‹ Philosophie de l'effortChapitre 15 sur 51 · A PRIERE ET L HOMME · texte numérisé non relu

A PRIERE ET L HOMME

D\me manière très générale, la prière est un acte par lequel l'homme s'adresse avec confiance à la divinité pour obtenir de sa puissance, luie protection, une délivrance, une faveur, un don quelconque auquel il attache un grand prix. C'est là le sens que l'on donne généralement au mot prière. Ainsi comprise, la prière comporte la mise en action de deux personnes, l'homme qui prie, et la divinité qui est priée. Elle comporte également deux phases ou actes successifs, rinvocation, qui est la. part de celui qui prie, et l'exaucement cpii dépend du dieu à qui s'adresse la prière. Tout homme qui prie, et toute prière a donc pour condition sine qiia non, pour condition indispensable, la croyance en un dieu qui entend la demande et qui est capable d'y répondre. A ce

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point (le vue Tathce ne sauiail prier : athéisme et prière sont deux termes inconciliables et contradictoires.

La prière ainsi comprise se compose de deux éléments, Tun subjectif, relatif à celui qui prie, et l'autre objectif par rapport à ce dernier, c'est-à-dire la divinité qui agit en dehors de lui. Cet élément objectif de la prière distingue la prière dite d'intercession, qui comporte une intervention active de Dieu, de la prière d'édification ou d'élévation qui peut être limitée à l'acte purement subjectif. Il est en effet possible de croire en Dieu, mais en le considérant comme ayant fait son œuvre une fois pour toutes, et comme n'intervenant plus dans la marche de la création. Dans cette situation qui est le plus souvent celle des déistes purs, la prière n'est qu'une exaltation de l'âme cherchant à s'approcher de Dieu, exaltation capable de l'élever et de la rendre meilleure. La prière en elle-même et ses conséquences sont donc alors purement subjectives.

Cette dernière notion de la prière paraît supprimer des difficultés qui semblent très graves dans la conception des relations de la créature et du Créateur. Elle se présente par rapport à l'autre notion comme une grande simplification.

Il est, pour beaucoup d'esprits, dilTicile, sinon impossible, de croire que Dieu intervienne dans les phémonèmes et les faits de l'univers créé, et qu'il en modifie le cours et la tournure au gré des désirs d'une infime et impuissante créature. La sagesse divine a tout organisé, tout réglé d'avance dans la marche et le mécanisme de l'univers, et les modifications même passagères que l'homme lui demanderait d'y introduire, ne sauraient être que de misérables perturbations auxquelles la grandeur et la science divines ne sauraient se prêter. Telle est la manière de voir de ceux qui croient à la valeur purement subjective de la prière. Elle paraît simple et suffisante ; mais il s'agirait de savoir si elle est d'accord avec la réalité, et si elle est capable de réduire "à néant la conviction de ceux qui, au nom de leur expérience aussi bien qu'en vertu du témoignage de la conscience, croient fermement que les demandes adressées à Dieu avec foi, reçoivent souvent de lui une réponse, et que Dieu sait.

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quand il le jii^c bon, lnlei\cnii-, dans les cvéncnienls de ce monde.

11 est certain qu'entre ces deux points de vue il ne peut être question d'un jugement humain qui serait sans appel. Il y a ici, comme dans tout ce qui a trait au domaine de la conscience et de la loi, des raisons que la raison ne connaît pas; et le témoignage intérieur de chaque homme devient pour lui cause suffisante d'accepter tel ou tel point de vue. Je ne prétends donc pas prononcer un jugement ferme que chacun resterait lihre d'accepter ou de repousser. Mon seul objectif est de rechercher si les données scientifiques et rationnelles constituent des objections sérieuses à la prière d'intercession, ou si même elles permettent avec quelque raison de la comprendre et d'en accepter la réalité.

Pour procéder avec méthode et pour soumettre à l'appréciation et à la critique tous les éléments de la question, nous croyons devoir diviser notre examen en deux parties. La première concernera celui qui prie, l'homme, et la seconde celui qui est sollicité d'exaucer, Dieu.

L'homme qui prie dans le sens chrétien du mot, croit à l'existence d'un Dieu personnel et libre, capable de juger, de choisir, de vouloir et d'agir, d'un dieu accessible et paternel qui peut connaître les désirs des hommes et qui peut entendre leurs prières. Tout homme qui n'a pas cette croyance ne songe pas à prier, et nous n'avons pas à nous en occuper.

Que fait l'homme qui prie ? Quel est son état mental ? Quelle est sa situation morale ? Quel est l'essence même de son état de prière ? C'est ce qu'il convient d'analyser.

Il est bien entendu qu'il n'est pas ici question des formules marmottées ou des redites automatiques qui n'engagent que l'habitude inconsciente, et oi^i les réflexes ont bien plus de part que la réflexion. Ce ne sont pas là des prières ; ce sont des gestes, des attitudes, et nous ne nous en occuperons pas.

L'homme qui prie le fait sous la poussée d'un désir profond ; il veut fortement ce qu'il demande, et sa demande revêt en conséquence une ardeur singulière. Cette demande,

il l'adresse non à son inférieur ou à son semblable, mais à un être dont il dépend entièrement, et dont la grandeur, la puissance, la sagesse sont incommensurables par rapport à lui. Il y a donc à la fois ardeur et intensité maximum dans la demande, il y a solennité incomparable dans cette audience demandée au Roi des Rois, et au Souverain maître de toutes cboses. 11 y a donc exaltation considérable de la faculté de vouloir, et élan puissant de l'âme pour atteindre ce Souverain dispensateur de toutes choses. Mais il y a aussi exaltation de la faculté de sentir et d'aimer dans cette foi vive et profonde en la bonté divine, dans cette explosion de confiance et d'abandon à la paternité de Dieu.

Il est impossible qu'un tel déploiement de l'énergie psychique sous ses formes les plus élevées ne soit pas accompagnée d'un accroissement de puissance, d'une extension domaniale de l'àme. On a dit que la prière était la respiration de l'àme. C'est vrai en ce sens que la respiration est la condition par excellence et indispensable de la faculté de vivre et de la force corporelle et musculaire en particulier, si bien que chez les animaux à mouvements puissants correspond toujours une puissance proportionnelle de respiration. Parmi les vertébrés, les oiseaux, et surtout les oiseaux de haut vol, ont un appareil respiratoire d'une structure supérieure et une fonction respiratoire d'un activité très considérable. La respiration apporte à l'organisme le. premier et le plus indispensable des aliments : l'oxygène.

Mais la prière est encore pour l'àme une gymnastique merveilleuse qui accroît puissanmient la somme de ses énergies, et lui permet d'accomplir de grandes choses.

Comme l'alpiniste qui en gravissant les hauts sommets voit grandir sa puissance musculaire et l'activité fonctionnelle de tout l'organisme, l'homme qui, en priant, l'ait elTort extraordinaire de toutes les puissances de son àme pour s'approcher de Dieu, puise certainement, dans ces ascensions, de nouvelles énergies qui la grandissent et la fortifient. Mais de même aussi que l'alpiniste n'acquiert pas seulement de nouvelles forces, mais voit ses énergies se mieux associer, se mieux coordonner pour donner aux mouve-

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monts plus cradicsso, plus de souplesse, plus d'énergie, plus d'aptitude à produire un travail utile; de même aussi riioinnie de prière acquiert dans ces facultés psychiques plus d'équilibre, plus de solidité, plus de persévérance, plus de volonté, et finalement plus de capacité et de puissance.

Mais si l'énergie psychique s'accroît ainsi par la prière, qu'elle est la source oii elle puise les éléments de sa croissance ?

Sans empiéter sur ce que j'aurai à dire à propos du rôle possible de Dieu dans la prière, je me borne à répéter ici que l'énergie psychique, que l'âme s'agrège, elle la trouve et la puise dans l'énergie diffuse dans l'univers, dans ce milieu psychique qui anime la création, qui préside à son évolution, et qui est un héritage direct du Créateur qui est esprit. Je ne puis m'arréter à développer ce que j'ai dit ailleurs à ce sujet, et ce que j'aurai probablement l'occasion de redire. Je pense que l'esprit est partout, qu'il est l'énergie par excellence, l'énergie des énergies, celle dont peut -être toutes les autres, c'est-à-dire les forces dites physiologiques et physiques, ne sont que des étals autres et inférieurs, que les âmes des animaux et de l'homme ne sont que des centres d'accumulation de ces énergies, accumulations constituées et organisées en systèmes d'une manière toute spéciale par les centres nerveux.

Si telle est l'origine et la nature de l'âme, qu'y a-t-il d'étonnant que son noyau déjà formé puisse dans certaines conditions s'accroître d'accumulations nouvelles provoquées par un surcroît de son activité qui ne se sépare pas de l'activité de son accumulateur, le cerveau ? "La prière n'est donc pas seulement un mouvement puissant de l'âme, mais elle est encore la cause déterminante d'un emprunt d'énergie fait à la masse de l'énergie psychique universelle. La volonté humaine provoque et favorise cet emprunt ; mais, je le dis d'avance, nous aurons à examiner si la volonté divine ne pourrait pas jouer un rôle important dans sa réalisation.

Par cet emprunt, l'âme agrandie et fortifiée représente déjà pour un temps une phase ultérieure de son évolution.

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Elle est momentanément plus (jnuidc (juc ivihire et elle est devenue capable de réaliser des œuvres supérieures à ses pouvoirs ordinaires, des œuvres que la vie quotidienne ne nous olTre que comme de rares exceptions, des œuvres qu'on pourrait qualifier de sur naturelles.

Ces œuvres, fruit de la prière peuvent produire très probablement plus d'etTet que nous n'osons le supposer, et s'étendre à des domaines que nous considérons volontiers comme leur étant tout à fait étrangers.

Et cependant, si les considérations que nous avons présentées dans la première partie de cet Essai, méritent quelque créance, l'énergie psychique peut étendre son influence dans des directions très diverses. Concrétons notre pensée en prenant quelques cas particuliers !

Un homme prie pour un de ses semblables. Il demande ardemment pour lui le progrès moral et religieux, un état du cœur plus conforme à la loi divine, une vie plus sanctifiée, une conscience plus droite, une humeur plus joyeuse et plus bienveillante, des dispositions plus charitables, etc., etc.

Ne saurait-on concevoir et croire que l'impulsion puissante qui part de cette âme exaltée, fortifiée et agrandie par la- prière, soit capable de retentir secrètement sur l'âme de celui qui en est l'objet et l'occasion, ne puisse imprimer à ses sentiments, à sa volonté, à son jugement même une orientation conforme à celle que l'âme qui prie a si ardemment désirée pour lui ? ^1 priori, s'il est vrai que les mouvements psychiques puissent se transmettre d'âme à âme sans signes extérieurs, on ne saurait nier la possibihté d'un semblable effet de la prière.

Cet eflèt est rationnel et conforme à ce que tend à établir l'observation.

L'homme peut donc prier avec foi pour l'âme de son semblable, pour ses dispositions intérieures, pour la direction de sa volonté ; il n'y a là au fond que des relations d'âme à âme qui entrent aujourd'hui dans le domaine des faits acceptés par la science.

Mais un homme peut-il influer par la prière sur le corps, sur la santé par exemple de l'un de ses semblables. Peut-on

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demander, avec quelque confiance d'être exauce, la guérison d\ui malade, le soulagement d'une infirmité ou d'une soufiVance physique? Le cas est certainement jjIus délicat, mais il peut cependant être envisagé avec quelque fruit.

Il n'est personne qui ne soit prêt à reconnaître qu'entre l'âme et le corps d'un homme il n'y ait de profondes relations. Ces relations sont si intimes, et l'union entre ces deux éléments de la personne humaine paraît si profonde, qu'on ne peut, dans bien des cas, distinguer ce qui, dans les manifestations de la vie, est du domaine de la physiologie de ce qui est le fait de Faction psychique. Union profonde, relations mystérieuses mais incessantes, influence considérable et réciproque de Tun sur l'autre de ces deux éléments, c'est là ce que tout homme est appelé à reconnaître comme faits indiscutables.

L'influence de la volonté, des passions, des habitudes de penser, sur les attitudes corporelles, sur la manière d'être, sur l'expression de la physionomie, sur la santé, sont des constatations de tous les jours. On sait que la volonté est capable d'enrayer certaines alTections, et que, comme le dit si bien Fauteur des Proverbes, le contentement d'esprit est un bon remède ; on va même jusqu'à penser, avec quelque raison, que la volonté peut retarder de quelques moments l'heure de la mort.

Ces faits admis, on ne peut se refuser absolument à admettre que l'énergie psychique de l'homme qui prie, exerçant son influence sur l'àme de celui pour lequel on prie, peut par là même, et d'une manière indirecte, agir aussi sur son corps. Un ébranlement considérable, une impulsion puissante de celui qui prie, émeut et oriente les énergies psychiques de celui qui est l'objet de la prière et peut imprimer par là à son organisme une impulsion salutaire.

Cette opinion est d'autant plus facile à accepter qu'elle rencontre un puissant appui dans le fait de la suggestion par la parole ou par le signe. La volonté de celui qui exerce la suggestion est, on ne saurait en douter, capable de supprimer la douleur, de réduire des contractures, de donner des sensations déterminées, c'est-à-dire d'imprimer à l'organisme

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du sujet une impulsion et une orientation particulières. L'âme du suggestionneur agit donc sur le corps du suggestionné, sur l'organisme du suggestionné en prenant pour intermédiaire Tàme de ce dernier.

N'est-ce pas là ce qui se passerait dans la prière, avec cette dilTérence sevdement que dans un cas il y a suggestion par la parole, et dans l'autre suggestion mentale ou par télépathie. Mais cette ditîérence ne saurait apporter entre les deux cas une dilTérence essentielle. Elle se réduit à une dilTérence de conditions.

Il ne semble donc pas irrationnel d'admettre que par la prière on puisse avoir quelque influence sur la santé ou les habitudes corporelles de celui en faveur de qui est faite la prière.

C'est entendu, dira-ton, la prière peut influer sur l'élément corporel de celui pour qui l'on prie. Les relations intimes et Tunion profonde, l'unité même de Tàme et du corps de ce dernier permettent de le concevoir. Mais la prière peut-elle avoir quelque influence sur la nature, sur la matière non vivante, sur ce qui est soumis à des lois si précises qu'elles ne sauraient laisser place à l'action d'une volonté humaine, et qu'elles engendrent un enchaînement inéluctable de phénomènes et d'événements? Peut-on croire rationnellement à Tinfluence de la prière sur la matière dite brute i' \'oilà la question dans toute sa crudité et avec toutes ses difficultés.

Nous avons donc à examiner, quant au rôle de celui qui prie, si la prière peut rationnellement avoir une influence, une action sur le monde matériel. En d'autres termes, riionime qui prie peut-il modifier en quelque mesure les phénomènes d'ordre purement physiques ?

La question paraît au premier abord bien paradoxale et peu digne d'une discussion sérieuse. Mais il ne faut pas se hâter de céder à de pareilles impressions. Et d'abord il convient de repousser la pensée que les phénomènes psychiques puissent altérer les lois qui régissent la matière et modifier les lois du monde physique. C'est là un point de vue qu'il Sabaïier. Il

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fanl écarter crniic manière expresse et avec un soin extrême. Si la force ])8vcliiqiie introduit dans les phénomènes du monde physique des modifications, ce n'est pas qu'elle modifie les lois du monde physique ; elle se borne à associer à l'action des forces dites matérielles Faction d'autres forces dont l'influence s'ajoutant à celle des premières et se combinant avec elles, produira une résultante nouvelle sans annuler et modifier la première résultante, attendu que celle-ci deviendra une des forces composantes de la nouvelle résultante.

Un exemple expliquera clairement ma pensée. La force de la pesanteur entraîne les corps matériels vers le centre de la terre. C'est là une influence à laquelle aucune portion de matière terrestre ne semble pouvoir être soustraite. Supposons une boule d'acier obéissant à cette loi, et tombant d'une certaine hauteur ; avant d'arriver au point terminus, c'est-à-dire à la surface du sol, la bovde d'acier rencontre vm aimant, c'est-à-dire une masse de fer chargée de force magnétique, qui l'attire au passage et l'arrête avant la fin de sa course. La boule d'acier cesse-telle par là, à ce moment, d'obéir à la force de la pesanteur? Nullement, la force agit toujours sur elle, suivant la même direction, suivant les mêmes lois ; mais son influence, au lieu d'entraîner la boule vers la terre, est employée à contrebalancer vme partie correspondante de la force magnétique qui la retient à une certaine distance du sol. La pesanteur n'est pas annulée, elle est seulement contrebalancée et dominée par la force magnétique ; et l'effet de cette dernière est d'apporter dans la chute de la boule des modifications propoitionnées à sa puissance relative.

C'est là un cas qui rentre dans cette proposition déjà citée de la conférence de Duclaux : nous savons qu'il n'y a pas nécessairement du repos réel là où l'on voit le repos apparent, que plusieurs forces peuvent se réduire mutuellement au repos sans cesser d'être. Et, en eflet, la gravitation est ici réduite au repos par la force magnétique, mais elle n'est certes pas supprimée. Son action est permanente, les lois de cette action sont respectées. jNIais le mouvement de chute qu'elle devait produire est empêché par une autre force qui conserve aussi sa valeur et ses lois, la force magnétique.

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Ce que la force magnétique l'ait dans cette circonstance, ne peut-il pas être l'ait par la force psychique P C'est-à-dire cette dernière ne peut-elle apporter des modifications non dans la force de la pesanteur et dans ses lois, mais dans ses manifestations par l'adjonction dans le phénomène d'un facteur nouveau? C'est là la question qu'il conviendra ici d'examiner.

A priori, rien ne s'oppose à ce que l'on admette que la force psychique peut agir sur la matière.

D'abord cela ne saurait être nié dans les limites de l'individu, dans l'étendue de l'individu himiain ; nul ne s'avisera de nier que les mouvements de Tàme ont une influence considérable sur la production et la forme des phénomènes physiques et physiologiques du corps qu'elle anime, sur les mouvements du corps.

Nous nous sommes suffisamment expliqué à cet égard dans quelques-unes des pages qui précèdent.

Mais en outre, si l'on veut bien admettre avec nous ' et avec un nombre toujours croissant de savants, de philosophes, de physiciens, de biologistes même, que la vie est représentée partout avec des degrés différents d'intensité, qu'elle existe aussi réellement, quoique avec des manifestations moins éclatantes, dans la matière dite brute que dans la matière dite vivante, que la vie est le fruit ou le fait de l'esprit, c'est-à-dire d'une force qui discerne, qui choisit, qui tend vers une fin et qui la réalise, si l'on est conduit, comme cela nous semble logique, par ces considérations, à regarder les forcçs générales comme des formes inférieures et rudimentairesde l'esprit, et à voirTesprit répandu partout comme la force créatrice, organisatrice et directrice de l'univers, si, en somme, on considère les diverses forces répandues dans l'univers à nous connu, comme des manifeslalions différentes d'une force iinû/ae, on ne saurait se refusera considérer, non seulement comme possible, mais comme très probable que l'action d'une de ces formes de la force puisse influer sur les autres formes. Et d'ailleurs, n'est-il pas vrai que l'action de la lumière, de l'électricité, de la chaleur, en un mot l'action des formes

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