‹ Philosophie de l'effortChapitre 13 sur 51 · EVOLUTION ET SOCIALISME · texte numérisé non relu

EVOLUTION ET SOCIALISME

soleil cl conirc la dcssiccalion du sol. iNIais par contre les plantes proteclriccs des violcltcs et des mousses Irouvenl leur propre avantage dans Tahri qu'elles fournissent à ces dernières. Les violettes, en clTet, lorment à leur pied une sorte de tapis verdoyant qui ralentit Févaporation de Teau contenue dans le sol, et entretient ainsi luie liiniiidité favorable à la croissance des protégés et des protecteurs. «Entre ces deux ordres de plantes, reconnaît M. Descamps, Taide est réciproque ; les plus faibles rendent aux plus forts les services qu'elles en reçoivent. »

A la bonne heure ! et il est donc vrai que dai\s la nature Tassociation et ses fruits ne sont pas inconcevables parce que les associés sont inégaux.

Ce qui est plus inconcevable, c'est ïinliniité enhe desctres inégaux; mais l'association n'est pas l'intimité, car elle est un rapprochement des intérêts, plutôt qu'une fusion des sentiments profonds et des affections intimes. Et d'ailleurs l'association des inégaux n'est-elle pas rationnelle ?

L'inégalité dans les aspirations et dans les besoins terrestres est une condition par excellence de l'harmonie et de la paix : car la quantité des objets capables de satisfaire ces aspirations et ces besoins n'est certes pas illimitée ; et l'inégalité des besoins supprime ou restreint la lutte pour la possession de ce qui est appelé à leur donner satisfaction. Et pourquoi l'égalité serait-elle la condition infaillible du bonheur? Ne saurait-on concevoir une égalité dans la souffrance, dans le dénùnicnl, dans la douleur ? Hélas ! cette égalité n'est pas seulement concevable, mais elle n'est que trop réalisée à certains égards dans la pauvre humanité. Car si [)aimi les hommes, il y a ties paris trop inégales de fortune, de puissance, de succès, il y a aussi de poignantes égalités devant le deuil, les séparations, la souffrance, et surtout devant la mort.

Mais esl-il bien légitime de considérer l'égalité comme la fin du |)rogrès évolutif? Oui et non, suivant la hauteur à laquelle on élève son point de vue. S'il s'agit de l'évolution du monde terrestre, c'est-à-dire de ce fragment minuscule de la substance universelle sur lequel et par lequel ont pris

122 IMIII.OSOPim: MK I- EIFOHT

naissance cl se sont, ('|);ui()iiis les icgiics vcgélal cl aininal, il nie [)aiail siiigiilièreMieiil paradoxal de considérer révoliilion ainsi dcliniiléc connnc nn travail ponr réaliser Tégalilé. Elle nous apparaîl en elTct comme la divcrsificalion du semblable, comme le passage incessant de l'homogène à l'hélérogène. Ayant pourpoint de dépari très probable une substance première, unique, uniforme et homogène, d'une composition et d'une conslitulion [)arlout identiques, elle a poussé ce premier rudiment vers les formes les plus différentes, vers les condîinaisons les plus dissemblables, vers les productions (Tèlres infiniment variés et inégaux, vers les manifestations en apparence si inattendues et si capricieuses de la vie. En fait d'inégalité, la vie, qui est par excellence le domaine de l'évolution, a été jusqu'à l'extrême limite ; car on n'a pas su trouver dans le monde vivant deux feuilles, deux organes, deux cellules, deux molécules qui pussent rigoureusement être dites identiques, ni pour la forme extérieure, ni pour la structure intime, ni pour la fonction. Y a-l-il lieu de voir dans cette irradiation si divergente, dans cette explosion si centrifuge de la force évolutive une indication probante que la fin de révolution terrestre est Véfjalité? L'esprit recule, me semble-l-il, devant un si flagrant paradoxe.

Mais l'évolution terrestre n'est pas toute l'évolution ; elle n'en est qu'une phase, qu'une très courte phase. L'évolution en effet, n'cml)rasse pas seulement la diuée nécessairement très limitée, et l'espace colossalcment restreint de la vie de notre petite [)lanètc, humble giain de sable, et phénomène fugace dans l'espace infini et dans le temps infini. Elle embrasse l'universalité des choses, considérée dans l'immensité des temps passés et futurs, et dans l'infinité de retendue.

11 est possible, il est concevable (et je le crois volontiers), que les phases ultra-terrestres de l'évolution soient marquées par une convergence des conditions et des caractères des êtres vers une égalité de plus en plus parfaite. Il ne me paraît pas irrationnel de penser que le but, le rôle, la fin de la phase terrestre de l'évolution ont été la constitution progressive de l'être moral, de la personnalité morale, à travers

ihoi.l TION KT SOCtALISME 12,3

des degrés innonihiahlos, cl j)ar despoussécs dans les sens les |)liis vaiiés el les plus étranges en apparence, poussées qui onl abouti à la production des formes animales et végétales si multi[)lcs, qui ont couvert et qui couvrent le globe terrestre. La phase terrestre de l'évolution, et celle des autres terres qui ont eu la même destinée et joué le même nMe que la nôtre, est le temps et le lieu de la formation des entités psychiques, de la construction progressive des âmes par l'agglomération et l'organisation de l'élément psychique déposé par le Créateur dans le germe de l'Univers. Car l'âme himiaine, pas plus que les âmes des animaux, n'est un bloc indivisible, une unité indécomposable, mais une construction, un édifice élevé progressivement par la puissance évolutive à Taide de matériaux puisés dans l'élément psychique de l'Univers, matériaux habilement travaillés, harmonieusement coordonnés et solidement cimentés. Le couronnement de cette phase a été donc l'apparition d'âmes capables de connaître le vrai sens de la vie, c'est-à-dire l'efrort et la marche vers le bien moral, désireuses de poursuivre cette marche dans des conditions meilleures et dignes par cela même de faire leur entrée dans les phases de l'immortalité.

Il est clair que dans cette marche vers le bien, dans cette convergence intense et voulue vers l'Etre qui en est la personnification parfaite, les inégalités et les différences sont appelées à s'effacer. Car le but est un, le modèle est permanent et invariable, et le résultat des efforts pour en alloindre la hauteur doit être d'éliminer dans les êtres les conditions morales étrangères au bien, pour laisser dominer les traits de ressemblance avec le modèle proposé à tous. De là doit certainement résulter une égalité croissante et de plus en plus parliiile entre les êtres moraux susceptibles de subir une évolution d'un ordre si supérieur ; et à ce point de vue, l'égalité est la fin de l'évolution et la condition du bonlieur. Mais c'est là un idéal qui n'est réalisable que dans une autre économie ; et si l'Evangile le propose à ceux dont les pieds foulent encore cette terre, il faut reconnaître qu'il n'y a que l'élite morale de l'humanité qui réponde dignement à cet appel. Or, cet élite est el sera toujours bien exceptionnelle;

I2a l'Illl-OSOI'llIi: PK I, El- FOUT

cl elle coiistiliie 011 déliiiiLivc le groupe (riioiiinies qui, dès ici bas, veuleiil aiiliciper sur la phase ullérieiuc de l'évolution et faire leurs débuts comme citoyens des cieux. Mais ce n'est certes pas à ce point de vue que se place M. Descamps dans ses revendications en faveur de l'égalité. Sans dédaigner ou repousser expressément cette égalité dans la hauteur morale, il est clair cependant que l'égalité dans la possession du pouvoir, de la fortune, de la science, des avantages matériels et sociaux enfin, est son véritable objectif; et sur ce terrain je ne saurais reconnaître avec lui que les lois de l'évolution terrestre des êtres organisés, « se prononcent en faveur de l'égalité ». La coopération des efforts dont il vante avec raison la puissante influence ne comporte nécessairement ni l'égalité, ni le collectivisme socialiste.

La première partie de cet essai a voulu établir que les théories qui, comme le dar^vinisme ou le socialisme collectiviste de AI. Descamps s'appuyent exclusivement sur les effets de la lutte pour l'existence ou sur les bienfaits de l'association, sont incapables de donner des explications satisfaisantes de révolution progressive.

Mais d'ailleurs ces théories se trompent en considérant la lutte ou l'association comme les promoteurs du progrès. Ces deux processus ne sont que des moyens d'exécution, des mécanismes secondaires, qui ont au fond une sorte de neutralité quant à la direction progressive ou régressive de révolution. Il faut être aveuglé par une idée préconçue pour nier que la lutte pour l'existence ne puisse, dans certains cas, assurer le progrès, et que l'association ne soit capable d'en faire autant dans des cas différents. La concurrence, ou mieux l'émulation qui est aussi une conciurence, sont des formes de la lutte ; et nous savons combien d'améliorations et de progrès doivent leur être rapportés dans la vie des peuples comme dans celle des individus. Est il nécessaire de dire aussi que l'union et le concours des volontés et des efforts

Evon rroN et socialisme lao

pcuvcnl cite à leur loiir de [)uissanls auxiliaires du progrès!' Lutte et association peuvent, selon les circonstances, provoquer et accélérer l'évolution ; et ce pouvoir commun, elles le doivent à ce qu'elles exigent l'une et l'autre, ou plutôt à ce qu'elles mettent enjeu Tune et l'autre, un phénomène qui est bien la cause prochaine de la réalisation du progrès, je veux dire l'effort. C'est parce qu'elles comportent l'une et l'autre l'eiïort, parce qu'il faut faire elTort pour vaincre l'adversaire, aussi bien que pour engager comme associés une action commune, c'est, dis-jc, parce qu'il y a, dans les deux cas, un elTort nécessaire que la lutte et l'association sont des sources du progrès. Toute la biologie, et toute la psychologie, c'est-à-dire l'histoire sous toutes ses formes, sont là pour le démontrer.

Mais la lutte pour l'existence et l'association ne sont pas les seules occasions d'eflbrt. Il en est d'autres et en particulier l'adaptation de l'être vivant au milieu dans lequel il vient à être placé, et la nécessité pour lui de satisfaire aux besoins de son organisme. Ce sont encore des stimulants de l'effort ; et notre grand naturaliste Lamarck les a mis dans sa Philosophie zoolocjique à la base de l'explication de la transformation des espèces animales. Avec bon nombre de naturalistes, je considère ces influences comme bien plus puissantes et plus générales que la lutte pour l'existence et que l'association. Tout organisme tend à répondre aux actions du milieu par des réactions appropriées ; les animaux appelés à vivre dans de rudes climats se recouvrent d'une épaisse fourrure ; les mammifères aquatiques appelés à vivre dans l'eau transforment leurs membres en nageoires ; les herbivores et les carnivores transforment leur dentition pour la rendre capable de broyer les végétaux ou de déchirer et trancher les chairs; les animaux aquatiques développent pour respirer des branchies caj)ables d'assurer la respiration au contact de l'eau ; les organismes aériens se construisent des poumons et des trachées propres aux échanges respiratoires au sein de l'atmosphère, les oiseaux destinés à nager ont des pattes palmées qui jouent le rôle de rames ; ceux qui vivent dans les marécages et sur les eaux peu profontles sont montés sur de

I2G l'HiLOSOPiiir ru: l'eifoiit

longues pallcs qui les mainlicnnenl hors de l'eau cl en font des ccliassiers, etc. Ce sonl là ties Iransforuialions qui ont exigé de la part de Forganisuie un Iravail [)lus ou moins intense et par conséquent un elï'ort.

L'effort est donc le facteur nécessaire et supérieur de loulc transformation. Tout ce qui provoque l'effort, tout ce qui exige un effort devient cause de changement et peut être cause de progrès. Mais par contre la suppression ou môme l'insuffisance de l'effort conduisent fatalement à la stagnation et plus encore au recul, à la régression. Le monde social et les règnes animal et végétal fourmillent de faits probants ; et on les rencontre surtout nombreux et démonstratifs dans la catégorie des parasites, c'est-à-dire de ceux qui ont tendu à réduire au minimum la quantité d'efforts à faire pour acquérir les moyens de vivre. Il est clair que l'un des meilleurs moyens de parvenir à ce résultat consiste à se placer dans une situation telle que le premier besoin physiologique, c'est-àdire celui de la nutrition, puisse être satisfait par des aliments acquis, élaborés et même digérés par un autre être, le porteur du parasite. Par là tout travail de recherche, de préparation de l'aliment est évité pour le parasite. Mais la fonction étant supprimée, les organes eux-mêmes se suppriment, et la dégradation devient une conséquence naturelle de cette oisiveté physiologique. On sait jusqu'à quel point une dégradalion semblable atteint dans les sociétés humaines les représentants de la paresse corporelle et de l'inaclivité intellectuelle.

(]'est donc l'effort qui est le promoteur des transformations. Ni la lutte pour l'existence, ni l'association, ni l'adaptation, ni d'autres mécanismes encore, ne sauraient être considérés par eux-mêmes, comme la cause supérieure de l'évolution progressive. Leur rôle dans la marche du progrès est entièrement subordonné à l'elTort dont elles sont l'occasion, et dont elles exigent le déploiement. L'effort est donc le facteur nécessaire, et sans effort il n'y a pas d'évolution.

Mais si l'insuffisance ou la suppression de l'effort peut conduire à une dégradation, on doit penser qu'une mauvaise direction de l'effort peut et doit conduire à vme déviation, c'est-à-dire à une constitution vicieuse de l'être, à une orga-

K VOr.l TION ET SOCIAIJSME IO-J

nisalion mal coinbinro, mal t'qiiilibrcc, cl par là môme impropre à propaivr la marche en avanl. Et alors se pose imc grave question : si reilorl par sa sup[)rcssion on par sa nialhen relise orientation |)eiit compromettre le progrès évolutif, comment se fail-il que l'évolulion considérée dans son ensemble se soit cependant réalisée dans le sens d'un perfectionnement non douteux et que la marche générale de révolution se soit montrée progressive, malgré les oscillations partielles et momentanées qui ne doivent pas surprendre dans une œuvre si complexe, si colossale et qu'il est si difficile d'apprécier exactement dans ses détails infinis d'exécution ? Pourquoi l'évolution a- telle été et est-elle progressive ? C'est la question à laquelle je vais m'effbrcer de répondre en prenant pour bases les conceptions générales que j'ai exposées et défendues dans quelques essais antérieurs : Évolulion et liberté; Essai d'un naturaliste transformiste sur quelques questions actuelles : Essai sur la vie et la mort ; De l'orientation de la méthode en érolulionisme ; Essai sur l'Immortalité au point de vue du naturalisme évolutioniste.

L'effort est évidemment un mouvement de la volonté et de l'activité dans une direction donnée, vers un but déterminé. La nature du résultat de l'effort dépendra nécessairement de cette direction, de ce but. Mais la direction, de quoi dépendra-t-elle ? D'une disposition interne, d'une préférence intime, d'une inclination, d'une aspiration préexistant dans le sein même du sujet qui s'efforce, c'est-à-dire qui veut et qui agit dans le sens de la chose désirée et préférée, dans le sens delà tendance. C'est là, me semble-t-il, la seule réponse possible à la question.

Eh bien, je ciois fermement que si d'une manière générale l'évolution a suivi une marche progressive, c'est qu'il y a au sein de la nature une aspiration, une [)référcnce, une len- (lanre qui la pousse et l'attire vers un l)ul meilleur, vers une lin su[)érieure. Il v a dans la nature ce que j'appellerais volontiers une inquiétude hiolotjique, c'est-à-dire le sentiment d'un malaise actuel, et le pressentiment d'un bien-être supérieur; et c'est pour répondre à ce malaise, pour l'effacer, que la nature cherche, se met en travail, s'efforce de revêtir de

laS PHILOSOPHIE DE l'kI I OUT

nouvelles formes, de errer des combinaisons nouvelles^ n'élanl jamais lassro, parce qu'elle n'est jamais salisfaile.

Ti'lle me |)araîl cire la cause de l'eflort évolulif et de son oricnlalion. La nature clierclie, et cliercliant passionnément, elle lait dans tous les sens des tentatives énergiques pour acquérir des conditions meilleures ; et cette irradiation de TelTort est peut-être capable de fournir une raison suffisante de la variabilité illimitée et des variations innombrables des êtres, variabilité et variations dont on n'a pu encore donner une suffisante explication. La réalité et la valeur des efforts correspond certainement à la réalité et à la valeur des aspirations de la nature. Car l'effort n'est pas désintéressé, en ce sens queFeirort n'existe pas pour soi, qu'il n'y a pas d'effort pour l'effort, et que la nature ne fait pas eflbrt dans l'unique but d'avoir fait effort. L'effort est destiné à satisfaire une aspiration, une volonté qui est placée en debors de lui et au-dessiis de lui.

Mais l'existence dans la nature de l'aspiration qui provoque l'effort, et l'existence de l'effort lui-même, supposent nécessairement que la nature est le domaine de la volonté et de la liberté, c'est-à-dire le domaine de l'esprit qui est sensibilité, pensée, volonté et liberté : c'est là une conception que je ne puis songer à développer ici ; je l'ai déjà fait ailleurs, et surtout dans mon Essai : De l'orientalion de la méthode en évohitionisme, et je ne puis y revenir longuement. Je me borne à dire combien la présence indéniable de la finalité dans la nature, et combien cette constatation que les fonctions organiques et le développement des organes sont 'régis par une logique et une prévoyance surprenantes, viennent à l'appui de cette pensée que la nature n'est point un mécanisme aveugle et fatal, mais un organisme qui sent, qui pense, qui veut et qui agit.

La nature est donc le domaine du progrès par la liberté ; et la liberté se manifeste par la variabilité. La variation, surtout manifeste dans le monde vivant, mais qui existe certainement aussi, dans le monde inorganisé quoique dans des proportions parfois insaisissables pour nous, la variation dis-je, est, à mon sens, une manifestation inconsciente mais réelle

EVOr.LTION ET SOCIALISME 129

lie la liberté. La variabilité, c'est-à-dire le pouvoir relatif |)Our l'être de donner à l'évolution de son organisme une direction quelconque et non fiitalement déterminée par les antécédents, est au monde biologique ce qu'est au monde psychologique la liberté morale, c'est-à-dire la faculté d'im- [)rimcr à la volonté une direction non imposée.

Mais dans le monde moral la liberté a un point de mire, un phare permanent, capable d'indiquer la bonne voie, d'éclairer la marche et de préserver des chutes. C'est Vobli- (jation inorale. La tendance évolutive est à la biologie ce que l'obligation est à la morale. L'une et l'autre sont destinées dans leurs domaines respectifs à solliciter l'effort dans un certain sens, dans le sens du progrès. L'une et l'autre adressent des appels à la volonté consciente ou inconsciente. L'une et l'autre poussent la création dans la voie du progrès et du perfectionnement incessant. Il faut voir en eux deux facteurs parallèles, deux influences similaires, qui (notez-le bien) diffèrent plus par la qualité des domaines sur lesquels ils agissent que par le fond même de leur nature. L'une et l'autre en etTet ne sont que des manifestations de l'esprit qui anime le monde, et les témoins de ce souffle puissant projeté dans son sein par le Créateur en vue d'élever progressivement vers Lui la création qui est sa fille, et pour laquelle il éprouve une dileclion toute paternelle.

Sabatier.

Page 1