CHAPITRE XXVIII
l’offre et la demande
Théoriquement, si l’homme était complètement libre, le phénomène de l’offre et de la demande devrait être le suivant :
L’homme cède à la société une partie des revenus, de ses capitaux ou de son travail, et la société lui donne en échange une portion de toutes les richesses, en proportion de la valeur des revenus offerts. Ou voit tout de suite combien la réalité est loin de la théorie.
D’abord l’homme n’est pas libre d’offrir, parce qu’il n’est pas libre de produire.
Ensuite l’homme ne peut pas faire son offre à toute la société; il ne peut la faire qu’à une petite fraction de la société; cette fraction de la société ne dispose que d’une petite partie de certaines richesses et non pas de toutes les richesses ; enfin elle ne peut pas donner en échange une partie de
ces richesses, proportionnelle à la valeur des choses offertes, parce qu’elle n’en connaît pas la valeur absolue, parce qu’elle n’a pas le pouvoir de fixer la valeur d’une chose.
Le phénomène de l’offre et de la demande ne dépend que dans une partie infiniment réduite de la volonté, de l’action directrice de l’homme.
L’offre et la demande constituent deux actions différentes ; si même on admet qu’un homme soit libre dans certains cas de faire l’offre, cet homme n’est en aucun cas libre de provoquer la demande.
Le phénomène de l'offre et de la demande est donc régi par cette force aveugle qui résulte des instincts de l homme et de l action de l'espace et du temps.