‹ Philosophie de l'histoire de l'humanité (volume 2)Chapitre 27 sur 132 · LIVRE n. — CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE n. — CHAPITRE I

nne seconde et abondante création; peut-être qu'il ne renferme pas seulement les matériaux, mais encore les lois fondamentales et la clef de toutes les choses qui prennent forme à la surface de la terre. De tous côtés, nous voyons que la nature doit détruire, parce qu'en même temps elle reconstruit et qu'elle doit diviser pour réunir. Des lois les plus simples et des formes les plus grossières, elle s'élève ^ux plus complètes, aux plus harmonieuses, aux plus délicates, et si nous avions un sens pour distinguer les formes premières et le germe des choses, peut-être que nous découvririons dans le point le plus petit, la trace de la progression de toute la création.

Comme des considérations de l'espèce ne rentrent pas dans le cadre que nous nous sommes tracé , nous nous bornerons à examiner ensuite de quelle combinaison notre terre se trouve appropriée à l'organisation des plantes, des animaux et de l'homme. Si d'autres métaux se trouvaient sur la terre en aussi grande quantité que le fer, que nous rencontrons partout, même dans les eaux, dans les terres, dans les plantes, dans les animaux et dans l'homme; si la masse de sable, d'argile et de terre végétale ne l'emportait pas sur celle du pétrole et du soufre, combien autres seraient les créatures que nous voyons aujourd'hui. Au lieu de cela, le créateur du monde a fait entrer des sels moins acres, des sucs plus doux dans les parties constituantes des plantes qui servent à notre alimentation; elles passent partons les degrés du sable délayé, de l'argile compacte et de la tourbe malléable, et il n'est pas jusqu'au minerai de ter, jusqu'au rocher le plus dur qui ne doivent concourir à leur composition. Leurs formes changent avec la suite du temps et d'eux naissent des arbres stériles, des mousses sans sève, le fer étant non seulement le plus salubre des métaux, mais encore le plus propre aux phénomènes de la végétation et de la nutrition. L'air et la rosée, la pluie et la neige, l'eau et le

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vent fertilisent naturellement la terre. L'art, qui lui adjoint les chaux alcalines et la mort des plantes et des animaux viennent aussi multiplier ses produits. Mère prévoyante , combien est bienfaisante et économe ton action incessante ! Une vie nouvelle jaillit de toute mort et la conception putréfiée, elle-même prépare la santé et rajeunit les forces !

C'est un sujet de plainte bien ancien que celui qui reproche à l'homme, au lieu de s'être borné à cultiver la surface de la terre, d'être descendu dans des abîmes et d'avoir cherché, au prix de sa santé et de son repos, au sein de vapeurs mortelles, des métaux qui servent son orgueil, sa vanité, son avarice et son ambition. Qu'il y ait beaucoup de vrai dans ce reproche, c'est ce que démontrent assez clairement les abus qui en sont résultés et plus encore les pâles apparitions de ces momies vivantes, enfermées dans les sombres royaumes de Pluton. Pourquoi l'air des mines, tout en donnant la vie aux métaux, frappe-t-il de mort les animaux et les hommes? Pourquoi le créateur n'a-t-il pas semé sur la terre l'or et les diamants au lieu d'ordonner à ses créatures de s'enrichir par la fécondité du sol? Pouvons-nous hésitera croire que c'est parce que l'or, nous ne pouvons le manger et que la plus petite plante comestible nous est non seulement plus utile mais encore organisée d'une façon plus complète et plus noble que la pierre la plus précieuse, soit qu'on l'appelle améthyste ou saphir, émeraude ou diamant. N'allons pas trop loin cependant. Ces états qui ont appris à l'homme à fouiller la terre jusque dans ses entrailles les plus secrètes et à affronter les dangers de la mer, le créateur ne les a-t-il pas compris dans les diverses périodes de l'humanité , ne les a-t-il pas provoqués lui-même? Ainsi il a placé , presque sous les yeux de l'homme, divers métaux dans leur état le plus pur; ainsi les cours d'eau durent délayer le sol de la terre et laisser apercevoir ses trésors. Même les nations

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