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Annales des Sciences psychiques, VI'" année, 1896, n" i

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mènes dans Tespèce humaine. Il est certain que les sujets qui en sont les instruments à ce degré paraissent extrènionicnl rares. Mais peut-être le sont-ils moins qu'il le paraît.

On peut en elTet supposer que des phénomènes de cet ordre, d'une signification et d'un caractère si remarquahle, ne sauraient être le propre d'un très petit nombre de sujets et être absolument étrangers aux autres hommes. Des faits de cet ordre en effet ne sont pas de simples modalités des fonctions psychiques, mais ils révèlent une relation étonnante, singulière, très caractérisée entre les mouvements, les impulsions de la volonté et les mouAements de la matière considérée comme masse.

On peut donc soupçonner à bon droit que ces relations sont un fait général, mais qui se dérobe dans l'immense majorité des cas à nos moyens de constatation, soit parce que nos sens sont imparfaits, soit surtout parce que ces phénomènes aiteignenl presque toujours des proportions si minimes qu'ils nous échappent, soit aussi que notre attention n'étant pas éveillée à leur sujet, nous les laissions passer sans les remarquer. Chez quelques natures plus ou moins rares, le pouvoir de l'énergie psychique, et surtout un certain pouvoir de la volonté donnent à ces phénomènes des proportions assez grandes pour qu'ils frappent l'attention et deviennent objets d'observation ou d'expérience. Le nombre de sujets sur lesquels ils ont été constatés sont rares en effet; mais qui dira combien d'hommes capables de les produire passent inaperçus à cet égard, parce que des circonstances diverses les ont placés en dehors des conditions où ils auraient pu être remarqués et observés ?

Si l'action de l'énergie psychique peut s'exercer efficacement et sans intermédiaire sensible sur la matière brute considérée comme masse, si en outre cette action est un fait général qui ne varie chez les hommes que par des degrés d'intensité, n'est-on pas en droit de penser que par la prière l'âme se haussant dans l'échelle de l'énergie et de la puissance, peut parvenir, dans certains cas, à donner à cette action des proportions susceptibles d'être constatées, ou

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dans tous los ras plus (|u\)nliiiaires? Je ne vois pour ma [)arl aucune objection sérieuse à laire à cette manière de voir.

Mais nous devons envisager la question de l'influence de la prière sur la matière brute sous un aspect plus intime, dirai-je.

La volonté peut-elle introduire des luodiiications durables ou temporaires dans la vie moléculaire, dans la vie intime de la matière ?

Nous pouvons envisager cette question de l'inlluence possible du psycliique, du mental sur les mouvcmenls ou la vie intime de la matière brute, à un point de vue que nous avons déjà indiqué dans les pages précédentes.

Si nous pensons en eOet, que l'esprit est présent partout, que partout dans la matière brute, comme dans la matière vivante, réside un élément de vie et de mentalité, très obscur sans doute dans la matière brute, plus ou moins évident et conscient dans la matière organisée et vivante,* si, comme je le pense, la matière n'est au fond que la figure, la forme de la vie et de l'esprit, si la matière n'est que de l'esprit devenu plus ou moins sensible, quoi d'étonnant que l'esprit capable de volonté consciente puisse agir sur l'esprit inférieur et obscur qui se laisse soupçonner plus que démontrer dans la \i(' intérieure de la matière brute, et à plus forte raison sur Tesprit qui anime la matière organisée et qui est la source de la vie physiologique. Cette action du semblable sur le semblable, d'une forme de l'énergie sur la même forme, de l'esprit sur l'esprit, n'a rien qui se présente à l'entendement conmie impossible et paradoxal.

A cette conception on opposera certainement le déterminisme des phénomènes matériels ; mais l'objection est spécieuse, elle manque de solidité. Je ne nie pas absolument le déterminisme ; mais il y a déterminisme et déterminisme. Ce qu'on peut et doit se refuser à admettre, c'est le déterminisme mécanique absolu, exclusif et aveugle, celui qui conduit à la fatalité des phénomènes et à leur fatalité absolue, si bien qu'il n'est pas même permis de considérer en eux la variation comme possible et indépendante d'un pur niéca-

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