‹ Philosophie de l'histoire de l'humanité (volume 2)Chapitre 13 sur 132 · UNE DIRECTION ORLIQUE AU SOLEIL · texte numérisé non relu

UNE DIRECTION ORLIQUE AU SOLEIL

Gomme la sphère est la figure la plus parfaite, puisqu'elle contient la plus grande étendue sous le plus petit volume et qu'elle unit la variété la plus irréprochable à Tunité la plus belle : notre terre, toutes les planètes et tous les soleils, sont sortis des mains de la nature sous la forme sphérique, comme prototype de Tabondance la mieux combinée et de la richesse la mieux distribuée. On peut s*étonner de la variété de changements qui ont lieu sur notre terre; mais on doit trouver bien plus surprenante encore l'unité qui se plie à cette incroyable diversité. C'est un signe de la profonde barbarie du Nord, dans laquelle nous élevons nos enfants, que dès leur jeune âge ils ne reçoivent pas une profonde impression de cette beauté suprême, de l'unité et de la variété sur notre terre. Je souhaite que mon livre fasse avancer de quelques pas vers la réalisation de cette grande idée qui me préoccupa dès l'instant où je commençai à m'occuper de ma culture morale et qui m'ouvrit le vaste océan du libre examen. Elle sera sacrée pour moi aussi longtemps que je verrai au dessus de moi la voûte des cieux qui embrasse les

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mondes , au dessous de moi la terre qui renferme toutes choses et qui comprend ses propres limites.

Il est inconcevable que les hommes aient pu voir si longtemps Tombre de la terre projetée sur la lune sans acquérir la conviction profonde que tout, sur la circonférence, tourne et se modifie. Quel est celui qui, après s'être bien rendu compte de cette forme, eût pu entreprendre de convertir le monde à une seule croyance philosophique et religieuse, ou, pour réaliser cette œuvre, recourir à des moyens sanguinaires suscités par un zèle aveugle, quoique pieux? Tout, sur la terre, rappelle la variété des divers points d'une sphère : nul endroit n'est semblable à un autre, nul hémisphère à l'hémisphère correspondant, l'est est aussi opposé à l'ouest que le nord au sud. C'est d'un esprit étroit de ne considérer ces différences que par rapport à la latitude, parce que la longitude attire peut-être moins l'attention, et de diviser en climats l'histoire de l'homme, suivant le système suranné de Ptolémée. Les anciens connais-^ saient la terre moins bien que nous; aujourd'hui il ne doit plus suffire, pour l'esquisser ou l'analyser, de la connaître uniquement d'après les parallèles du nord et du sud.

Tout ici bas est changement; les sections et les divisions qui sont nécessaires dans la représentation du globe ou dans le tracé d'une carte géographique, n'existent pas en réalité. Êtres, climats, usages, religions, caractères et costumes, tout se modifie suivant le mouvement de rotation de la terre. Il y a une merveilleuse sagesse non dans cette variété de formes mais dans l'unité parfaite qui embrasse sur notre globe toute la création. La suprême beauté consiste à faire beaucoup de chose avec une seule et à relier la plus grande diversité à une libre uniformité*

Pour nous donner cette uniformité et cette stabilité la nature a fixé à nos pieds un poids insensible : il s'appelle dans le

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