‹ Philosophie de l'histoire de l'humanité (volume 2)Chapitre 66 sur 132 · LIVRE IV. — CHAPITRE H · texte numérisé non relu

LIVRE IV. — CHAPITRE H

ciput^ au point le plus élevé du crâne, au point le plus saillant du front et au plus proéminent de la m&choire supérieure. Alors, le grand nombre de configurations diverses que présente la tète, apparaîtraient évidentes, mais aussi le principe général sur lequel elles reposent : que tout, dans sa foi*me et dans sa direction, dépend du mode de station, ou horizontale, ou perpendiculaire de la créature, c'est à dire de la disposition tout entière du corps ; et ainsi, dérivant d'un principe unique, l'unité se produit au sein de la plus grande variété.

Que ne se produit-il un nouveau Galien qui vint, de nos jours, achever l'œuvre de cet ancien sur les parties du corps humain, principalement dans le but de développer tout spécialement la perfection de noire forme dans l'attitude droite, dans toutes ses proportions et dans ses mouvements ! Quel intérêt n'exciterait-il pas si, à partir de l'instant où les fonctions physiques et morales apparaissent pour la première fois, il comparait les pouvoirs de l'homme avec ceux des animaux qui s'en rapprochent le plus, les rapports progressifs des parties, s'il s'élevait avec l'arbre de vie jusqu'à sa couronne, le cerveau, et si, par ces comparaisons diverses, il démontrait enfin que dans l'homme seul peut se former un cerveau intelligent. L'attitude droite est la plus belle et la plus naturelle de toutes les plantes de la terre. Comme l'arbre s'élance vers le ciel, comme la tige de la plante s'élève droite et fleurie, on peut croire que les plus nobles créatures doivent avoir un développement analogue, une position semblable, sans être condamnés à ramper sur le sol comme un squelette porté par quatre piliers. La créature, néanmoins, dans les premières périodes de son abjection doit travailler à développer ses forces animales, à exercer ses sens et ses instincts avant d'arriver à la position la plus libre et la plus parfaite. Elle s'en rapproche graduellement ; le ver rampant fait sortir, autant qu'il peut, sa tête de la poussière et

^amphibie se glisse péniblement sur le rivage. Le ©erf oi^uéilleux, le noble cheval marchent fièrement, le cou élancé : les instincts de Fanimal apprivoisé s'endorment rapidement. Son intelligence est nourrie d'idées qui lui sont supérieures, qu'il accepte sur parole sans les comprendre et auxquelles il finit par se faire aveuglément. Une impulsion presque imperceptible et progressive de la nature se fait sentir : le corps affaissé de l'animal se redresse, l'arbre s'élance en ligne droite et fait éclater ses boutons qui promettent des fleurs plus belles ; la poitrine s'arrondit, les hanches se resserrent, le cou se dégage, les sens sont plus finement organisés et se concentrent dans une conscience plus intime et plus lucide et bientôt dans l'expression divine de la pensée. Et quand ces phénomènes se sontils produit et quelle cause les a déterminés ? N'est-ce pas quand les forces organiques eurent été suffisamment développées et que le verbe puissant de la création fit entendre ces mrots : « créature, lève-toi de la terre ! »

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