‹ Philosophie de l'expérience [microform]Chapitre 28 sur 58 · Royce. The Spirit of Modem Phylosophy, p · texte numérisé non relu

Royce. The Spirit of Modem Phylosophy, p

LA COMPOSITION DES CONSCIENCES

faisant qu'un avec toutes les autres choses, et revêtus de tout ce qu'implique, dans sa plénitude, ridée de notre Moi. En même temps, d'ailleurs, qu'une existence réelle, identique à la connaissance qu'il a de nous, nous avons aussi une existence apparente, car chacun de nous s'apparaît à luimême séparément, sans que lui apparaissent la plupart des autres choses, et s'apparaît de manière à rester incapable d'exprimer complètement, à beaucoup près, l'idée de son Moi propre. Or, la doctrine classique de l'idéalisme panthéiste, depuis les Upanishads jusqu'à Josiah Royce, est que les intelligences finies, malgré leur ignorance apparente, ne font qu un avec Celui qui connaît tout le réel. Chacun des moments les plus limités de notre expérience particulière renferme implicitement l'idée de l'absolu, nous dit le D^Mac Taggart. Les moments, dit Royce, n'existent que relativement à elle. Ils ne sont vrais ou erronés que par sa présence qui projette son ombre sur eux. Du Moi plus vaste qui, seul, est éternellement, ils sont les parties organiques. Us ne sont qu'autant qu'ils se trouvent impliqués dans son être.

Ainsi, pas d'autre Moi réel que celui-là, que ce Moi dans la conscience duquel tiennent tous les Moi moins étendus : ce Moi qui est le logos, qui résout tous les problèmes et qui sait tout. Ingénieusement, Royce compare l'ignorance qui, de notre f^it à nous, éclate au milieu de sa

connaissance parfaite, cette ignorance qui m'isole le vous et nous isole de lui tous deux, à l'inattention où nos esprits finis risquent de tomber à regard de détails implicitement présents, tels que ces sensations auxquelles je faisais allusion tout à l'heure. Ces sensations sont, par rapport à chacun de nos esprits individuels, par rapport à ce qu'il est dans son ensemble, ce que nos esprits individuels sont par rapport à l'esprit absolu. Individualité signifie ignorance, — je continue à citer Royce, — et ignorance signifie inattention. Nous sommes des esprits finis, parce que nos volontés, comme telles, ne sont que des fragments de la volonté absolue; parce que volonté signifie intérêt pris à quelque chose; parce que volonté incomplète signifie intérêt incomplet; et parce que intérêt incomplet signifie inattention à beaucoup de choses qu'un intérêt plus complet nous amènerait à percevoir*.

Cette explication de Royce est la tentative de beaucoup la plus rigoureuse qu'on ait faite depuis Hegel pour interpréter certaines données empiriquement saisissables, de manière à en tirer la notion du rapport qui nous unit à l'absolu.

Au moment où je vous propose d'examiner cette hypothèse, je dois avouer que je tremble de peur. C'est là un sujet subtil et abstrus. Néanmoins,

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