‹ Philosophie de l'histoire de l'humanité (volume 2)Chapitre 12 sur 132 · LIVRE i. — CHAPITRE lU · texte numérisé non relu

LIVRE i. — CHAPITRE lU

Toutefois il n'était pas moins naturel qu*il en vit encore un grand nombre et, comme la nature ne se fatigue jamais de son œuvre, qu'elle ne la retarde ni ne la néglige, pas même en faveur de son favori , le dessèchement et la formation de la terre continuèrent à s'opérer^ les flammes intérieures, les inondations et toutes leurs conséquences, à la bouleverser fréquemment et longtemps après que l'homme y eût pria naissance. Les plus anciennes traditions écrites font même encore mention de semblables révolutions. Nous verrons par la suite quelle action puissante ces effroyables phénomènes des premiers temps exercèrent sur presque toute l'humanité. Aujourd'hui que la terre est formée ou plutôt qu'elle a vieilli, des révolutions aussi étonnantes sont plus rares ; mais jamais icibas nous n'en serons délivrés. Les lamentations de Voltaire à la chute de Lisbonne, les reproches presque insultants qu'il adressa à la divinité, n'étaient rien moins que philosophiques. N'est-ce pas aux éléments que nous sommes redevables de notre existence, de tout ce qui nous appartient, de la terre même que nous habitons? Lorsqu'on suivant les lois progressives de la nature, ils s'éveillent périodiquement et s'apprêtent à réclamer ce qui leur est dû ; lorsque le feu et l'eau , l'air et le vent, qui ont rendu notre terre habitable et l'ont fertilisée, poursuivent leur cours et la bouleversent; lorsque le soleil, qui si longtemps nous réchauffa avec une sollicitude maternelle, fit grandir tous les êtres vivants et les conduisit par des liens dorés autour de sa face réjouissante, absorbe dans son sein incandescent la sève de la terre devenue par le temps impuissante à la contenir et à la diriger ; qu'arrive-t-il qui ne soit conforme aux lois éternelles de l'ordre et de la sagesse? Dès que dans un milieu de choses variable doit se manifester le progrès, le principe de destruction s'y trouve également; destruction apparente qui n'est qu'une transformation, une métamorphose de l'être.

Jamais elle ne pénètre au cœur même de la nature qui, se maintenant au dessus des ruines, comme le phénix renaît toujours de ses ceaidres et fleurit avec des forces toujours jeunes. C'est ainsi que la formation de notre demeure et de toutes les substances qu'elle peut produire nous prépare à la fragilité et aux vicissitudes de l'histoire de l'humanité; et plus nous examinons cette formation de plus près plus nous en découvrons les secrets.

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