L HABITUDE
GEMENT, LA VERSATILITE
Lorsque l’homme fait une chose pour la première fois, il tâtonne ; il ne la fait que par un effort delà raison qui lui montre la voie et les moyens de la faire. La raison, si on peut s’exprimer ainsi, apprend à l’instinct la manière d’opérer ; puis, petit à petit, la raison cesse d’intervenir, de diriger Taction ; celleripvipnt inp.nnsniente. instinctive, et l’homme a
La raison n^’est pas une faculté créatrice : elle discerne, elle dirige, elle indique la voie, mais c’est l’instinct qui agit, qui crée, qui produit.
Les habitudes jouent donc, au point de vue économi([ue, un grand rôle' dans la vie humaine. La divisioi du travail serait impossible sans les habitudes. Celles-ci rendent la production continue, par conséquent le progrès plus ou moins durable ; elles accroissent le capital en accumulant travail sur travai .
Mais il y a des habitudes défavorables à la produ(tion, comme il y en a de favorables. En général, toute cause chez l’homme peut avoir deux effets opjiosés; et les mêmes habitudes qui créent la civilisi tion dans un pays la tuent dans l’autre.
i£s coutumes cC lin pays, d’un peuple, d’une nation sort rensemble des habitudes prédominantes de tous les individus. Les observations qui précèdent s’adressent également aux coutumes.
Mais l’homme, en dépit des habitudes, a IHnsiimt du changement, le désir du nouveau, l’aspiration vers l’inconnu.
^i les habitudes affermissent un progrès, une fois accuis^ l’instinct du changement recherche un nouveau progrès, plutôt quelque chose de nouveau dont on ne peut pas dire si c’est un progrès ou non.
. La production, la circulation, la consommation
l’habitude, la coutume
i ont subi et subissent tous les jours des transforma-
tions dues à l’instinct de changement des hommes. L’économie politique doit les admettre, même quand i elle ne peut pas toujours les approuver.
1 Quand l’instinct de changement, l’esprit d’innova-
: tion devient trop prépondérant, l homme ou la nation
^ tombent dans la versatilité qui est l’opposé de la
routine. Les deux peuvent être un caractère de la I' ■ décadence politique et économique.