‹ Philosophie de l'art (volume 2)Chapitre 16 sur 64 · About, La Grèce contemporaine · texte numérisé non relu

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2. Ibid. — « Deux insulaires se rencontrent sur le port de 6 Syra : « Bonjour, frère, comment vas-tu? — Bien, merci; que a dit-on de nouveau? — Le Dimitri, le fils de Nicolas, est revenu a de Maarseille. — A-t-il gagné beaucoup d’argent? — 23600 drachmes,

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cent mille âmes, on comptait en 1840 trente mille marins et quatre mille navires ; ils font presque tout le cabotage de la Méditerranée. — Déjà, au temps d’Homère, nous leur trouvons les mêmes mœurs; à chaque instant on lance un navire à la mer ; Ulysse en construit un de ses mains; on va commercer, piller sur les côtes environnantes. Négociants, voyageurs, pirates, courtiers, aventuriers, ils l’ont été à l’origine et dans toute leur histoire ; d’une main adroite ou violente, ils allaient traire les grosses monarchies orientales ou les peuples barbares de l’Occident, rapportaient l’or, l’argent, l’ivoire, les esclaves, les bois de construction, toutes les marchandises précieuses achetées à vil prix, et, par-dessus le marché, les inventions et les idées

« à ce qu’on assure; c’est beaucoup d’argent. — Il y a longtemps « que je me dis : il faut que j’aille à Marseille. Mais je n’ai pas <k de bateau. — Si tü voulais, nous en ferions un à nous deux; « n’as-tu pas du bois? — J’en ai bien peu. — On en a tou- « jours assez pour faire un bateau. J’ai de la toile à voile et <l mon cousin Jean a des cordages : nous nous mettrons ensemble. « — Qui est-ce qui commandera? — C’est Jean, il a déjà navigué. « — Il nous faudra un petit garçon pour nous aider. — J’ai mon « filleul Basile. — Un enfant de huit ans ! Il est bien petit. — <1 On est toujours assez grand pour naviguer. — Mais quel char- « gement prendrons-nous? — Notre voisin Petros a des vallonées ; « le papas a quelques tonnes de vin; je connais un homme de « Tinos qui a du coton; nous passerons à Smyrne, si tu veux, « pour charger de la soie. » — Le bateau se construit tant bien « que mal; l’équipage se recrute dans une ou deux familles; on ' prend chez les voisins et les amis toutes les marchandises qu’ils « veulent vendre : on va à Marseille en passant par Smyrne ou « même par Alexandrie ; on vend la cargaison, on en prend une <l autre, et, lorsqu’on revient à Syra, le navire est payé par le « fret, et les associés se partagent encore quelques drachmes de t bénéfice. »

d’autrui, celles de l’Égypte, de la Phénicie, de la Chaldée, de la Perse1, de l’Étrurie. Un tel régime affii e et excite singulièrement l’intelligence. La preuve en f t que les peuples les plus précoces, les plus civilisés, ; 5 plus ingénieux de l’ancienne Grèce étaient tous marins Ioniens de l’Asie Mineure, colons de la Grande-Grèce, Corinthiens, Éginètes, Sicyoniens, Athéniens. Au contraire, les Arcadiens, enfermés dans leurs montagnes, demeurent rustiques et simples ; pareillement les Acarnaniens, les Épirotes, les Locriens Ozoles, qui débouchent sur une autre mer moins favorable et ne sont point voyageurs, restent jusqu’au bout demi-barbares; au temps de la conquête romaine, leurs voisins, les Étoliens, n’avaient encore que des bourgs sans murailles et n’étaient que des pillards brutaux. L’aiguillon qui avait pressé les autres ne les avait pas touchés. — Voilà les circonstances physiques qui, dès l’origine, ont été propices à l’éveil de l’esprilt. On peut comparer ce peuple à une ruche d’abeilles qui, née sous un ciel clément, mais sur un sol maigre, profite des routes de l’air qui lui sont ouvertes, récolte, butine, essaime, se défend par sa dextérité et son aiguillon, construit des édifices délicats, compose un miel exquis, toujours en quête, agitée, bourdonnante, au milieu des massives créatures qui l’environnent et ne savent que paître sous un maître ou s’entre-choquer au hasard.

1. Alcée loue son frère d’être allé combattre en Babylonie et d’en avoir rapporté un glaive à poignée d’ivoire. — Récits de Ménélas dans VOduM*éem

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De nos jours encore, ài déchus qu’ils soient1, « ils « ont de l’esprit autant que peuple au monde, et il « n’est pour ainsi dire aucun travail intellectuel dont « ils ne soient capables. Ils comprennent vite et bien;

« ils apprennent avec une facilité merveilleuse tout ce « qu’il leur plaît d’apprendre. Les jeunes commerçants « se mettent rapidement en état de parler cinq ou six « langues. » Les ouvriers, en quelques mois, deviennent capables d’exercer un métier même difficile. Un village tout entier, parèdre en tête, interroge et écoute curieusement des voyageurs. « Ce qui est le plus remarquable,

« c’est l’application infatigable des écoliers », petits ou grands ; des domestiques trouvent le loisir, tout en faisant leur service, de passer leurs examens d’avocats ou de médecins. « On rencontre à Athènes toutes les « espèces d’étudiants, excepté l’étudiant qui n’étudie « pas. » À cet égard, nulle race n’a été si bien dotée, par la nature, et il semble que toutes les circonstances se soient assemblées pour délier leur intelligence el aiguiser leurs facultés.

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