‹ Philosophie de l'économie politique [microform]Chapitre 46 sur 92 · TT · texte numérisé non relu

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de simples individus et l’échange considéré comme s’il était fait par un ensemble d’individus, par une nation.

Une nation 7Ï échange que par le fait que les individus échangent.

L’échange international est donc composé de beaucoup d’échanges individuels, répétés beaucoup de fois.

Toute nation possède un certain fonds de capitaux natifs. Il est clair que si elle opère l’échange uniquement sur ces capitaux, elle finit par s’appauvrir, à moins qu’elle n’acquière également des capitaux natifs d’une autre nation. y

L’Espagne, après la découverte de l’Amérique, a échangé de grandes quantités de métaux précieux contre les produits manufacturés d’autres pays: elle s’est appauvrie. Jamais on n’a vu une contrée minière s’enrichir en proportion des richesses qu’elle envoie dans d’autres contrées.

L’Angleterre, au contraire, et la Hollande ont échangé des produits manufacturés contre des capitaux natifs, des matières premières et des produits manufacturés: ces deux pays se sont enrichis.

Tout peuple, toute nation, toute association d’hommes possède un fonds de capitaux natifs plus ou moins fixe qui, à la rigueur, peut être diminué mais non augmenté.

Chaque peuple possède également une puissance de travail qui n’est pas fixe, qui peut être augmentée, qui peut être reconstituée.

Si un peuple arrive à accumuler beaucoup de résultats utiles de son travail sur une petite partie de ses capitaux natifs, il aura, pour faire l’échange, des produits de beaucoup de valeur; il échangera ces produits avec avantage contre des produits moins travaillés^ mais plus abondants que les siens propres.

La véritable cause de ce phénomène est que les effets utiles d’un travail ne sont que plus ou moins durables, et qu’en règle générale ils ne durent jamais aussi longtemps que le capital natif.

La nation qui échangera donc un petit capital natif, plus une accumulation de beaucoup de travail, contre un capital natif considérable, augmenté seulement d’une petite accumulation de travail, doit gagner à cet échange, puisqu’elle ne perd qu’un petit capital et qu’elle en obtient un autre plus grand, puisque son travail peut être recommencé, tandis que les effets utiles de ce travail, accumulés sur l’objet exporté, sont peu à peu détruits par l’action de l’espace et du temps.

Prenons un exemple très frappant : considérons les fleurs artificielles que Paris échange avec Londres contre de la houille ou de la coutellerie anglaise. Les

fleurs artificielles n ont de valeur que dans leur forme; la matière première qui est entrée dans la fabrication de ces fleurs a une valeur minime (fil de fer, papier ou toile, matière colorante, colle).

La valeur de la fleur artificielle devient nulle au bout de peu de temps, tandis que les couteaux servent longtemps et que la houille donne des utilités qu’on peut retrouver dans toute une série de produits, à la fabrication desquels la houille a servi directement ou indirectement.

En concluant, on peut dire que, dam rechange universel, la mile, la contrée, la nation la plus puissanté est celte qui peut le plus souvent échanger un petit nombre d’objets le plus travaillés contre

un grand nombre d'objets moins travaillés et contre de la matière première.

Le travail ininterrompu seul fait la richesse d’une nation ; et la valeur des produits dépend beaucoup de la puissance de travail.

G est une subtilité de dire que l’homme jouit gratuitement de certaines choses fournies par la nature, telles que 1 eau et l’air, et que ces choses n ont aucune valeur bien qu’elles aient de l’utilité.

D abord, 1 air et l’eau, pris dans leur ensemble, sont des choses nécessaires; par conséquent, il ne peut être question ni d’utilité, ni de valeur.

Mais si l’homme veut avoir une certaine quantité

LA VALEUR ET L ECHANGE

de tel air, de telle eau, il ne l’a pas gratuitement; ilia paie; il doit donner quelque chose en échange. ■Quand il paie son habitation, il compte, dans le prix d’achat ou dans le loyer, l’air et l’eau qu’il peut y avoir dans sa maison ou autour de sa maison.

Utilité et valeur sont des termes relatifs; nécessité est un terme absolu ; il est impossible de les confondre. Comment parler de la valeur d’une chose quand elle est nécessaire ? L’air et l’eau dans leur ensemble sont nécessaires ; mais, pris par volume, ils sont appropriables et échangeables.

On peut dire la même chose de la terre qui, prise ■englobe, estime chose nécessaire et, par conséquent, sans valeur d’échange ; mais, prise par parcelles, elle peut être rendue utile ou elle peut rester inutile; elle est appropriable et échangeable : elle a de la valeur.

La valeur d'une chose résulte au fond dune seule eonaition : de b offre et de la demande.

Mais les causes de l’oflre et de la demande sont variables ; on peut citer entre autres pour la demande;

r Le besoin que riiomme a d’une chose;

2° Les moyens que l’homme a d’acquérir cette

chose ;

3° L’utilité directe et indirecte ;

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4° L’appropriabilité ;

5° La rareté ;

6° Le fait de ne pas avoir à subir les effets nuisibles

des travaux qu’il a fallu faire pour produire cette chose.

Pour l’offre :

1° Le besoin qu’on a d’autres choses ;

2” L’absence d’autres moyens d’acquérir ces choses ;

3" L’utilité indirecte de la chose offerte ;

4° L’échangéabilité ;

5'’ L’abondance;

6“ Le fait de devoir réparer les effets nuisibles des

travaux qu il a fallu exécuter sur cette chose (les frais de production).

L offre étant le phénomène inverse de la demande, les déterminants de l’une sont les déterminants dé 1 autre, mais en sens inverse.

La valeur varie naturellement avec les éléments qui la déterminent. Si tous ces éléments variaient librement, la valeur le ferait aussi. En théorie, les choses se passent ainsi, mais non en réalité.

En réalité, sont-ils libres les hommes qui, poussés par le besoin, l’intérêt ou la force des choses, doivent demander des produits ou des ouvriers? Et ceux que la nécessité contraint à offrir leurs produits ou leur travail, sont-ils libres de le faire?

Le droit du plus fort qui régit l’offre et la demande.

LA. VALEUR ET L ECHANGE

la concurrence, qui fait les monopoles, est en dernier lieu, le seul et véritable déterminant de la valeur.

Lorsque la valeur d'une chose baisse, la valeur du toutes les choses contre lesquelles la première s’échangeait, se trouve haussée; il faut moins de toutes ces choses pour équivaloir à la même quantité de la première chose.

L’ensemble des richesses forme une quantité incalculable d’utilités, mais n’a pas de valeur, puisque l’ensemble des richesses n’est pas échangeable. Mais les richesses individuelles sont échangeables, et la valeur d'une richesse est le rapport de cette richesse à une, plusieurs ou toutes les richesses. Représentons, par exemple, un groupe de richesses par lOQ et une autre richesse par 4. La valeur sera indiquée

par le rapport pour la dernière et par pour

le groupe. Si le rapport (la valeur d’une richesse)

diminue et devient t-^, le rapport qui indique la

valeur dugroupe devient c’est-à-dire qu’il aug mente.

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