LES PARTIES DU MONDE
Voyez ces sauterelles de la terre, les Kâltnoucks et les Mogols. Ils n'appartiennent à aucune autre partie du monde qu'à leurs steppes et à leurs montagnes. Sur son petit cheval cet hoflinié si léger franchit d'énormes espaces de déserts ; il sait ranimer son cheval quand il souffre ; et quand lui-^méme il a faim il sait ouvrir une veine au cou de sa monture pour se procurer ull aliment. Dans plusieurs de ces contrées il ne pleut jamais ; là terre n'est rafraîchie que par la rosée et la terre» dont là fécon-^ dite n'est pas encore épuisée, se revêt toujours d'une verdure nouvelle. — On parcourt quelquefois d*énormes distances sâiii rencoîiirer un arbre , ni une source d'eau potable. — C'est là que ces tribus sauvages, mais entre elles parfaitement organisées, vivent dans les hautes herbes où elles font paître leurà troupeaux. Les compagnons de leur vie, les chevaux, connaissent leur voix et comme eui vivent dans une paix prô»fonde. Indifférent et paresseux» le Kalmouck reste assis, il contemple son ciel d'une éternelle sëréAité et prêté ^oreille adt
bruits de son immense solitude. Daus tou^ le$ Autres (dimc^ts les Mogols ont dégénéré ou bien se sont ennoblis. Dans leqr^ eontrées ila sont toujours ce qu'ils étaient il y a des milliers d^années, et ils lie demeureront tant que Vart ou la i^ture n*aura pas changé leur pays.
i'Arabe dans ses déserts ; il leur appartient avec son noble eoufsier et son ohameau patient et ron^pu aux fatigues. Gonmie le Mogot parcourt ses hauteurs et ses steppes, ainsi te Bédouin miwx conforipé erre en nation nomade dans les vastes déserts entre l'Afrique et l'Asie. Son costume simple, ses habitudes, ses mœurs et son caractère répondent parfaitement h ce genre da vie, et après des milliers d'années sa tente se dresse cpn^ime du temps des ancêtres. Âmi de la liberté, il méprise les ricbes^a et le luxe, léger à la course, cavalier habile, soigneux de soa cheval comme de son semblable, il excelle dans l'art de lancer une lance comme dans l'équitation. Sa taille est élancée et nerveuse, son teint bronzé, les os très forts ; les Arabes sont infatigables et réunis parle désert ils sont tous amis, ils sont courageux et entreprenants , esclaves de leur parole , ho^pita-^ liers et pleins de noblesse. Ce genre de vie aventureuse les a ibrmés k la prudence et à une très irritable défiance; dans leurs vastes solitudes ils ant puisé le sentiment de la ven^ gaanoe et de l'amitié, celui de l'enthousiasme et de l'orgueil. Partout oix se montre un Arabe, sur TEuphrate ou sur le Nil, au lâban ou au Sénégal, môme à Zanguebar et sur les bords de la mer des Indes , il apparaîtra, s'il n'a pas été insensiblement changé par le climat des colonies, avec son caractère primitif d'Arabe.
Voyez le Californien aux confins de la terre , dans son pays stérile, avec son existence précaire, dans ce climat changeant ; le froid et le chaud ne lui arrachent pas une plainte, il surmonte la Êiim qiiielqiJie e^trèm^ qu'elle soit, et mène une vie heureuse
ZSO PHILOSOPHIE DE l'HISTOIRS.
dans son pays. « Dieu seul sait » dit un missionnaire , combien à rage de 80 ans un Galirornien a franchi de milliers de lieues, avant de descendre au tombeau. Un grand nombre changent peut-être cent fois de lieu de repos en une seule année, de sorte qu'ils ne dorment pas trois fois de suite sous le même toit et et dans la même contrée. Ils s'arrangent pour le repos là où la nuit les surprend, sans s'inquiéter de la présence d'animaux malfaisants ni du danger que présente un sol malsain. Leur peau noir- brun leur tient lieu de manteau et même d'habit. Pour mobilier ils ont l'arc et la flèche, une pierre au lieu d'un couteau, un os ou un bois pointu pour déterrer les racines, une écaille de tortue en guise de berceau pour les enfants , et un boyau ou une vessie pour puiser l'eau, et enfin, grand luxe, ils possèdent quelquefois un sac tissu en fil d'aloès assez semblable à un filet de pêcheur , dans lequel ils renferment leurs haillons. Ils se nourrissent de racines, de toutes sortes de semences et même de foin sec, qu'ils recueillent à grand'peine et que dans les moments de grandes nécessités ils vont encore rechercher dans leurs restes. — Tout ce qui est de la viande ou seulement y ressemble, tel que les chauves-souris, des chenilles, des vers, est pour eux un véritable régal; et même les feuilles de quelques arbrisseaux, quelque jeune bois, les pousses d'arbres, des peaux et le cuir, et jusqu'aux os encore tendres ne sont pas exclus de leurs moyens de subsistance, quand la nécessité le commande. Malgré tout cela ces pauvres gens se portent bien ; ils parviennent à un haut degré de force et à un âge très avancé ; il est fort rare de voir un individu grisonner et cela même très tard. Ils sont toujours dans d'excellentes dispositions d'esprit; le rire et les plaisanteries régnent toujours entre eux; ils sont d'une taille avantageuse, adroits et agiles; ils peuvent, au moyen de leur dents de devant, soulever de terre des pierres et d'autres objets ; jusque dans leur