LIVRE il. — CHÀPITRK lY
mamelles. L'ours et le lion de mer ont les quatre pieds distincts sans cependant pouvoir se servir séparément de ceux de derrière et ils traînent leurs orteils comme des extrémités de nageoires. Ils se glissent comme ils peuvent pour aller se réchauffer aux rayons du soleil et ils sont déjà supérieurs à l'informe et stupide chien de mer. Ainsi on voit, depuis lever, depuis la demeure calcaire du mollusque, depuis la toile de Tinsecte, s'élever une organisation plus complète. En passant par l'amphibie on arrive au quadrupède , et parmi ceux-ci , à partir de l'affreux utiau, aux trois doigts et aux deux mamelles sur la poitrine, on remarqué déjà une frappante analogie avec la forme humaine. Avant d'en venir à l'homme, on voit la nature se livrer aux jeux les plus bizarres et produire une incroyable quantité d'ébauches et d'organisations. Elle divise les genres de vie et les instincts et crée des espèces ennemies les unes des autres ; et cependant ces apparentes contradictions ont toutes le même but. Ainsi il est anatomiquement et physiologiquement vrai qu'une organisation unique domine le système de la création vivante; seulement il est à remarquer que, plus l'animal s'éloigne de l'homme, plus grande devient la différence de l'élément vital de l'un et de l'autre et c'est dans ce sens que la nature, toujours semblable à elle-même, s'écarte de son type général d'organisation. Plus les êtres se rapprochent de la forme humaine, plus elle resserre les classes et les rayons jusqu'à ce qu'elle ait tout concentré dans ce centre sacré de la création terrestre. Réjouis-toi donc de ton état, ô homme! et étudie-toi, noble créature, dans tout ce qui vit autour de toi !