET CARACTÈRES DE QUATRE ESPÈCES DR PODENCÉPHALES.: ©
Les abstractions qui peignent et qui portent à l'esprit l’ordre systématique et l'idéal des relations des principaux degrés d'organisation sont expri-, mées, dans le langage zoologique, par les mots d'espèce, genre, ordre, classe et règne. C’est en mé! proposant de faire une fidèle application de.ces régles de la zoologie, que j'ai examiné les conditions d’existence de plusieurs sortes de Mdr 1), que J'en ai assigné les caractères, et que J'ai déterminé ces diverses conditions comme pouvant se rapporter à treize genres distimcts. Le podencéphale, avons-nous vu, forme l’un de ces genres.
Qu'un événement pathologiqué prive de son, accroissement habituel la masse encéphalique, je suppose, et vienne surprendre l’embryon, vers le milieu, soit quatre jours ‘avant, soit quatre jours après, de son second mois fœtal, il en résultera nécessairement une monstruosité de. même sorte, et, dans ce cas, la monstruosité du podencéphale: Si c’est plus tôt que lé quarante-cinquièmé jour; le cerveau estmoins développé; ..et: st: c’est. plus, tard, 1l l’est davantage. Mais le mêmestrouble,
(x) Voyez plus haut, page 87 et suiv. |
$ ‘appliquant : a un organe qui ne. doit plus se développer concurrent avec toutes les autres parties de l'être, et à’ qui il'n’est dorénavant accordé que de participer.au moindre:titre. possible à la vie commune, devient. l'occasion et la. raison lune organisation, à laquelle il: arrive conséquemment d’être toujours reproduite de la même facon. Nous n'aurons pas exactement le même être, mais ce sera du moins constamment le même fond d’organisation ;.et nous n’y pourrons découvrir que cette latitude pour la diversité, en quoi consiste la variation des espèces du même genre. su
Ainsi les mêmes élémens, troublési dans. de.certaines limites quant à à l’âge ere fœtus, étant réunis à tous les autres élémens organiques abandonnés eux seuls à l’action du nisus formativus, donnent une répétition assez uniforme de caractères, ou.les caractères du genre : chaque degré, en dedans de ces limites, donne à son tour des caractères plus restreints, bien moins généraux, ou les caractères de l'espèce; quand le même degré ou le même âge; se reproduisant et amenant à tous égards uné.touté semblable répétition des mêmes formés, permet de saisir tout au plus ces nuances légères qui diftérencient tous les individus d'une même espèce. C'est à ces causes de variation qué je crois devoir rapporter les différences d'organisation des quatre espèces de podencéphale que j'ai rassemblées et