‹ Philosophie de l'art (volume 5)Chapitre 31 sur 41 · DE L IDÉAL DABS LA ST · texte numérisé non relu

DE L IDÉAL DABS LA ST

pale, oa simplement égale à celle da reste, il o'eo est pas moins TÎsiMe qa'il est mie puissance distincte et que, pow exprimer le caractère, son effet doit s'accorder avec les antres

effets.

D'après ce principe nous allons classer une dernière fois les œuvres des peintres. Toutes choses égales d'ailleurs, on voit qu'elles seront plus ou moins belles selon que la convergence des effets sera chez elles plus ou moins complète, et cette règle qui, appliquée à Thistoire de la littérature, a distingué les moments successifs d'un âge littéraire, nous donne le moyen, si nous l'appliquons à Thistoire de la peinture, de distinguer les états successife d'une école d'art

Dans la période primitive, l'œuvre est encore imparfaite. L'art est insuffisant, et l'artiste ignorant ne sait pas faire converger tous les effets. Il en manie quelques-uns, souvent fort bien et avec génie; mais il ne soupçonne pas les autres; le manque d'expérience l'empêche de les voir.

^2 DE LIDÉAL T)ANS l'aRT.

pale, ou simplement égale à celle du reste, il D'en est pas moins visible qu'il est une puissance distincte et que, pour exprimer le caractère, son effet doit s'accorder avec les autres efl'ets.

D'après ce principe nous allons classer une dernière fois les œuvres des peintres. Toutes choses égales d'ailleurs, on voit qu'elles seront plus ou moins belles selon que la convergence des effets sera chez elles plus ou moins complète, et cette règle qui, appliquée à Thistoire de la littérature, a distingué les moments successifs d'un âge littéraire, nous donne le moyen, si nous l'appliquons à Thistoire de la peinture, de distinguer les états successifs d'une école d'art.

Dans la période primitive, l'œuvre est encore imparfaite. L'art est insuffisant, et l'artiste ignorant ne sait pas faire converger tous les effets. Il en manie quelques-uns, souvent fort bien et avec génie; mais il ne soupçonne pas les autres; le manque d'expérience l'empêche de les voir.

394 DE l'idéal DANS L'aRT.

OU l'esprit de la civilisation dans laquelle il est enfermé en détourne ses yeux. Tel est l'état de Tart pendant les deux premiers âges de la peinture italienne. — Pour le génie et Tâme, Giotto

ressemblait à Raphaël ; il avait la même abondance, la même facilité, la même originalité, la même beauté dinvention ; son sentiment de rharmonie et de la noblesse n'était pas moindre ; mais la langue n'était pas faite, et il a balbutié, tandis que Tautre a parlé. Il n'avait pas étudié sous Pérugin et à Florence, il ne connaissait pas les statues antiques. On n'avait jeté alors qu'un premier regard sur le corps vivant; on ignorait les muscles, on n'en voyait pas la puis^ sance expressive; on n'eût osé comprendre et aimer le bel animal humain; cela sentait le paganisme; l'ascendant de la théologie et du mysticisme était trop fort. La peinture, hiératique et symbolique, dure ainsi pendant un siècle et demi, sans employer son principal élément. — Le second âge commence, et les orfèvres anatomistes, devenus peintres, modèlent pour la première fois, dans leurs tableaux et dans leurs fresques, des corps solides et des membres bien attachés. Mais d'autres parties de l'art leur manquent encore. Ils ignorent cette architecture de lignes et de masses qui, cherchant des courbes et des proportions idéales, trans-

fofm€ te corps réel en un beau corps ; Verro* chic, Pollaiolo, Castagno, font des personnages anguleux^ disgracieux, tout bosselés de muscles et qui, suivant le mot de Léonard de Tind^ « ress^nbient à des sacs de noix », Ils igno^ rent les variétés du mouvement et de la physionomie, et, che« Pérugin, chei Fra Filippo, che«

GhirlaDdajo, dans les anciennes fresques de la SixUne, les figures, immobiles et figées, ou rangées en files roonotones,semblent attendn% poui vivre, un dernier souille qui ne vient pas. Ils ignorent les richesses ou les délicatesses de la couleur, et les personnages de Signorelli, do Filippo Lippi, de Manlegna, de BoUicclli, ternes, secs, se détachent avec un relief brusque sur un Tond sans air. Il faut qu'AntonoIlo do Messiuo importe en Italie la peinture à Thuile, pour que réclat et Tunion des tous lustrés (^t fondus fassent conter un sang chaud dans leurs veines, H fout que Léonard découvre la dégradation insensible de la lumière, pour que le recul aérien fasse émerger leurs rondeurs fuyantes et enveloppe leurs contours dans la douceur du clair-obBctir. C'est seulement à la fin du xv" slôcio que tou« les éléments de Tart, dégagés un h tin, peuvent assembler leurs puissances sous la mnin du maître, pour manil'ester par leur concordo le caractère qu'il a conçu.

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