‹ Philosophie de l'expérience [microform]Chapitre 23 sur 58 · SI · texte numérisé non relu

SI

i ïî

If

cohérence doit impliquer, comme un moment nécessaire de l'opération par laquelle il se pose et s'affirme lui-même, l'affirmation des intelligences finies se posant elles-mêmes également, alors que cette dernière affirmation, sous sa forme extrême, est une erreur. Eh bien! M. Joachim qualifie ce problème d'énigme insoluble. Si la vérité est bien la source et l'origine de tout, comment l'erreur peut-elle se glisser dans le monde? (> On peut dire, conclut-il, que la théorie de la vérité cohérente fait naufrage à son entrée même dans le port*. » Malgré cette forme plutôt vicieuse de l'irrationnel, M. Joachim affirme avec force sa « certitude immédiate »2 à l'égard de la théorie môme qui a fait naufrage, car il n'a « jamais douté » de sa justesse, dit-il.

Cet aveu loyal d'une attitude immuable dans sa foi à l'absolu, croyance que môme ses propres critiques et ses propres embarras ne réussissent pas à troubler, me paraît à moi très significatif. Non seulement les empiristes, mais aussi les partisans de l'absolu, confesseraient tous, s'ils avaient la môme franchise que cet auteur, que la toute première chose dans leur philosophie, c'est leur vision d'une vérité possible, et qu'ils emploient ensuite leurs raisonnements à la convertir de leur mieux en une certitude ou en une probabilité.

Page 1