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de montagnes onduleuses, c’est cette terre qu’elle habite, ce sont ces bois, ces eaux courantes parmi lesquelles elle vit; elle a son Zeus son Poséidon, son Héré, son Apollon, comme ses nymphes bocagères ou fluviales. A Rome, dans une religion qui avait mieux conservé l’esprit primitif, Camille disait • « 11 n’y a pas dans <( cette ville un lieu qui ne soit imprégné de religion et « qui ne soit occupé par quelque divinité. » — « Je « ne crains pas les dieux de votre pays, dit un person- « nage d’Eschyle, je ne leur dois rien » A proprement parler, le dieu est local1; car par son origine il n’est que la contrée elle-même ; c’est pourquoi aux yeux du Grec sa ville est sainte, et les divinités ne font qu’un avec sa ville. Quand il la salue au retour, ce n’est point par une convenance poétique, comme le Tancrède de Voltaire ; il n’éprouve pas seulement, comme un moderne, le plaisir de retrouver des objets familiers et de rentrer chez soi ; sa plage, ses montagnes, l’enceinte murée qui enclôt son peuple, la voie où des tombeaux gardent les os et les mânes des héros fondateurs, tout ce qui l’entoure est pour lui une sorte de temple. « Argos, et « vous, dieux indigènes, dit Agamemnon, c’est vous que « je dois saluer d’abord, vous qui avez été les auxiliaires « de mon retour et de la vengeance que j’ai tirée de la « ville de Priam. » — Plus on regarde de près, plus on trouve leur sentiment sérieux, leur religion justifiable, leur culte bien fondé; et ce n’est que plus tard, aux