Hegel, dans Blackwood's Philosophical Classics. p
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moyen d'un maigre allirail de vieux termes logiques : proposition, négation, réflexion, universel, particulier, individuel, et autres du même genre. Mais sur quoi opérait-il en réalité? C'est sur ses propres perceptions empiriques; et celles-ci dépassaient et débordaient ses catégories logiques, qui se trouvaient misérablement insuffisantes dans tous les cas où il les appliquait.
Le coup le plus original qu'il ait frappé, c'est celui qui se rapporte à la catégorie des négations. L'opinion orthodoxe est que vous ne pouvez avancer logiquement à travers le champ des concepts iju'en allant du même au même. Hegel a senti profondément la stérilité de cette loi de la pensée conceptuelle : il a vu que, d'une certaine façon, la négation met, elle aussi, les choses en relation ; et il a eu l'idée originale de dépasser la logique ordinaire en s'avançant du différent au différent, comme si c'était aussi une nécessité de la pensée. « Le prétendu principe d'identité, dit-il, est supposé admis par la conscience de chacun. Mais dire : •une planète est une planète, le magnétisme est le magnétisme, l'esprit est l'esprit,— comme l'impose une telle loi, — c'est là un langage qui mérite d'être taxé de niaiserie. Aucun esprit ne parle, ne pense, ne forme ses conceptions d'après cette loi, €t aucune existence d'aucune sorte ne s'y conforme. Nous ne devons jamais considérer l'identité comme une'identité abstraite, à l'exclusion de
HEGEL ET SA METHODE
toute différence. C'est là la pierre de touche pour distinguer toutes les mauvaises philosophies de ce qui seul mérite d'être appelé une philosophie. Si penser n'était pas quelque chose de plus qu'enregistrer des identités abstraites, ce serait une opération absolument superflue. Les choses et les concepts ne sont identiques que dans la mesure où ils impliquent en même temps une distinction* .»
La distinction que Hegel a ici dans l'esprit, commence naturellement par être la distinction entre une chose ou un concept, d'une part, et les autres choses ou concepts, d'autre part. Mais, avec lui, cette distinction ne tarde pas, en se développant, à devenir une contradiction de la chose ou du concept avec les autres choses ou concepts, et, par un choc en retour, elle finit par devenir uno contradiction des choses avec elles-mêmes ou d«jii concepts avec eux-mêmes : désormais la contradiction interne et immanente de tout concept fini devient la force de propulsion logique qui met le monde en mouvement^.
« Isolez une chose de toutes ses relations, — dit le docteur Edward Caird^, exposant Hegel, — et essayez de l'affirmer toute seule : vous consta-