‹ Philosophie de KantChapitre 14 sur 24 · IM · texte numérisé non relu

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DU SOUYERAm BIEN. 306

tînomie kantienne consiste à montrer, non pas que la contradiction n'est qu'apparente, mais que Tune des thèses détruit l'autre. L'antinomie de la liberté et de la niee9sUi nous avait déjà suggéré une remarque analogtie \ Reconnaissons d'ailleurs que cette nouvelle antinomie, comme l'autre, cache une très-grave difficulté, ou , pour mieux dire, un mystère : celui de l'accord de ces deux choses si opposées en apparence, la nature et la raison. Mais quelque dif^ ficile à comprendre, quelque impénétrable qu'il soit, disons avec Kant, qu'il faut bien que cet accord soit possible, puisqu'il est nécessaire. Reste à en déterminer la condition suprême; ici encore, en suivant Kant, jusqu'à un certain point du moins, nous suivrons la raison même.

Nous touchons aux jios^utos de la raison pratique. On sait qu'il désigne sous ce nom * les conditions qu'exige la réalisation du souverain bien et dont la raison pratique, en nous le présentant comme l'objet nécessaire de notre activité morale, établit par là même la réalité. En effet, si elle nous fait un devoir de le poursuivre et s'il n'est possible que sous certaines condi* tiens, il faut bien admettre ces conditions ; et cellesci deviennent ainsi autant de dogmes, qui, quoique placés au-dessus de la portée de la raison spéculative, sont établis par la raison pratique sur le fondement de ridée du devoir, laquelle leur communique sa propre certitude. Au premier rang de ces conditions Kant place la liberté y sans laquelle le devoir même serait un nen-

< Voyts plus haut, p. 263.

• Plot haut, p. 162163.

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sens, et qui , par conséquent , doit être nécessairement, admise en même temps que lui. Nous nous sommes déjà trop arrêtés sur ce point, pour avoir besoin d'y revenir. Mais ce n'est là encore qu'une condition de la possibilité du souverain bien : celle qui nous permet d'y travailler; celle-là relève entièrement de nous : c'est une faculté dont nous disposons i. Or la réalisation du souverain bien n'est pas une chose qui dépende tout à fait de nous : il dépend de nous de pratiquer la vertu , et c'est par là que nous pouvons concourir pour notre part à l'accomplissement du souverain bien ; mais la possibilité de cet accom* plissement suppose d'autres conditions, qui, bien qu'elles ne soient plus en notre pouvoir, n'en doivent pas moins être admises avec la liberté, à savoir Timmortalité de l'âme et l'existence de Dieu, lesquelles deviennent ainsi deux nouveaux postulats de la raison pratique. Rappelons comment Kant y arrive.

On a vu qu'il distingue deux éléments dans le souverain bien, et que le premier de ces éléments est la vertu, ou, pour mieux dire, la sainteté, car, comme il donne pour idéal à la vertu la sainteté, et que, quand on parle du souverain bien, il s'agit de ce que nous pouvons concevoir de plus élevé et de plus parfait, c'est plutôt dans la sainteté que dans la vertu, que nous en devons placer le -premier élément. La sainteté, tel est donc le but suprême où la raison nous fait un devoir de tendre par tous nos efforts. Mais ce

t Cf. plus haut^ p. 162.

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