CHAPITRE IV
LA FORCE GÉNÉRATRICE EST l'oRIGINE DE TOUTES LES FOR- MATIONS SUR LA tERRE; LE CLIMAT NE' FAIT QU AIDER OU COMBATTRE LEUR DÉVELOPPEMENT.
Quel serait rétontiement de celui qui pour la première fois assisterait à la création d'un être vivant (1). Au milieu de globules entre lesquelles circulent des liquides, apparaît un point vivant et de ce point se forme une créature terrestre. Bientôt le cœur se fait voir et tout faible et imparfait qu'il est, il commence à battre ; le san^ qui existait là avant le cœur commence à se rougir; la peau se montre; puis les yeux» la bouche, les organes, les membres. La poitrine n'est pas encore formée et cependant il y a déjà du mouvement dans les parties intérieures ; l'estomac n'existe pas encore, mais l'animal ouvre déjà le bec; le petit front est encore séparé de la tête, le cœur est hors de ia poitrine ; les membres et les côtes font l'effet des fils de l'araignée; puis apparaissent des ailes, des pieds, des doigts, des hanches, et alors il y a un redoublement de vie. Ce
qui était à nu se recouvre : la poitrine, le front se ferment; mais Testomac et les intestins n'ont pas encore repris leur place. Ceux-ci enfin se forment et prennent leurs fonctions, la peau se rétrécit et s'étend sur le haut du corps ; la partie inférieure se referme; Tanimal est préparé. Il ne nage plus, il est couché ; tantôt il dort, tantôt il veille, il se remue, il s'endort, il crie, il cherche une issue, et vient enfin au monde parfaitement conformé en toutes ses parties. Celui qui verrait cela pour la première fois, quel nom donnerait-il à ce miracle? Il y a là, dirait-il, une force vivante^ organique , je ne sais d'où elle vient, ni quelle est son essence intime; mais elle est là, elle vit, elle s'approprie les parties organiques d'un choas de matières homogènes, cela je le vois, c'est un fait incontestable.
Si l'on poussait l'observation plus loin et si on constatait que chacune des parties organiques est formée pour une action distincte : que le cœur n'est que la rencontre des canaux qui existaient avant lui; qu'aussitôt que l'estomac est formé il a déjà en lui matière à digestion, ainsi de toutes les veines, de tous les viscères : le contenu existe avant le contenant, le liquide avant le solide, la vie avant le corps, qui n'est que son enveloppe; après ces observations ne sera-t-on pas forcé d'admettre que cette force invisible n'agit pas au gré de ses caprices, mais qu'elle ne se manifeste que d'après les lois de sa nature intime. Elle se manifeste dans un ensemble à elle propre, et elle doit avoir en elle-même le type de sa conformation extérieure de quelque nature qu'il puisse être. La créature nouvelle n'est que la réalisation d'une idée de la nature créatrice dont la pensée est une activité continuelle.
Si l'on va plus loin et si l'on considère que, quoi que réclame la nouvelle créature, que ce soit la chaleur maternelle ou solaire, l'œuf de la mère, même avec d'autres corps et la chaleur, ne