‹ Philosophie de l'histoire de l'humanité (volume 2)Chapitre 26 sur 132 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

n'otre terre est un immense atelier ou s élabore l'organisation d'êtres bien différents les uns des autres.

L'impossibilité dans laquelle nous nous trouvons d'étudier Tensemble de la construction première du tout, ne nous laisse entrevoir que ruines et chaos dans les entrailles de la terre, et cependant nous reconnaissons sans peine, même dans les choses que nous croyons les plus inûmes et les plus inachevées, un être nettement déterminé, une forme et une configuration soumis aux lois éternelles » et que la volonté humaine ne peut altérer. Nous reconnaissons l'existence de ces lois et de ces formes, mais nous ne connaissons pas leurs pouvoirs intrinsèques et ces mots généraux de cohésion, extension, affinité et gravitation, impliquent simplement Tidée de relations extérieures, sans nous faire pénétrer le moins du monde Tessence interne des choses.

Une forme , une figure déterminée , une existence distincte, tout ce qui est commun à chaque espèce de terre et de pierre, forme assurément une loi générale pour toutes les créatures de notre terre. Aucun être ne peut emprunter à un autre être ou

s'assimiler l'une ou l'autre de ces choses dont dépendent ses propriétés et ses manifestations! La chaîne sans fin descend du créateur jusqu'au germe d'un grain de sable car , ce dernier même, a sa figure déterminée qui s'approche souvent des plus belles cristallisations. Une loi analogue régit aussi les êtres les plus compliqués; seulement tant de forces différentes agissent sur eux pour produire enfin un tout et pour faire sortir une unité générale du sein de la composition la plus variée, qu'il doit nécessairement en résulter une foule de transitions, de mélanges et de formes divergentes. Aussitôt qu'eût paru le granit, ce noyau de la terre, que jaillit la lumière, qui, semblable au feu purificateur, vint agir sur les sombres vapeurs du chaos. Pour que l'action se fît sentir sur ces masses inertes, il fallut de toute nécessité que l'air fut plus actif et plus dense, que les eaux fussent plus composées et plus puissantes qu'aujourd'hui. Les acides la pénétrèrent, parvinrent à la dissoudre et à la transformer en pierres de toutes espèces, et qui sait si ces grandes quantités de sable de notre terre, ne sont pas les cendres de cette substance ainsi traitée. Le silex, sous l'action de la matière inflammable de l'air, se changea probablement en calcaire et c'est là que prirent naissance les premières créatures vivantes de la mer, les coquillages ; car, dans toute la nature, la matière apparaît avant la forme organique de la vie. Plus puissante encore et plus pure dût être l'action du feu et du froid pour produire les cristallisations, qui n'empruntent point les formes des coquillages que nous montre le silex, mais qui se modèlent plutôt sur les angles géométriques. Encore ceux-ci diffèrent-ils selon les parties qui concourent à la composition de chaque individu pour s'approcher peu à peu des métaux, des demi-métaux et enfin des germes des plantes. La chimie, étudiée avec tant d'ardeur dans ces derniers temps, ouvre au philosophe, au savant, dans le royaume souterrain de la nature,

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