VIE ET ESI'UIT DANS I.A >ATI HE
Je veux mainlenaiit l'aiie i('iii.M(|U('r ((niihicn Toriji^ine (1(* Tiinivers sensible par un gcnnc clclaclu'' du (^léalenr, apporte une solution salisfaisanle à la question si controversée de la transcendance et de rimmanence divines. — Dieu existe-t-il en dehors de l'univers, ou bien est-il partie même de l'univers? L'intelligence divine a-t-elle placé l'univers en dehors d'elle et à côte d'elle, tout en restant indépendante et distincte, tout en étant personnalité autonome ? Ou bien l'intelligence divine est-elle le principe animateur même de l'univers, lié à lui indissolublement et confondu avec lui ? Telles sont, on le sait, les deux grandes conceptions, théisme et panthéisme, entre lesquelles a pu paraître exister un fossé infranchissable. Mais si l'intelligence qui anime l'univers est issue de l'âme même de Dieu, si elle est de même essence que celle-ci, ayant puisé en elle son germe et le point de départ de sa genèse future, il y a donc à la fois : transcendance réelle en ce sens que Dieu est resté lui-môme, personne distincte et libre vis-à-vis de son œuvre, comme le père l'est vis-à-vis de sa descendance ; et à la fois aussi immanence en ce, sens que l'énergie de source et d'essence divines a fourni la substance de l'univers, et que l'esprit du père a été transmis à l'enfant. Mais cette parenté directe entre le Dieu personnel et l'univers créé, cette communauté d'essence est la garantie d'un échange continuel de relations qui doit aboutir à une pénétration réciproque, capable, sinon d'elTacer, du moins d'estomper, les limites entre Dieu et l'univers. Par là disparaît toute opposition irréductible entre la transcendance et l'immanence divines, et nous pouvons donner pleine adhésion aux paroles si justes de Charles Sécrétan^ : « A quelque point que Ton se place, on reconnaîtra que l'intelligence est à la fois immanente et transcendante, et que la querelle du panthéisme et du théisme roule sur des questions de nuance et de degré. »
Le conciliation de la transcendance et de l'immanence divines, n'est pas d'ailleurs une pure satisfaction intellectuelle et pour ainsi dire scolastique. Llle répond aussi et plus