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un animal, il cherche sâ nourriture et la digère ; il pousse des bourgeons et ces bourgeons sont des animauxvivants. Il se renouvelle tant qu'il lui est possible de se renouveler et celte œuvre est la plus admirable, la plus étonnante de toutes les œuvres de là créature. Où trouver plus d'art que dans la maison du limaçon? la cellule de l'abeille môme ne peut pas lui être comparée et le tissu de la chenille, comme celui du ver à soie, doivent s'incliner devant cette fleur artificielle. Et comment la nature s'y est-elle pris pour produire ce chef-d'œuvre? A l'aide de forces organiques, réparties sur un petit nombre de membres qui sont réunis en un groupe et dont les circonvolutions, en se réglant pour la plupart sur la marche du soleil, forment cette figure régulière. La matière première est tirée des parties internes—de même que l'araignée tire ses fils de ses propres entrailles —et le concours de l'air n'est nécessaire que pour la formation des parties les plus dures et les plus grossières. Je crois que cette transition suffit pour établir la cause de tous ces instincts et le mécanisme des animaux les plus ingénieux : des pouvoirs organiques qui agissent d'une façon déterminée sur des membres déterminés. La sensation plus ou moins vive qui se produit avec ces effets, dépend des nerfs de la créature ; à cela il faut encore ajouter des fibres et des forces musculaires, pouvoirs qui, tout à fait indépendants des nerfs et animés d'une vie végétative qui se renouvelle sans cesse, sont une compensation suffisante à ce qui lui manque en nerfs et en cerveau.
Ainsi la nature elle-même nous conduit aux arts instinctifs que, d'ordinaire, on attribue plus spécialement à certains insectes et par cela seul que leurs œuvres ne nous apparaissent qu'en petit et que nous les comparons aux nôtres propres. Plus les instruments de la créature sont distincts les uns des autres, plus son irritabilité est vive et sensible et moins grand devrait être notre étonnement à l'aspect de ses travaux, marqués d'une
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perfection que ne pourraient atteindre des animaux d'une structure plus massive et d'une irritabilité moins grande, alors même qu'ils sont doués d'avantages très considérables. La petitesse et la délicatesse de la créature la font arriver à Tart qui ne peut être que le résultat de toutes ses perceptions, de toutes ses activités et de toutes ses irritabilités.
Dans le cas présent ces exemples seront plus éloquents que les axiomes, car, par la persévérance infatigable des Swam-merdam, des Réaumur, des Lyonet, des Rœsel, et d'autres encore, ces exemples se montrent à nous sons le jour le plus éclatant. Lorsque la chenille s'ensevelit elle-même dans sa toile, qu*estr ce d'autre que ce que font, sans art, une foule d'autres créatures lorsqu'elles changent de peau ? Le serpent se dépouille de son enveloppe, l'oiseau perd ses plumes, plusieurs quadrupèdes, leur poil : pas là ils se rajeunissent et renouvellent leurs pouvoirs. La chenille se rajeunit aussi, mais combien cette métamorphose n'est-elle pas plus difficile, plus délicate et plus savante. Elle rejette son enveloppe hérissée à laquelle adhèrent encore quelques-unes de ses pattes et s'avançant par des tran** sitions tantôt plus lentes, tantôt plus rapides, elle revient au jour sous une forme toute nouvelle. Les forces qui vont lui devenir nécessaires, elle les acquiert pendant la première période ée sa vie, sous la forme de chenille et par les seules fonctions de la nutrition ; maintenant elle doit servir à reproduire l'espèce et dans ce but, ses anneaux se forment, ses membres se développent La nature n'a donc fait, dans l'organisation de cette créature, que mettre de plus longs intervalles entre les diverses étapes de son existence et les instincts qui doivent amener une transformation, tout aussi involontaire que celle du serpent quand il se dépouille de sa peau.
La toile de l'araignée, qu'est-ce autre chose que l'araignée elle-même; étirée pour atteindre sa proie? De même que le
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polype étend ses bras pour saisir sa victime, de même elle u des griffes pour retenir la sienne et des papilles entre lesquelles se trament les rôts qui doivent l'enlacer. Les sucs dont elle compose ses lacs sont d'ordinaire assez abondants pour les besoins de sa vie entière ; mais, si cet élément vient à lui faire défout, elle doit faire usage de moyens violente ou bien mourir. Celui qui a organisé son corps tout entier et les facultés qui y résident, Ta créée ainsi, organiquement, pour la fabrication de cette toile.
Les mêmes faits se produisent dans la république des abeilles. Chaque espèce a son but particulier et elles vivent en commun parce que chacune d'elles est indispensable à l'existence de Tautre. Les abeilles ouvrières sont organisées pour réunir le miel et construire les cellules. Elles vont chercher le miel, comme les autres animaux vont chercher leur nourriture et elles en font une provision ordonnée suivant leurs besoins. Elles construisent leurs cellules, tout comme nombre d'animaux se construisent des demeures, diacun à sa manière. Bien qu'elles n'aient pas de sexe, elles nourrissent les jeunes abeilles de la ruche, comme d'autres nourrissent leurs propres petits et elles tuent les bourdons comme tout animal tuerait celui qui lui volerait ses réserves et serait à charge à sa famille. Quoiqu'un sens et une sorte de sentiment semblent devoir présider à ces actes, il n'y a là toutefois que le sens, que le sentiment d'une abeille et non le simple mécanisme dont parle Buâon, ni une raison compliquée, mathématique et politique ainsi que le veulent d'autres écrivains. Son âme est enfermée dans l'organisation et intimement unie à elle. Elle agit, d'accord avec elle, mais dans un cercle étroit et très restreint. La ruche est son univers et le Créateur, par une organisation triple, a partagé ses travaux en trois parties.
Entendons-nous bien sur ce mot habileté que nous employons
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pour exprimer notre étonnement à la vue des arts organiques de certains animaux, dèis après leur naissance. Notre habileté est le résultat de la pratique; il n'en est pas de même de la leur. Du moment que leur organisation est complète, leurs forces ont tout leur développement. Qui, dans le monde, est dçué de la plus grande habileté? La pierre qui tombe, la plante qui fleurit : l'une tombe, l'autre fleurit suivant les lois de leur nature. La cristallisation se produit avec plus d'habileté et de régularité que n'en peut déployer l'abeille dans la construction de sa cellule ou l'araignée dans le tissu de sa toile. Dans cellelà, il n'y a qu'un instinct aveugle, mais infaillible, dans l'insecte, il est organisé pour servir divers instruments, divers membres qui, eux, peuvent faillir. C'est leur concours unanime et puissant à un même but, qui fait naître l'habileté, aussitôt que la créature en est arrivée à son complet développement.
Cela nous indique aussi pourquoi, plus les créatures s'élèvent, plus leurs instincts sont indéterminés, plus la force infaillible de leur habileté va en décroissant. A mesure, notamment, que ce principe organique unique de la nature auquel nous donnons, suivant le cas, le nom de force de formation, d'impulsion, de sensation, de combinaison artificielle, mais qui, en somme, n'est qu'un seul et même pouvoir organique, à mesure qu'il se subdivise en un plus' grand nombre d'organes et de membres ; à mesure que la sphère de son action lui est plus propre, plus nombreux deviennent les erreurs et les obstacles ; la force de l'instinct s'affaiblit et l'empire de la volonté, comme celui de l'erreur augmentent dans une égale proportion. Les diverses sensations doivent s'équilibrer entre elles, et alors s'harmoniser. Salut, donc, instinct admirable et tout-puissant, guide infaillible ! Cette vague irritabilité qui, dans une sphère déterminée, séparée de toutes les autres, renferme en soi une espèce d'omniscience et d'omnipuissance, se divise alors en rameaux