‹ Philosophie de l'histoire de l'humanité (volume 2)Chapitre 35 sur 132 · LIVRE H. — CHAPITRE lY · texte numérisé non relu

LIVRE H. — CHAPITRE lY

ce qu*il n'a pas hérité, il Ta acquis, sinon dans toute sa perfection, du moins dans ses éléments. Lorsque nous lui comparons ceux des animaux qui se rapprochent le plus de lui, nous pourrions presque dire qu'ils sont des rayons divergents de son image, réfléchis par un miroir catoptrique, et il nous sera permis alors d'établir l'axiome suivant : l'homme est une créature centrale entre les animaux^ c'est à dire la forme la plus parfaite, qui condense les traits de tous dans l'abrégé le plus complet.

J'espère bien que personne ne viendra confondre cette similitude que je signale entre l'homme et les animaux, avec ce jeu de l'imagination qui a fait retrouver des traces de la figure humaine dans des plantes et jusque dans des pierres et qui n'a pas craint de bâtir un système sur ces données. L'homme raisonnable a d'autant plus pitié de ces fantaisies que la nature créatrice a couvert et caché les ressemblances internes sous des formes externes différentes. Combien ne se rencontre-t-il pas d'animaux dont la conformation extérieure diffère entièrement de celle de l'homme et qui pourtant sont absolument semblables à lui, tant intérieurement que dans la structure du squelette, dans les parties les plus essentielles de la sensation et de la vitalité et jusque dans les fonctions vitales. L'examen des travaux de dissection de Daubeuton, de Perrault et de Pallas et d'autres académiciens l'établira à l'évidence. VHistoire naturelle, à l'usage de l'enfance et de la jeunesse, peut seule se contenter de quelques distinctions extérieures qui viennent en aide à l'œil et à la mémoire; mais l'homme et le philosophe étudient à la fois l'animal dans ses formes extérieures et dans ses parties internes ; il les compare avec son genre de vie et établit ainsi son caractère et la place qu'il occupe dans l'échelle des êtres. Pour l'étude des plantes, cette méthode a été nommée la méthode naturelle, pour celle des animaux, c'est l'analomie comparée qui nous conduira pas à pas. C'est ainsi que

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rbQou»^ SI Xxm^é tout nëiturallemeiit m Ql p^w 1q gm4^r à ty^v^pa ce gf and labyrinthe de la création vivante et si Xqu, peut dire que quetqi^e méthode doit nous aider larsque, téméraires, nous nous hasardons à scruter la pensée profonde et immense de Dieu, c'est bien celle-là. Chaque fois aussi que noua rencontrons une déviation de la loi que rartisaix suprême nous a donné comme la r^le de Polyelète, nous en revenons à nous demander : Quelle est la raison de cette déviation? Pourquoi une autre méthode a-t-elle présidé à la formation d'autres êtres? Ainsi la terre, l'air et l'eau, même les abîmes les plus insondables de la création animée, nous donnent l'expression de ses desseins et de ses inventions, conformément à un type suprême^ d'art et de sagesse.

Quel spectacle riche et grandiose ne nous offre pas ce coup d'çeil sur l'histoire des êtres, tant de ceux qui nous ressemblent que de ceux qui s'écartent le plus de nous ! Les règnes de la nature sont divisés, les êtres sont classés d'après leurs éléments et un lien commun les unit l'un à l'autre. Dans le lointain vous apercevez le rayon prolongé à l'infini, aboutir à un centre unique; du haut des airs et du sein des eaux, dé la cîme des montagnes et des abîmes de la terre, je vois les animaux venir à l'homme comme ils venaient au premier père de nott*e race et, pas à pas, ils s'approchent de sa forme. L'oiseau plane dans l'air : toutes les divergences entre sa conformation et celle du quadrupède, s'expliquent par la nature de l'élément où il vit et dès que, dans une forme hideuse et intermédiaire, il se rapproche de la terre, comme dans la chauve-souris et le vampire, son squelette ressemble au squelette de l'homme. Le poisson fend les flots : encore ses pieds et ses mains sont-ils des queues et des nageoires ; ses membres n'ont que peu d'articulations. Lorsqu'il rase la terre, ainsi que c'est le cas pour le lamentin, ses pieds de devant sont dégagés et la femelle a des

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