En français dans le texte. [Trad
PHILOSOPHIE DE L'exI'ÉRIEXCE
réalisteque l'existence du roi est indépendante du fait d^être connu par le chat. Cette assertion revient à dire qu'il n'y a pas nécessairement une difTérenc» essentielle pour le roi entre le fait d'être connu et celui de n'être pas connu par le chat, et que le chat peut cesser de le regarder ou même cesser d être, sans qu'il y ait rien de changé pour le roi. Une telle assertion, mon ingénieux collègue considère qu'elle conduit pratiquement à la conséquence absurde qu'il est impossible que ces deux êtres forment jamais aucun lien ou aucune relation : de toute nécessité, ils resteront éternellement pour ainsi dire, dans deux mondes différents' Supposez, en effet, qu'un rapport quelconque s'étabhsse entre euy dans la suite : ce rapport ne pourrait être qu'un troisième être qui s'ajouterait au chat et au roi, et qui devrait leur être rattaché à tous deux par de nouveaux liens avant de pouvoir les rattacher l'un à l'autre, et ainsi de suite d Itnfim. L'argument, vous le voyez, serait le même que celui de Lotze sur la question de savoir comment l'influence de a exerce son action lorsqu'il influence b.
Pour parler comme Royce, si le roi peut exister sans être connu du chat, alors le roi et le chat .< ne peuvent avoir aucun caractère commun, ni aucun len, m aucune véritable relation; ils sont séparés 1 un de l'autre par des gouffres absolument infranchissables. Ils n'appartiennent ni au même espace
L IDEALISME MONISTE
ni au même temps, ni au même ordre naturel ou spirituel » ^ En résumé, ils forment deux univers sans aucune relation; et c'est là notre fameuse réduction à Vabsurde,
En conséquence, pour échapper à cet absurde état de choses, il nous faut rejeter l'hypothèse primitive : le roi et le chat ne sont pas indifférents Tunà l'autre de la manière d'abord supposée. Mais si ce n'est pas de cette manière, ce n'est d'aucune autre façon, car la jonction en ce sens entraîne la jonction dans les autres sens; de sorte que. si nous renversons notre raisonnement, nous aboutissons à l'absolu lui-môme comme au moindre fait qui puisse exister. Le chat et le roi sont impliqués l'un dans l'autre; ils sont un fait unique sous deux noms; ils ne peuvent jamais avoir été absents l'un pour l'autre, et ils sont également tous deux co-impliqués dans les autres faits dont se compose l'univers.
La preuve présentée par le professeur Royce est que, si l'on admet que le chat connaisse le roi le moindrement, il s'ensuit qu'on doit admettre l'absolu intégral. Cette preuve, on peut l'exposer brièvement de la manière suivante.
D'abord, pour connaître le roi, le chat doit avoir en vue ce roi-là; il doit, d'une manière ou d'une autre, aller à lui, le saisir en tant qu'individu et en tant qu'espèce. En résumé, l'idée que le chat