‹ Philosophie de l'histoire de l'humanité (volume 2)Chapitre 16 sur 132 · UVRE I. — CHAPITRE V · texte numérisé non relu

UVRE I. — CHAPITRE V

ment procèdent-elles à leur dissolution ? Ces questions appartiennent sans contredit à l'histoire physique et morale de chaque race d'hommes ; car l'homme, de même que tout ce qui vit, est un nourrisson de l'air et, dans le cercle entier de sa manifestation vivante, il est le flrëre de tous les êtres organisés de la terre.

Si l'on condensait en un seul système les observations de Boyky Boerhave^ Hales^ Gravesandy Franklin^ Priestley^ Blacky Crawfordy Wikofij Achard, etc., sur la chaleur et sur le froid» sur l'électricité, sur les différentes espèces d'air, sur les agents chimiques et sur l'action de ces principes sur les trois règnes de la nature, nous toucherions, ce me semble, à un nouveau monde de connaissances. Maintenant que ces observations deviennent aussi nombreuses et aussi générales qu'elles pourront le devenir par la plus grande étendue et la diffusion de nos connaissances sur certaines contrées et sur certaines productions de la terre et que l'étude infatigable de la nature amène l'établissement, sous n'importe quelle forme, d'une académie libre, ayant partout des ramifications, et dont le but serait d'observer, avec une attention partagée mais avec un esprit de vérité, de certitude, d'utilité et d'élévation, l'influence diverse de ces principes selon les lieux et selon les sujets, et nous obtiendrons à la fin une aërologie géographique et nous verrons les mêmes lois fondamentales présider aux milliers de transformations qui s'opèrent dans l'immense creuset de la nature.

Toutefois notre globe n'est pas seul dans l'univers ; d'autres êtres célestes rayonnent encore dans son atmosphère, ce grand réservoir des pouvoirs actifs. Le soleil, cette masse de feu éternelle, le gouverne par ses rayons ; dans sa course allourdie, la lune, qui probablement est suspendue aussi dans son atmosphère propre, le presse tantôt de sa surface froide et sombre.

tantôt de sa face échauffée au feu solaire ; tantôt elle ^e porte en avant de notre globe, tantôt en arrière ; aujourd'hui elle est près du soleil, demain elle s'en éloigne. D'autres corps célestes avoisinent la terre, pèsent sur son orbite et modifient son action. Le système céleste tout entier montre la lutte constante entre des globes semblables ou dissemblables, chassés avec force l'un vers l'autre et il n'y a que l'idée simple et sublime de la Toute-Puissance qui pouvait ainsi donner un contrepoids à ces forces contraires qui se balancent dans l'espace et les préserver du choc. Là aussi, dans cet obscur labyrinthe de pouvoirs opposés, l'intelligence humaine a trouvé un fil et presque fait des miracles, en observant surtout la lune à la marche irrégulière, diversement sollicitée et heureusement placée à une si faible distance de nous. Que les résultats de ces observations soient une fois appliqués à notre orbe aérien, comme ils l'ont été au flux et au reflux de notre océan ; que, forts d'une expérience de plusieurs années et des instruments ingénieux dont la plupart sont déjà inventés, on coordonne en un tout unique, les révolutions de cette mer céleste et il est à supposer que Yastrologie apparaîtra de nouveau au rang de nos sciences et sous le jour le plus utile et le plus respectable ; et ce que Taolda a commencé, ce que De Luc^ Lambert^ Tobias Mayer^ Bœckmann et d'autres ont poursuivi en y ajoutant toujours, un Gatterer viendra l'achever et jeter un jour nouveau sur la géo* graphie et l'histoire de l'homme.

Toujours est-il que nous vivons, entourés d'une foule de pouvoirs célestes dont quelques-uns ont été étudiés et les autres livrés à une appréciation relative. Puisque si puissante est l'influence de l'air et de la température sur nous et, sur toute la terre, il est à croire que ce fut tantôt une flamme élec- U'ique qui brilla plus pure dans telle créature humaine, tantôt une matière inflammable plus comprimée ; ici une masse plus

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