‹ Philosophie de l'histoire de l'humanité (volume 2)Chapitre 11 sur 132 · LIVRE I. — CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE I. — CHAPITRE III

semblent essentielles à la terre et ont été la cause première de sa formation. Toutefois ni sur les unes ni sur les autres (et il est difficile de les distinguer), nous n'avons de théorie complète; quant aux premières nous ne pouvons guère en espérer, car puisqu'elles appartiennent dans leur ensemble à une nature historique et dépendent de tant de petites causes locales. Quant aux secondes, celles qui sont de Tessence même de la terre, je souhaiterais de vivre jusqu'à la découverte de leur théorie. Tespère qu'il en sera ainsi : car bien que les observations tirées de différentes parties du monde ne soient ni assez nombreuses ni assez exactes, cependant les principes et les observations de la physique générale, ainsi que les expériences de la chimie et de la minéralogie, me semblent avoir atteint assez loin pour qu'un aperçu plus heureux puisse embrasser un plus grand ensemble de sciences et les éclairer les unes par les autres. Sans doute, Bu/l'on^ avec ses hypothèses hardies, n'est que le Descartes de cette science nouvelle et bientôt un Kepler et un Newton seront à même de le dépasser et de le réfuter par des faits concordants. Les nouvelles découvertes qui ont été faites sur la chaleur, la lumière, l'air, le feu et leurs actions sur les différents parties de l'être, sur la composition et la décomposition de notre constitution terrestre, les principes simples auxquels ont été ramenés l'électricité et en partie le fluide magnétique, me paraissent sinon un résultat définitif du moins un progrès considérable, qui permet d'augurer que sans doute avec le temps un génie heureux sera conduit, par une idée intermédiaire nouvelle, à expliquer aussi simplement notre géologie que Kepler et Newton établirent le système solaire. Il serait beau que certaines puissances de la nature considérées jusqu'ici comme qualitates occultœ pussent être ramenées à des lois physiques démontrées.

Quoi qu'il en soit, il est incontestable que la nature ? suivi sa

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marche ordinaire et a créé la plus grande variété au sein de l'unité progressive à l'infini. La composition de notre air, de notre eau, de notre terre, présuppose la dissolution les uns par les autres de stamina mis en mouvement; et combien les nombreuses espèces de terres, de pierres, de cristallisations , cette composition variée de la matière en mousse, en plantes, en animaux, en hommes enfin, n'a-t-elle pas dû exiger de dissolu* tiens et de transformations successives îJComme la nature maintenant encore trouve l'essence de tout être dans ce qu'il a de plus minime et de plus subtil et que, sans tenir compte de notre façon de supputer le temps, elle distribue ses richesses inépuisables avec la plus stricte économie, ainsi procédait-elle, parait-il, même d'après la tradition mosaïque, en établissant les fondements et la création ou plutôt de la formation et du développement des créatures. La masse des forces et des éléments agissants dont sortit la terre, contenait probablement, sous forme de chaos , tout ce qui pouvait et devait y naître. A des intervalles périodiques sortit des stamina moraux et physiques , le feu , l'eau , la terre.fBe nombreuses combinaisons de l'eau , de l'air, de la lumiSre devaient se produire avant que le germe de la première organisation végétale , la mousse peutêtre, pût apparaître. Beaucoup de plantes ont dû pousser et mourir avant la formation d'un organisme animal ; et ici encore les insectes , les oiseaux , les animaux aquatiques et nocturnes précédèrent les animaux plus parfaits de la terre et du jour; jusqu'à ce qu'enfin, comme couronnement de l'œuvre de l'organisation du monde, l'homme, microcosme, fut formé à son tour. Lui, le fils de tous les éléments et de tous les êtres, leur résumé le plus complet et en même temps la fieur de la création ter-restre, ne pouvait être que le dernier enfant chéri de la nature, dont la formation et l'apparition devait être précédées de nombreux changements, de nombreuses révolutions,

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