II
En Crète, son nom signifie le jour; Ennius, plus tard à Rome, dira qu’il est cette « sublime blancheur ardente « que tous invoquent sous le nom de Jupiter » . On voit par Aristophane que, pour des paysans, des hommes du peuple, des esprits simples et un peu antiques, il est toujours celui qui « arrose la glèbe et fait pousser les « moissons » . Quand un sophiste leur dit qu’il n’y a pas de Zeus, ils s’étonnent et demandent qui est ce qui éclate en tonnerres ou se verse en pluies 4. Il a foudroyé les Titans, le monstrueux Typhœos, aux cent tètes de dragons, les noires exhalaisons qui, nées de la terre, s’entrelaçaient comme des serpents et envahissaient la voûte céleste. Il habite les sommets des montagnes qui touchent le ciel, où s’assemblent les nuages, où s’abat le tonnerre ; il est le Zeus de l’Olympe, le Zeus de rithôme, le Zeus de l’Hymette. Au fond, comme tous les dieux, il est multiple, attaché aux divers endroits dans lesquels le cœur de l’homme a le mieux senti sa présence, aux diverses cités et même aux diverses familles qui, l’ayant reconnu dans leurs horizons, se le sont approprié et lui ont sacrifié. « Je t’en conjure, dit Tecmesse, par le Zeus de ton foyer. » — Pour se représenter exactement le sentiment religieux d’un Grec, il faut se figurer une vallée, une côte, tout le paysage primitif dans lequel une peuplade s’est fixée ; ce n’est pas le ciel en général, ni la terre universelle, qu’elle a sentis comme des êtres divins, c’est son ciel avec son horizon