RELATION DU TRAVAIL AU CAPITAL
devrait avoir aussi le droit de propriété sur le capital qui est indispensable au travail. Il ne faut pas perdre de vue que les termes*, homme, capital, travail, sont des conceptions intimement liées, puisque le travail est une certaine action de l’homme qui se porte sur une chose dite*, capital. Iravailler, c est agir sur une chose ou sur un homme ; pour avoir le droit d’agir sur une chose ou sur un homme, il faut avoir évidemment le droit de disposer de cette chose ou de cet homme.
Le droit de propriété renferme donc le droit de travail, mais la réciproque n'est pas vraie.
Déclarer par la voie législative que l’homme a le droit de travail, ou c’est jouer sur les mots, ou c’est conférer à l’homme une propriété. Une loi qui établirait le droit de travail conférerait à tous une propriété individuelle', elle serait absurde parce qu’il faudrait consulter les instincts de chaque individu pour contenter tout le monde. Au cordonnier il faudrait fournir le cuir; à l’avocat il faudrait procurer les causes, et au maître décote il faudrait abandonner les enfants, sinon ils ne pourraient exercer leur métier, ce qui serait cependant leur droit.
C’est une autre question de savoir s’il ne vaudrait pas mieux de constituer certaines propriétés individuelles en propriété collective.
En tout cas, la force seule peut modifier ce que
la f irce a établi. Demander que le capital s’incline vole ntairement devant le travail, c’est vouloir exiger que l’homme obéisse à l’enfant, sous prétexte que l’homme a été enfant ; c’est donner à l’œuf la prélérence sur la poule; c’est méconnaître les instinc -s de l’homme et la force des choses.