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sées, comme s'il était indécent pour une vérité d'aller toute nue ! Feu le professeur John Grote, de Cambridge, fait là-dessus des remarques fort justes : « La pensée, dit-il, n'est pas une matière professionnelle, ni quelque chose qui appartienne seulement aux soi-disant philosophes ou penseurs officiels. Le meilleur philosophe est l'homme qui pense on ne peut plus simplement. Je voudrais voir les hommes considérer la pensée, — et la philosophie n'est rien de plus qu'une pensée saine et méthodique, — comme chose qui leur est intérieure, qui fait partie de leur moi réel... les voir attacher un prix à ce qu'ils pensent et s'y intéresser... A mon avis, continue cet auteur, il y a quelque chose de décourageant dans ce fardeau d'érudition, où rien ne saurait vous venir à l'esprit sans qu'on vous dise : oh! c'est l'opinion exprimée il y a longtemps par telle ou telle personne... Je ne puis concevoir rien de plus nuisible pour ceux qui veulent s'instruire, que de se dire sans cesse, à propos de leur pensée philosophique habituelle : oh! quelqu'un doit avoir pensé tout cela avant moi^! »
Telle est pourtant l'habitude qu'on encourage dans nos centres d'enseignement. Vous devez subordonner votre opinion à celle d'Aristote ou de Spinoza; vous devez la définir par sa distance à