Shakespeare, Mesure pour Mesure, IV, i. [Trad
LA CONTINUITÉ DE L'eXPÉRIENCE
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question plus générale et plus positive de savoir si l'existence d'unités de conscience surhumaines^ doit être tenue comme plus vraisemblable ou comme plus invraisemblable.
Dans une des leçons précédentes, j'ai laissé de côté quelques-unes des raisons invoquées par Fechner en faveur de sa vraisemblance, ou du moins des raisons qui apportaient une réponse aux doutes les plus apparents et les plus fondés qui nous viennent à cet égard. Les nombreux cas de dédoublement ou de dislocation delà personnalité, mis au jour grâce à l'ingéniosité de certains médecins comme Janet, Freud, Prince, Sidis et autres, étaient inconnus au temps de Fechner, et ni les phénomènes de parole et d'écriture automatiques, ni ceux de médiumnité et de « possession » en général, n'avaient été constatés ou étudiés comme on les étudie maintenant, de sorte que l'assortiment des analogies de Fechner est maigre si nous le comparons au nôtre. De ce qu'il avait, cependant, il a tiré le meilleur parti possible.
Pour moi, je trouve dans quelques-uns de ces faits anormaux ou supra-normaux les plus fortes présomptions en faveur de l'existence d'une conscience supérieure. Je doute que nous comprenions jamais certains d'entre ces faits sans suivre à la lettre la conception même de Fechner. Celte conception est qu'il existe un grand réservoir où sont mis en commun et conservés les souvenirs des
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habitants de la terre : quand le seuil de ce réservoir s'abaisse, ou quand sa valve s*ouvre, certaines connaissances, d'ordinaire enfermées de manière à ne pouvoir s'en échapper, s'infiltrent dans l'esprit d'individus exceptionnels.
Mais les régions où se font ces enquêtes sont peut-être trop hantées par les esprits pour intéresser un auditoire académique, et le seul témoignage qu'il ne me paraisse pas messéant d'invoquer ici en faveur de Fechner, est celui qu'on peut tirer de l'expérience religieuse ordinaire. Je pense qu'il est légitime d'affirmer Vexistemce d'expériences religieuses d'une nature spécifique, et l'impossibilité de les déduire, par des analogies ou par des inductions psychologiques, de n'importe quelle autre sorte d'expérience. Je pense qu'elles conduisent raisonnablement à tenir pour probable l'existence d'un rapport de continuité entre notre conscience et un milieu spirituel plus vaste, fermé à l'homme ordinaire dont la prudence est la règle, — à cet homme qui est le seul dont s'occupe la psychologie dite scientifique. Je commencerai ma prochaine et dernière leçon en revenant brièvement sur ces probabilités.