‹ Philosophie de l'expérience [microform]Chapitre 46 sur 58 · Appearance and Reality^ pp · texte numérisé non relu

Appearance and Reality^ pp

Iradictoire en elle-même. Elle présente un complexus d'éléments divers joints d'une façon qu'il sent n'être pas la sienne et qu'il ne saurait donc s'approprier... Car pour être satisfait, mon entendement doit comprendre, et il ne peut pas comprendre lorsqu'on ne lui donne qu'un amas de choses à saisir ainsi, en un tas » (p. 570).

M. Bradley, au nom des seuls intérêts de Ventendement, — tel qu'il le comprend, — tourne donc pour jamais le dos à l'expérience finie. La vérité doit se trouver dans la direction opposée, qui est celle de l'absolu. Par suite, le rationalisme ainsi compris, et le naturalisme ou, comme je l'appellerai maintenant, le pragmatisme, doivent désormais suivre des voies opposées. Pour le rationalisme, les produits intellectuels où il y aura le plus de vérité, seront ceux qui, orientés vers l'absolu, arriveront le mieux à symboliser les moyens dont l'absolu se sert pour unir l'un et le plusieurs. Pour le pragmatisme, ceux-là sont les plus vrais qui réussissent le mieux à se replonger dans le courant de l'expérience finie et qui parviennent à confluer le plus aisément avec quelque toute petite vague, avec quelque menu détail particulier. Cette fusion ne fait pas que prouver l'exactitude de l'opération intellectuelle antérieure, — de même qu'une addition peut prouver la justesse d'une soustraction déjà faite : elle constitue, d'après le pragmatisme, tout ce que nous prétendons dire en la qualifiant de vraie. C'est seulement dans la mesure où ils nous ramènent, d'une manière efficace ou non, à l'expérience sensible, que nos idées abstraites et nos concepts sont vrais ou faux à quelque degré.

Dans la sixième partie de mon article : « Le monde de l'expérience pure », i'ai adopté d'une manière gêné-

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