LIVRE I. — CHAPITRE VI
terre ferme et serait devenue le point central de Tespèce humaine, là justement sous un ciel où toutes les facultés physi* ques et morales s'affaissent le plus rapidement. Qu'avec cela la constitution actuelle des choses n'ait pas été radicalement changée, la chaleur du soleil, les explosions les plus violentes delà matière électrique, les vents et toutes les variations de la température auraient chassé les hommes de leur lieu de naissance et de leur centre de développement pour les forcer à se retirer vers les zones froides de l'hémisphère austral, près des régions brûlantes de la terre ou au milieu des contrées glacées du Nord. Mais le père du monde établit le berceau de l'humanité dans un endroit plus favorable ; c'est dans la zone tempérée qu'il plaça la souche des montagnes du vieux monde et c'est à leurs pieds que se sont développées les nations les plus civilisées. Là, sous un climat plus doux, au sein d'une nature plus ridnie, il les laissa croître à leur aise et une fois qu'elles eurent acquis la force et l'expérience, il leur permit d'errer, selon leurs désirs, dans des régions ou plus froides ou plus chaudes. Les races premières purent d'abord y vivre en paix, puis elles s'avancèrent petit à petit le long des montagnes et des cours d'eau et finirent par se faire aux climats les plus rudes. Chacun cultiva son petit cercle et y vécut avec la marne jouissance que s'il eut occupé l'univers entier. Le bonheur et le malheur se répandirent plus facilement que si une chaîne de montagnes , sans doute plus élevée que toutes celles que nous connais-^ so&s, eut, à partir de l'Equateur, doiiûné à la fois le nord et le mi du monde. Ainsi le Créateur, dans tout ce qu'il a fait, a mieux ordonné les choses que nous a'aurions pu le faire et la forme irrégulière de notre terre nous a laissé obtenir des résultats, que nous n'aurions pu espérer afvec une plus grande
régularité.
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