LOYER, FERMAGE
Un capital sur lequel s’opère un travail donne lieu à un produit ou revenu ; oif encore il est son propre produit et, comme tel, il est en partie consommé par son possesseur et en partie échangé contre d’autres produits.
On n’a pas oublié la définition du capital : accumulation de travaux antérieurs sur un capital natif (chose fournie par la nature). Les effets utiles du travail se sont ajoutés au capital natif.
Ces effets sont plus ou moins durables ; généralement, ils ne le sont pas autant que le capital natif. En d’autres termes, le travail — action des hommes sur les choses — n’empêche pas l’action du milieu sur les choses. Or, l’action de l’homme est une force accidentelle dont la durée dépend de l’homme.
L’action des choses, au contraire, est une force
constante qui agit sans discontinuer.
Pour que l’action de l’homme, qui va contre 1 action des choses, produise un effet durable, il faut quelle soit rendue continue ou que, du moins, elle soit recommencée de temps à autre.
L’action des hommes transforme les capitaux simples, natifs, stables, en capitaux complexes, artificiels, instables ; l’action des choses les ramène
à leur premier état.
Une maison est un capital composé de capitaux simples, plus ou moins stables (pierres, chaux, bois, fer, etc.). Si on laisse sans réparation une maison pendant de nombreuses années, elle tombe en
ruine.
La nature désagrège peu à peu ce que 1 art a rassemblé.
Pour que le capital-maison soit durable, il faut que l’homme le reconstitue au fur et à mesure que le milieu et l’usage le détruisent. Et une partie du revenu est consacré à la reconstitution du capital
(amortissement et assurance).
Le revenu est en partie destiné à compenser l’effet nuisible de l’action des choses sur le capital, de même que le salaire est destiné à compenser l’effet nuisible des choses sur l’homme.
On peut déduire de ce qui précède que le revenu
est inversement proportionnel à la durée probable du
capital. Si le capital est détruit du coup, le produit
aura plus de valeur que le capital.
Si le capital a une durée moyenne, qu’il puisse donner plus d’une fois un revenu, celui-ci sera moins élevé que le capital ; enfin, si le capital peut donner périodiquement un revenu assuré, celui-ci sera très
petit.
D’autres causes concourent à la formation du revenu ; mais, en fin d’examen, il est également fixé par la force, d’après la loi de l’olîre et de la demande
du capital.
Parmi les déterminants de l’olfre on peutnommei . 1” L’abondance du capital ;
2“ Diminution ou petit développement de 1 activité humaine ;
3“ La difficulté de faire valoir le capital ;
4“ La facilité de le placer ;
5“ L’élévation de la prime d’assurance ;
6“ L’élévation de la prime d’amortissement ;
T La durée rémunératrice du placement ;
8“ Le manque de travailleurs;
9° Frais de production très élevés ;
10° Probabilité d’une rente du capital.
Parmi les déterminants de la demande on trouve :
r Rareté du capital ;
2“ Augmentation de l’activité humaine ;