I. A. Sabalier, Essai sur la vie cl la rnoii, drjà ci le
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dites matérielles de l'cnergie a une répercussion très certaine el 1res marquée sur la forme psychique de Ténergie. L'état mental d'un homme varie certainement suivant que ces formes matérielles de l'énergie exercent sur lui leur influence (froid, chaud, lumière, obscurité). Pourquoi se refuserait-on à penser que la forme supérieure de la force, c'est-à-dire la forme psychique reste sans influence sur les formes inférieures !* C'est certainement du côté de cette négation que se trouve le défaut de logique et le paradoxe.
On m'objectera })eut-être que la lumière, la chaleur, etc., n'agissent pas directement sur Fàme, et ne sont pas des modificateurs directs de la force psychique, que ces forces matérielles n'influencent l'âme que parce que, transmises par les vibrations de réther, elles sont venues impressionner la matière nerveuse (organes sensibles et centres nerveux) ; qu'il y a donc entre les deux ordres de forces, la matière des centres nerveux comme agent de transmission et de transition, tandis qu'on ne saurait invoquer un pareil intermédiaire entre la force psychique et les forces physiques, alors que la première agirait sur les secondes.
C'est là mie objection qui a pu avoir autrefois une grande valeur, mais avec laquelle on peut en user librement aujourd'hui, car si l'on est de par les faits autorisé à penser que l'impidsion psychique se transmet à distance sans signes visibles extérieurs qui mettraient en jeu les organes sensibles, il n'est certes pas absurde de présumer que s'il y a un milieu ou des milieux vibrants, un fluide ou des fluides impondérables, des éthers, qui sont les véhicules de la chaleur, de la lumière, du magnétisme, de l'électricité, etc., un véhicule de même ordre est peut-être aussi celui de l'action psychique. C'est là la pensée de Crookes et de bien d'autres.
Il en résulterait que la force psychique fait sentir son influence aux forces matérielles en dirigeant ses vibrations spéciales vers les portions de matière qui servent de forme, de substratum à ces forces matérielles, et qui leur permettent d'être perceptibles pour nous (qui les rendent perceptibles). Si donc les forces matérielles ont une influence certaine sm* la force psychique, il n'est pas illogique de penser que la
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force psychique peut à son tour influer sur les forces matérielles. Mais les Ihlls, Tobservalion, rexpéricnccpermetlenl-ils lie conslalcr celle influence de la force psychique sur les forces malérielles ? Te ne crains pas de Tairirmer pour ce qui a trait (In moins à la gravitation, à la force de la pesanteur. Il est loisible aux personnes qui pensent que tout est connu et que loul es( dil, qu'il n'y a pins de forces nouvelles et de phénomènes nouveaux à découvrir, de sourire d'une telle affirmalion. Il y a encore malheureusement trop de savants que la découverte des rayons Rœntgen n'ont ni instruits, ni corrigés, et qui croient fermé pour jamais le cercle des objets à connaître. Rappelons-nous cette grande et sage parole d'Hamlet nlllrmant qu'il y a dans le ciel et sur la terre incomparablement plus de choses inconnues que de choses connues de nous, et n'imitons pas ceux qui ont traité Galvani de maître (le danse des (jrenouilles et qui ont ri de la découverte de la matière dite radiante.
Le grand physicien Crookes, un des expérimentateurs les plus sagaces et les plus originaux, a décrit avec grand soin une série d'expériences faites par lui, sur un sujet spécial dit médium^ dans des conditions de contrôle propres à inspirer tonte confiance. Dans ces expériences, à la volonté du médium et sans contact direct, des mouvements se produisaient dans des instruments divers tels queaccordéon, balances, etc. . . Crookes a été considéré à ce propos comme un illuminé, et ce n'est pas sans quelque amertume, et j'ajouterai sans quelque raison, qu'il s'est plaint de ce qu'aucun de ses collègues de la Société royale de Londres n'ait consenti, malgré ses demandes pressantes et réitérées, à venir constater les faits observés et ajouter son contrôle et son témoignage aux siens. Crookes a désigné la force agissant dans ces circonstances comme une force psychique. On peut sur ce point n'être pas d'accord avec lui ; mais tout ce que l'on a pensé et dit jusqu'à ce jour sur la nature de cette force n'est que conjectures et hypothèses.
Quelle que soit la théorie que l'on adopte à cet égard, quel que soit le mécanisme que l'on suppose à la production de ces manifestations étonnantes, il convient de retenir ce fait
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que la volonté du sujet, et même une dépense considérable de volonté, cVst-à-direune intervention de l'énergie psychique est le fait initial et Ibndaniental de ces phénomènes, et qu'ils établissent connne cerlain (jue l'énergie psychique peut, sans intermédiaire apparent, sans contact matériel sensible, modifier le monde matériel.
Les ex])érienccs de Crookes, quoique restant à l'étal de fait imique et isolé, devaient, à cause même de la valeur exceptionnelle de l'observalcui', être vm sujet sérieux de préoccupation, même pour les incrédules; mais il faut convenir qu'elles ne pouvaient entraîner à elles seules une conviction ténue chez ceux qui n'avaient pas été leurs témoins. Les résultats en étaieiU trop extraordinaires pour qu'un témoignage isolé leur donnât un crédit sulhsant. L'hésitation si légitime des savants sur ce sujet a trouvé depuis lors l'occasion de faire place à plus de certitude du moins pour un nombre assez important d'observateurs, dont quelques-uns ont une valeur scienlilique incontestable. Je veux parler des phénomènes produits [)ar Eusapia Paladino, en présence d'un nombre important de commissions formées de savants et de philosophes et qui ont successivement été les témoins avertis et précautionnés de ces faits surprenants. On sait en effet qu'en présence de ces commissions qui comptaient des hommes conune Lombroso, Ochorowicz, Charles Richet, Lodge, Sciaparelli, de Rochas, etc., etc. Eusapia en état de transe, ou même en dehors de cet état de subconscience, a pu par vme application intense de sa volonté, imprimer des mouvements assez étendus à des corps matériels lourds, en dehors de toute intervention corporelle et même de tout contact (tables soulevées, armoires s'ouvrant et se fermant à volonté, transport de clés, jeu de piano, soulèvement violent de rideaux lourds, mise en marche de fauteuils de grands poids, sensation de coups ou de pression sur des spectateurs que le sujet ne pouvait atteindre, etc., etc.). Ces faits consignés dans des rapports, et notamment dans les Annales des Sciences psychiques du D"" Dariex, ont établi cliez la grande majorité de ceux qui les ont observés, la conviction ti;ès sérieuse que l'impulsion
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seule de la volonté pouvall par rintermédiaire ou le jeu d'un mécanisme Insaisissable, et dans tous les cas entièrement inconnu jusqu'à présent, agir sur les corps matériels considérés comme masse pesante et les déplacer, leur imprimer un mouvement. J'ai eu le privilège de participer à une série de ces expériences faites à Lagnelas chez le colonel de Rochas', et après les contrôles très rigoureux et très variés (jiie nous avions soigneusement exercés, après les précautions très minutieuses prises, il n'est resté dans l'esprit d'aucun des observateurs de doute sur la possibilité et sur la réalité de ces phénomènes. Le fait seul que dans une expérience tout à fait improvisée, en pleine lumière éclatante fournie [)ar une grande lampe à pétrole, sous les yeux braqués et attentifs de cinq observateurs dont plusieurs étaient des hommes de science habitués à l'expérimentation, le fait seul dis-je que Eusapia a pu, à l'état tout à fait normal et conscient, imprimer à une balance pèse-lettres, par sa seule volonté, sans contact, alors que je tenais chacune (le ses mains dans Vune des miennes, des mouvements oscillatoires extrêmes d'élévation et d'abaissement de la balance qui suivaient exactement les mouvements d'élévation et de descente de ses mains tenues cependant à la distance de 3 ou 4 centimètres, ce fait seul, dis-je, couronnant cinq jours de longues expériences qui avaient lait successivement tomber nos préventions et nos doutes, ce fait seul, dis-je, serait-il isolé, me permettrait d'allirmer que (toute interprétation théorique réservée) il y a là des phénomènes positifs, indéniables, et dignes d'être ' médités. Il me semble en ressortir que, soit directement, soit indirectement (mais en dehors de tout contact observable) l'énergie psychique sous sa forme de volition est capable d'agir sur la matière brute considérée comme masse pesante et de lui imprimer des mouvements.
C'est là un fait positif, à mon avis suffisamment entouré de preuves et de témoignages. Ce qui est moins établi, c'est la générahté, la fréquence de ce fait, la généralité de ces phéno-