‹ Philosophie de l'histoire de l'humanité (volume 2)Chapitre 115 sur 132 · LIVRE VU. — CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE VU. — CHAPITRE I

diverses contrées et entretenu un commerce qui n'aurait point été stérile. Chaque espèce a reçu de la nature de quoi se satisfaire ; chacune a recueilli son héritage. Les singes divisés en une quantité d'espèces et de catégories qui ont été répandues aussi loin que possible; mais toi, homme, respecte-toi toimême! Ni lePongo, ni le Longimanus n'est ton semblable; ton frère c'est l'Américain, c'est le nègre. C'est lui qu'il t'est interdit d'opprimer, de tuer, de voler : c'est un être humain, comme toi ; mais tu ne peux avoir aucun lien avec des singes.

Enfin, je désirerais qu'on n'exagérât point les divisions qu'un zèle louable pour la science a cru découvrir parmi les hommes. Quelques savants, par exemple, ont osé donner le nom de races à quatre ou cinq variétés de l'espèce humaine que Ton avait classées d'après les divisions géographiques ou même d'après la couleur : je ne vois aucune raison de cette dénomination. Le terme races indique la diversité des origines, ce qui est complètement inapplicable ici, ou bien nous oblige à donner le même nom aux hommes d'une même contrée ou de la même couleur quelque diverse que soit leur origine. Car chaque peuple est un peuple ; chacun a son caractère national de même qu'il a sa langue ; le climat leur a imprimé un cachet profond, quelquefois seulement une empreinte légère, mais le caractère originaire de la nation n'est jamais complètement effacé. Cela se remarque même dans les familles et les transitions sont aussi variées qu'insensibles. Bref il n'y a pas sur la terre cinq ou six races ni de variétés intermédiaires. Les couleurs se confondent l'une dans l'autre; les formes conservent toutes le caractère originaire ; enfin on reconnaîtra qu'il n'y a que des nuances de la seule et même grande image qui a traversé tous les temps et pénétré partout. Cette idée n'est donc admissible ni dans une histoire naturelle systématique, ni dans une histoire physique et géographique de l'humanité.

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LE GENRE HUMAIN UNIQUE s'eST ACCLIMATÉ DANS TOUTES

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