CHAPITRE V
NOTRE TERRE EST ENVELOPPÉE dVnE ATMOSPHÈRE ET SE TROUVE EN CONFLIT AVEC PLUSIEURS CORPS CÉLESTES.
L'air pur n'est point respirable pour nous à cause de la cornposition de notre organisme, résumé de tous les organismes terrestres, dont les principes furent, peut-on présumer, précipités de l'air et passèrent, par des transitions successives, de l'invisible au visible. Il est probable que, lors de la formation de notre terre, l'air était le réceptacle des forces et des matières c<Histitutives de sa création, et ne l'est-il pas encore aujourd'hui? Combien, dans ces dernières années, n'a-t-on point découvert de choses nouvelles qui toutes agissent à travers le milieu de l'air! L'électricité et le fluide magnétique, la combustibilité et le gaz acide, les sels frigorifiques et peut-être des particules de lumières que le soleil ne fait que diriger, tous principes efficients des opérations de la nature sur la terre ; et combien de découvertes ne reste-t-il pas à faire ?
La matière est fécondée par l'air ; l'air la dissout, l'absorbe, la met en fermentation et la détruit. L'air ne semble-t-il pas être le père des créatures terrestres, de la terre elle-même; le moyen général d'union entre les êtres qu'il reçoit d'abord dans
U PHILOSOPHIE DE L^HISTOmE
son sein pour les repousser ensuite. Faut-il dire combien est grande l'action de Tatmosphëre sur les déterminations intelligentes de toutes les créatures de la terre? Doit-on établir, qu'avec le soleil, elle gouverne ce globe qu'autrefois elle fit sortir du néant? Quelles difTérences se seraient produites si notre air eut possédé un degré autre d'élasticité, de pesanteur, de pureté et de densité ; s'il eut précipité d'autres eaux, une autre terre et s'il eut eu une autre influence sur l'organisation des corps ! Il en est probablement de même des autres planètes, formées dans d'autres régions de l'atmosphère, mais toutes nos données sur leur essence et leurs phénomènes, données que nous établissons d'après celles que nous avons sur notre terre» sont aussi incertaines. Prométhée fut ici bas un véritable créateur; il pétri i ses corps d'une pure argile et déroba au ciel autant d'étincelles de lumière et de pouvoir intellectuel qu'il en put recueillir à une aussi grande distance et à travers une masse d'une telle pesanteur spécifique.*
La difiTérence spécifique du milieu dans lequel nous vivons comme dans l'organe de la divinité^ doit servir de règle pour établir la différence qui existe entre les hommes, comme aussi entre toutes les productions du globe terrestre : et par cette différence il faut entendre, non seulement la division des zones, d'après la chaleur et le froid ou bien la légèreté ou la pesanteur de l'atmosphère qui nous entoure, mais bien plus encore ces pouvoirs multiples, agents actifs et immatériels qui opèrent dans son sein et qui sont probablement la source de toutes ses qualités, de tous ses phénomènes. Dans quel sens les ondes électriques et magnétiques se jouent-elles autour de notre globe? Quelles vapeurs et quelles exhalaisons s'élèvent dans tel ou tel point? Où vont-elles? Gomment se transforment - elles ? A quelles organisations donnent - elles naissance? Combien de temps les maintiennent-elles et com-