II
AVANT-PllOPOS
haut, il nous semble qu'on ne lui peut contester le mérite d’avoir utilement continué celui de M. Royer-Collard . Nousa vons, en quelque sorte, répandu la parole et agrandi l'auditoire de notre illustre et vénéré prédécesseur. Au lieu de nous arrêter à quelques problèmes, peu à peu nous avons embrassé la philosophie tout entière. Nous avons fait connaître et mis à profit toutes les écoles, sans être l'interprète particulier et sans prendre l’enseigne d’aucune d’elles. Éclectique dans l’histoire, profondément spiritualiste dans la théorie, nous nous sommes appliqué par-dessus tout à former une école française en rattachant la philosophie nouvelle à la plus grande tradition de notre pays, celle du dixseptième siècle, en faisant gloire de relever de Descartes, en donnant une nouvelle et meilleure édition de ses œuvres, en réhabilitant sa méthode et ses principes, et en les défendant, avec une conviction toujours croissante, contre les attaques de Condillac, de Reid et de Kant. Nous avons combattu sans relâche les mauvaises doctrines transplan-
tées de l’Angleterre parmi nous, au siècle dernier, en dépit de notre génie et de nos instincts héréditaires ; et nous leur avons partout opposé une doctrine généreuse, nationale et libérale, libre et sincère alliée du christianisme, et dont le but suprême en toutes ses parties, psychologie, esthétique, théodicée, morale et politique, est d’ennoblir et d’élever l’homme par tous les moyens que la raison avoue.
Ce 1 er ao.ït 1857 .