‹ Philosophie de l'histoire de l'humanité (volume 2)Chapitre 106 sur 132 · LHEK TI. — CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LHEK TI. — CHAPITRE IV

derme, qtie nous avons aussi et qui, chez nous, se colore aussi dans certaines parties et suivant diverses circonstances, a cette couleur. Camper a démontré cela, et, d'après lui, nous pour-^ rions tous devenir nègres. Dans le froid climat des Samoyèdes eax-mêmes on a remarqué le cercle noir qui entoure le sein des feomies. Seulement, dans ces pays le rudiment ne pouvait recevoir un plus grand développem^iit.

3. Il faut donc s'en rapporter à la cause qui a pu la développer ici, et l'analogie nous montre immédiatement que l'atmosphère et le soleil y sont pour beaucoup. En effet, qu'est-ce qui bronit notre peau? Qu'est-ce qui distingue dans presque tous les pays le teint des deux sexes? Qu'est-ce qui a rendu la couleur des races portugaises, fixées en Afrique depuis des siècles, seod^lables k celle des nègres? et même en Afrique, qu'est-ce qui distingue si profondément les diverses espèces? C'est le climat, dans l'acception la plus étendue du terme, c'est à dire en y comprenant la manière de vivre et de se nourrir. Précisémeat dans la contrée où le vent d'est ayant traversé tout le continent apporte une température brûlante, demeurent les nègres du noir le plus complet; où la chaleur diminue, ou bien oit la brise de mer apporte la fraîcheur, le noir commence à tirer sur le jaune. Sur les fraîches hauteurs habitent des peu* pies blancs ou presque blancs; dans les contrées basses et ^fermées, le soleil brûle l'enduit graisseux placé sous l'épiderme qui, ainsi, paraît noir. Ajoutons que ces noirs occupent depuis des milliers d'années ces contrées et que par leur manière de vivre ils s'y sont accommodés de la manière la plus complète ; considérons que plusieurs circonstances qui aujourd'hui ont peu de conséquences, dans les premiers temps, alors que les divers éléments étaient dans toute leur force primitive, eu ont eu de grandes et que pendant des milliers d'années le cercle des révolutions se complète tout entier et développe tout

290 PHILOSOPHIE DE L HISTOiaE.

ce qui est susceptible de développement : ainsi nous nous étonnerons moins de ce petit fait que la peau de quelques nations ait noirci. — La nalure, dans son activité constante et cachée, a opéré de bien plus grandes révolutions que celle-ci.

3. Et comment a-t-elle opéré cette modification? Je crois que la chose même parle assez haut. C'est au moyen d'une huile qu'elle colora ce tissu de la peau : la sueur des nègres et même des Européens dans ces pays est souvent de couleur jaune. La peau des noirs est un tissu épais et mou, ni aussi sec, ni aussi tendu que chez les Européens ; la chaleur solaire a mis en eflTervescence à l'intérieur de leur corps une huile qui s'est portée autant que possible vers l'intérieur, qui a détendu la peau et coloré le tissu intérieur. La plupart des maladies de ce pays sont cutanées; qu'on en lise la description et la couleur noire ou jaune ne nous étonnera plus au point de vue physiologique et médical.

4. La chevelure crépue des nègres s'explique de la même manière. Comme les cheveux ne se forment que d'une sève délicate de la peau et même ne se produisent dans la graisse que contre nature, ils se recourbent suivant la quantité de cet élément et disparaissent où il fait défaut. Dans l'organisation plus grossière des animaux, dans les pays où leur nature souffre et ne peut plus aider le travail de la sève, la laine se change en poils hérissés ; l'organisation plus fine de l'homme qui devrait exister dans tous les climats, au contraire, par le superflu de cette sève à rendu la chevelure laineuse.

8. Mais ce qui, je pense, est plus remarquable que tout ceci c'est la conformation des membres dans la race noire; je crois qu'on en trouvera aussi l'explication dans l'ensemble de l'organisation africaine. Les lèvres, la poitrine et les membres génitaux, suivant un fait généralement observé, sont dans une proportion parfaite; et comme la nature qui refuse à ces peu-

j^ de plus nobles quaHtés, ette a dtf comme dofnséqiu^fic^ ôë IdQff développement très simple leur (foilnev une pltsls gtméë dose de sensualisme. Ceci deralc se montrer phystotoj^quement. L'épttissear des lèvres, pour ne par^ (fïé de dette ôbsét^vation, chez les blancs témoigne de goMs extrêmement maté-' itelsy tandis qu- un mitice filet de pourpre inique la i*eienue éY la froideur. Rien d'extraordinaire donc, que ces nations, cheif qai le plaisir de la^ chair est un' d^ j^lus g^il^'dd bonhe^â dé leur vie, en pcH'tônt le témoignage dan<s léui* extérieur. \5tè eafam ehe2 les nègres vient au monde blanc; la peau autour ies ongles, les mamelonls, lesf parties sexuelles se colorent éà premi^' Heu, comme d^ms d'autres conditions on retrouve Isi HièÉie uniformité dans ses membres. — Gent enfants rie sonti mi» po»r un nègre, et tel vieillai^d déplorait de n'en avoir cfae soixante-dix.

&. Grâce à cette sève surabondante et portée aux )ouisdanced matérielles, le profil et la structure de tout le corps devaient se modifier. La bouche s'avançait-elle? le nez devenait naturellement camus et petit, le front devenait fuyant, et la figure prenait une ressemblance avec le singe. — D'après cela se conforma le cou, le passage à la partie postérieure de la tète, tout le système nerveux du corps, qui jusqu'au nez et à la peau semble fait pour les jouissances matérielles. Gomme dans cette contrée, mère de la chaleur, s'élèvent les arbres les plus puissants et les plus hauts, comme aussi les plus grands, les plus joyeux des animaux, surtout des singes, se jouent en troupeaux, au point que, dans l'air et dans les fleuves, dans la mer et sur le sable, tout rayonne de vie et de fertilité : de même la race humaine ne pouvait pas échapper sous le rapport physique du moins à cette influence universelle du même principe. L'intelligence délicate qui, sous ce soleil brûlant, et dans ces poitrines cuisantes de douleurs, devait être refusée, s'est modifiée avec un système nerveux qui

nULOSOPBU DI L*B]8T0IU« T. I. 19

ne laissait pas le temps de s'élever à ces sentiments. Aucun don plus noble ne pouvait être accordé au nègre dans son climat, nous pouvons donc le plaindre lâais point le mépriser ; et respectons la nature, cette mère tendre, qui sait approprier chaque race, au climat sous lequel elle doit vivre. Le nègre passe sa vie insouciante sur une terre qui pourvoit abondamment à tous ses besoins. Son corps souple nage dans Teau, comme s'il était fait pour cela ; il grimpe et court comme si chacun de ces exercices était son exercice favori ; aussi fort et aussi sain que joyeux et léger il supporte, grâce à sa constitution, les maladies de son climat souvent fatales aux Européens. Que lui vaudrait donc le sentiment crue) de joies plus élevées pour lesquelles il n'est pas né? L'étoffe ne manquait pas en lui; mais la nature tendit sa main, il y puisa ce qu'il crut plus conforme à son pays et plus utile au bonheur de son existence. La nature n'aurait pas dû créer d'Afrique, ou bien en Afrique devaient se trouver des nègres.

Page 1