‹ Philosophie de l'architecture en GrèceChapitre 10 sur 13 · CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

L'idéal humain et héroïque, centre de la conception artistique en Grèce, a modifié profondément les conditions générales des arts enseignés par l’Orient. L’éducation des sens, l’évolution de l’intellect nous ont découvert les grands principes plastiques qui président à la sélection des formes. 11 nous reste à montrer toutes ces forces opérant plus à l’étroit, sur un programme spécial et dans un édifice particulier, digne de servir d’exemplaire et d’illustration à l’architecture grecque tout entière. Parmi les monuments, le temple nous est indiqué par la grandeur du sujet, par la hauteur de l’inspiration, par la beauté des restes de ce genre d’édifices que le temps nous a conservés. Conçu dans son type moral le plus élevé, sous la forme du dieu olympien, l’idéal grec s’est créé par sa propre vertu un type monumental approprié. C’est ce type dont la monographie est à la fois le résumé, la confirmation et le couronnement de cette longue étude.

Tel dieu, tel temple, tel est l’axiome qui des hau-

tcurs de la psychologie générale, permet de descendre sans interruption jusqu’à la distribution et l’aménagement de l’édiüce sacré. Dans une telle analyse, on est d’abord frappé de la complexité des données et inquiet de la diversité probable des solutions. L’idéal n’est pas fixe ; il subit une évolution qui le présente ici sous une certaine forme, là avec de tout autres caractères. De plus il n’y a pas qu’une seule nature de dieux ; les dieux venus d’Orient par une migration tardive s’opposent à ceux que l’hellénisme a eu le temps de transformer et de refaire à son image. Le type du temple peut donc être multiple. Il est incontestable, par exemple, que l’Érechtéion, avec son plan irrégulier, ses deux sanctuaires, ses trois prostaseis, ses vieilles idoles de bois de Minerve, de Mercure et de Pandrose, ses innombrables autels sous l’invocation de Neptune Érechtée, de Butés, de Hallo, de Jupiter Ilerceios, de l’Oubli, etc., son puits d’eau salée, son empreinte du trident, son olivier, son tombeau de Cécrops, etc., ne rappelle aucunement la conception une et puissante sur laquelle s’est moulé le Parthénon. C’est une agrégation de petites chapelles, une ruche indéfinie de cellules, une Église de tous les saints en quelque sorte, où la déesse ne fait que grouper autour d’elle et consacrer davantage, par sa présence, une multitude de dévotions privées et de cultes de hasard. L’Érechtéion fait l’effet d’un magasin de bric à brac de superstitions, en regard du grand Musée national qui domine l’Acropole. Le temple d’Apollon à Bassœ, construit par Ictinus, s’éloigne dans un tout autre sens du type principal. Il se distingue par la longueur inusitée de sa nef,

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