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DOUZIÈME ESSAI

VIE ET ESPRIT DANS LA NATURE. - IMMANENCE ET TRANSCENDANCE. — ANTHROPOMORPHISME

La conreption de Dieu père de la création, et la conception de la créature, telles que je les ai exposées, placent le divin, à la fois dans sa source suprême et personnelle, dans l'Être dont la pensée, la volonté, la puissance dominent toutes choses, mais aussi dans la créature qui, étant une émanation même de Dieu, est faite de la substance divine, comme l'enfant est fait de la substance paternelle.

Par là se concilient et se justifient la conception du monde créé comme siège de l'action incessante de la vie et de l'esprit (qui sont d'ailleurs une même chose) et la conception d'un Dieu personnel et tout puissant qui a enfanté ce monde comme le fruit de sa pensée, de sa volonté et de son amour. L'univers tout imprégné de vie, tout imprégné d'esprit, tout vibrant des énergies divines, n'est dont pas un argument à opposer a l'existence du Dieu [)ersonnel esprit et vie. L'univers vie et esprit émanant d'un Dieu père vie et esprit, se présente comme une conception éminemment logique et rationnelle.

Nous ne pouvons douter qu'il n'y ait entre l'esprit tel que nous le fait connaître l'àme humaine et la création, c'est-àdire la nature, une harmonie révélatrice de la présence de l'esprit dans cette nature.

« Entre le monde extérieur et notre intelligence, dit M. de Freycinet' il se révèle une adéquation singulière dont nous ne sommes pas les auteurs. L'intelligence humaine et la nature rentrent dans un plan général en vertu duquel la

I. Do Freycinet, Philosophie des Sciences; Paris, Gaulliier-\ illars.

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