LIVRE VI. — CHAPITRE IV
le Kongo, TAngoIa, s'étendent au loin. Au Kongo et dans TAngola, par exemple, le noir se change en couleur olivâtre, la chevelure crépue devient rougeâtre, les prunelles sont vertes, les lèvres s'amincissent et la taille se raccourcit. Du côté opposé de Zanguebar on trouve précisément cette même couleur olivâtre, mais avec une structure plus régulière et une taille plus élevée. Les Hottentots et les KaiTres marquent déjà la transition du nègre à une autre constitution. Le nez commence à perdre de son écrasement et les lèvres de leur épaisseur : les cheveux tiennent le milieu entre la chevelure laineuse des nègres et celle des autres peuples; leur couleur est jaune-brun ; leur taille semblable à celle des Européens, excepté les mains et les pieds qui sont petits. Que ne pouvons-nous connaître les peuples nombreux qui, au dessus de ces contrées brûlantes, s'étendent à l'intérieur de l'Afrique jusqu'à l'Abyssinie et chez qui, à en juger par la fertilité des frontières, la beauté, la force, la culture et l'art doivent avoir atteint un plus haut degré : nous pourrions alors achever la description des peuples de cette grande partie du monde, et nous ne trouverions peut-être pas une interruption.
Mais combien, en général, nous sommes pauvres en renseignements sur ces contrées! A peine connaissons-nous les côtes et encore n'en connaissons-nous rien au delà de la portée du canon européen. L'intérieur de l'Afrique n'a été parcourue nouvellement parr aucun Européen, et cependant il est si souvent traversé par les caravanes arabes ! Tout ce que nous en connaissons se borne aux dires de quelques nègres et aux relations plus ou moins anciennes de quelques aventuriers heureux ou malheureux. Et chez les peuples mêmes que nous connaissons, la tyrannie s'est montrée bien trop indifférente pour rechercher parmi de misérables esclaves des caractères de nationalités diverses. On les traite comme du bétail et dans les achats on ne
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fait de distinction que d'après la denture. Un missionnaire lier- Qute nous a rapporté d'une autre partie du monde, sur les diverses variétés de nègres, des renseignements plus conseieneieux que ceux fournis par plusieurs voyageurs qui n'ont fait que parcourir la côte africaine. Quel bonheur pour la science de la nature et de l'humanité si une société d'hommes doués de l'âme de Forster^ de la patience de Spcamann, et de leurs connaissances parcourait ces contrées inexplorées. Ce qu'on raconte des anthropophages Jagas et Anzikes, ne peut être sans exagération attribué à tous les peuples de TAfrique intérieure. Les Jagas paraissent une nation assemblée dans un but de brigandage, et en même temps industrieuse, qui, composée de l'écume de divers peuples, vient chercher des proies sur le continent et a fini par tomber dans les habitudes les plus barbares. Les Anzikes sont un peuple montagnard, peut-être les Mongols et les Kalmoufcs de cette contrée. Mais que de peuplades heureuses et variées habitent peut-être au pied des montagnes de la Lune. Mais l'Europe n'est pas digne de connaître leur bonheur; elle se couvre sur cette terré de forfaits impardonnables et toujours plus nombreux. Les Arabes avec leur paisible commerce ont traversé ce pays et ont établi plusieurs colonies.
Mais j'allais oublier que je dois mentionner la figure nègre, considérée comme un des rameaux de la race humaine; et, nous souhaitons que les naturalistes étudient toutes les variétés 4e notre espèce avec autant de soin qu'ils en ont mis à étudier celle-ci. Je consignerai ici quelques-uns des résultats de leurs études.
1. La couleur noire du nègre n'est pas plus extraordinaire dans son genre que la couleur blanche, jaune ou rouge d'autres nations. Ni le sang, ni la matière cérébrale, ni le sperme ne sont noirs, le tissu seul qui se trouve immédialement sous l'épi-