LIVRE II. — CHAPITRE
les plus sauvages ont découvert Tutillté du cuivre et Tusage du fer qui, avec sa puissance magnétique semble gouverner le globe tout entier et qui a suffi, presqu'à lui seul pour nous faire passer d'un degré de civilisation à l'autre. Si l'homme veut faire de son habitation le meilleur usage possible, il doit la connaître , et le maître de tout a laissé à ses investigations un champ assez étroit pour qu'il puisse, la préparer, la disposer et la changer.
Néanmoins, ce qu'il y a de positif, c'est que notre destinée est de ramper comme des vers sur notre terre, de nous y développer et d'y user notre rapide existence. Combien n'est-il pas petit cet homme qu'on veut nous montrer si grand , quand on voit combien est mince la couche de terre végétale qui s'étend à ses pieds et combien est borné son empire ! Qu'il pénètre de quelques pas plus avant, et il rencontre des masses qui ne montrent aucune trace de végétation ou qui, dans tous les cas, exigent des années et des siècles pour donner simplement la vie à l'herbe la plus chétive. Plus bas encore, et il retrouve, là où il ne cherchait plus, cette terre végétale qui fut autrefois la surface de la terre, mais que la nature capricieuse a englouti dans ses périodes successives. Des moules et des coquillages couvrent les flancs des montagnes et, h quinze cents pieds de profondeur, on va trouver des pétrifications d'animaux de la terre et de Teau, des bois fossiles et des impressions de fleurs. Pauvre mortel ! ce n'est pas sur ta terre à toi que tu poses le pied, mais seulement sur le seuil d'une demeure passagère qui a déjà essuyé bien des déluges avant de devenir ce qu'elle est. Quelques brins d'herbe , quelques arbres croissent pour toi et le Créateur t'a entouré de choses périssables dont il te fait vivre, toi, éphémère!